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lundi 16 octobre 2017

#CINÉMA: 120 battements de minute de Robin Campillo - ENTRER EN RÉSISTANCE





Caroline Guiela Nguyen, metteuse en scène et auteure, a dit dans une interview : « Il n’y a aucune raison de faire des spectacles, par contre il y a une nécessité à en faire, cette nécessité c’est à nous de l’inventer. ». 
C’est exactement ce que j’ai ressenti en sortant des séances de 120BPM : une urgence de raconter ce combat contre le sida, de transmettre cette histoire, de la confier avec brutalité et beauté aux nouvelles générations qui n’ont pas connu le début de l’épidémie. Passer le flambeau du militantisme pour comprendre ce qui a été fait, comprendre que quel que soit ce que nous voulons, rien n’est gagné et tout reste à faire. Parlez, agissez, faites de la place à vos convictions et à vos raisons d’être debout, présents, toujours…

On sort de ce film abasourdi. A terre. Sourd. Il faut du temps pour se sortir de ces personnages, de cette histoire qui nous a totalement happés pendant quelques heures intenses. Les moments où l’on prend de la hauteur et de la distance avec les actions, les scènes de groupe lors des réunions ou sur les scènes très intimes sont rares, quasiment inexistantes.
Nous sommes le groupe, nous dansons au rythme de la house music, les poches de faux sang jetés lors des ZAP nous frôlent, nous sommes assis avec les militants lors des réunions, à débattre avec fougue et hargne, et quand les corps s’aiment, renaissent de leur douleur et de la dureté de la vie, pour une nuit ou quelques minutes, nous sommes encore là, tout près, tapi(e) dans l’ombre. 



C’est un cinéma du corps, physique et jamais au repos. La caméra capture les paroles et leur donnent forme, les plans rapprochés nous montrent à la fois la réalité de la maladie, mais aussi et surtout la fureur de vivre qui les animent tous, quel que soit leur profil sérologique.
« Tous », « eux », ce sont les militants d’Act Up Paris, les principaux personnages de ce film. Certes, un zoom est réalisé sur les vies personnelles de Sean et Nathan ; cependant le collectif est présent tout au long du film. La force incroyable qui jaillit de ce film, qui se jette en pleine gueule des spectateurs, résulte de cette fresque dépeinte, des énergies folles qui circulent entre les acteurs et leurs personnages, inspirés des réels militants d’Act Up dans les années 90. Robin Campillo, le réalisateur, était alors lui-même membre d’Act Up. La ferveur communicative et l’électricité joyeusement dingue de cette histoire n’empêchent pas les larmes de couler. A la fin de la séance, au générique, la tension est à son apogée dans la salle. 

Une fois dehors, on ne sait si on peut enfin se relâcher, car un sentiment étrange nous sert, une boule se forme dans nos tripes. Un besoin vital… 
Celui de rejoindre ce combat, de s’engager, d’agir, de vivre pleinement et d’informer nos proches, nos amis. Conseiller ce film, bien sûr, le revoir, seul(e) ou entouré(e), mille fois !


Entrer dans la danse, entrer en résistance, pour la nécessité de vivre, d’aimer, de se battre, de militer. Agir pour ne pas mourir, car ACTION = VIE ! 
 


dimanche 17 septembre 2017

#CHRONIQUES Tout pour se déplaire - Scarlett Epstein rate sa vie




Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler de deux romans jeunesse, paru à la fin de l’hiver 2017.
Merci aux éditions Gallimard Jeunesse pour ces envois ! 


TOUT POUR SE DÉPLAIRE – Jen Klein
Editions Gallimard Jeunesse (Scripto) – 16,50 € - 374 pages - 2017
Service de presse

Une couverture et un résumé qu’on pourrait qualifier de girly si l’on en croit les couleurs et le graphisme, tout comme la traduction (ou plutôt modification !) du titre original (Shuffle, repeat devient Tout pour se déplaire) qui révèle beaucoup du public ciblé : des jeunes filles, qui aiment les romances des lycées américains, avec des garçons qui conduisent d’énormes voitures et des filles pas assez populaires pour être acceptées parmi les pom-pom girls parfaites (et un peu pestes…), un meilleur ami gay, les excellentes universités qu’il faut intégrer…
Un univers vu et revu sous tous les angles par de multiples films, séries télévisées et romans. Des codes d’accroches tièdes pour un lectorat restreint et sans une once d’originalité.
Je pensais donc lire un roman sans saveur, qui minaude des niaiseries…
Il me faut bien reconnaître que je me suis trompée (pas sur toute la ligne cependant) : l’intrigue ciselée et bien agencée de Jen Klein a rendu cette lecture agréable et prenante !

En effet, l’écrivaine Jen Klein est également scénariste pour la télé, et cela se ressent dans ce roman. Les chapitres sont découpés en scènes, comme au cinéma : j’avais l’impression de voir défiler et s’enchaîner les différentes situations, avec fluidité et naturel. Son écriture revêt indéniablement un caractère cinématographique. Les situations sont décrites tels des mouvements de caméra, et les dialogues passent de l’humour aux émotions avec justesse.
Concernant le scénario, nous suivons les tribulations de June, une lycéenne qui est persuadée qui rien ne compte avant l’université, qui rejette en bloc les traditions de farces et autres bals ou matchs du lycée. Mais sa vision du monde et des personnes qui l’entourent va changer progressivement grâce à sa rencontre avec Oliver, un ami d’enfance perdu de vue depuis qu’il fait parti des plus populaires.

Avec originalité, tact et amour, ce roman apporte une belle réflexion sur les idées préconçues et sur l’image que l’on renvoie aux autres, une carapace qui ne reflète pas nécessairement la réalité…



SCARLETT EPSTEIN RATE SA VIE – Anna Breslaw
Editions Gallimard Jeunesse (Scripto) – 13,90 € - 316 pages – 2017
Service de presse

Anna Breslaw signe ici son premier roman. Elle donne la parole à Scarlett, une jeune lycéenne américaine, qui vit à travers sa série préférée et le forum qui lui est consacré. Sa vie sociale se résume à ses amis, Avery et Gideon, une voisine de soixante-dix ans qui fume des joints et jardine, ainsi que des rencontres virtuelles sur le forum. Quand Gideon change brutalement de comportement à son égard, Scarlett se réfugie dans l’écriture d’une fiction mêlant robots et camarades de lycée. Une façon comme une autre de partager ses sentiments et de mettre en scène son quotidien ; mais aussi comprendre qui elle est, et les raisons qui la poussent à agir ainsi.
L’acte d’écrire est mis en abyme dans ce roman. Les chapitres sur la vraie vie de Scarlett alternent avec les chapitres de sa fiction, un réel défouloir ! Cette adolescente n’a pas une existence facile, et encore une fois, l’appartenance à un groupe social prend beaucoup de place. Le gouffre qui sépare les vies de ses parents divorcés, ou encore le gouffre qui se forme entre les fréquentations de Gideon et de Scarlett, vont influencer nombre des situations dans lesquelles va se retrouver Scarlett, héroïne attachante, drôle et émouvante.

Ses états d’âmes, ses fragilités et sa force façonnent cette chronique dense d’une adolescence en construction.



Des romans frais et léger de la belle collection Scripto, qui permettent de s’échapper de son quotidien et de partager des tranches de vies tourmentées et réjouissantes ! 

jeudi 31 août 2017

RENTRÉE LITTÉRAIRE: Neverland de Timothée de Fombelle

« J’apprenais que ce que l’on fait nous dépasse quelquefois. C’est une histoire de confiance et de liberté. On n’est jamais à l’abri que ça marche. Ça ne sera pas notre faute. Ça peut venir de l’ennui, de la fièvre, et du désordre d’un tiroir. 
On ne sait pas. » (p.102)





On connaît Timothée de Fombelle pour ses grands succès en littérature jeunesse: Vango, Tobie Lolness, Le livre de Perle... Son style, une écriture ciselée et poétique, transporte le lecteur dans un univers parfois très proche du nôtre ou au contraire, dans une dimension parallèle. À chaque fois, c'est une invitation au voyage, une invitation à changer de perspective, à se jeter à corps perdu dans une quête pour trouver, ou retrouver, le sens de la vie. Ses personnages aux facettes multiples, mystérieux et attachants, sont devenus des figures emblématiques chez des lecteurs nombreux et fervents, enfants, adolescents et adultes. Nous sommes tous touchés par ces ouvrages qui marquent les consciences et continuent de nous accompagner bien après le livre refermé.

En février 2016, au Salon du Livre de Saint-Paul-Trois-Châteaux, Timothée de Fombelle m'a confié qu'il partait en Afrique pour l'écriture de son prochain roman (pour voir l'interview en entier, rendez-vous ici :
https://www.youtube.com/watch?v=SGuwvgUY55U).

Ce roman, le voici. On caresse la couverture comme si un secret se cachait dans ses rainures ; l’orange vif mêlé au gris perle tranche avec un blanc pur ; les pages au grain épais nous résistent. La poésie commence dès que l’on ouvre ce livre-objet pour la première fois.



À l'intérieur, nous découvrons le récit d'une quête, d'une recherche désespérée dans laquelle nous suivons pas à pas l'auteur. Écrit à la première personne, destiné à un lectorat adulte (mais accessibles aux adolescents, bien entendu !), Timothée de Fombelle retrouve les chemins de son enfance, en Afrique ou dans les Sèvres nantaises.

C'est une réflexion sur le temps de l'enfance, un roman d'aventures lyriques et concrètes tout à la fois - on imagine cet écrivain se tapir dans la neige, passer par-dessus les portails, scruter la rive d’un fleuve.

Il ne se contente pas d’évoquer son passé, il le fait revivre, sous nos yeux.

Un spectacle d’ombres chinoises où le drap blanc tomberait en plein milieu de la représentation.



« Un jour, on surgit. 
On prend des airs de compassion. Comme si l’enfance était une maladie qui finirait par s’arranger. On s’approche des petits, on remplit leurs mains et leurs jours.
On leur apprend qu’ils peuvent tomber.

On devance leur faim.
On les occupe.
On décide de donner un nouveau nom au temps long de l’enfance. On l’appellera l’ennui.
Ainsi commence l’occupation. » (p.41)



Page après page, on découvre le long processus qu’a entamé Timothée de Fombelle : se reconnecter avec son passé, retrouver l'enfant qu'il était, celui qui dort dans la maison de ses grands-parents, courir après la magie de ces années qui glissent entre les doigts. La mémoire de ces retrouvailles est consignée dans Neverland, un récit qui part du passé pour construire un futur. On comprend mieux le besoin de Timothée de Fombelle  d’écrire pour la jeunesse: son grand-père qui lui citait de tête Cyrano de Bergerac, les incroyables aventures vécues avec ses frères, l’exil en Côte d’Ivoire et au Maroc avec ses parents pendant quelques années, autant d’aventures qui forment et fixent l’enfance comme l’instant de tous les possibles.



Timothée de Fombelle ne se plonge pas uniquement sur son enfance, mais il y retourne, corps et âme tendus dans ce but ultime.  
Ce roman met en lumière ses précédents ouvrages, son parcours, pose les jalons de son œuvre, et résonne comme une renaissance nécessaire.

Une magie mélancolique qui nous enchante, joyeuse et triste, belle et un brin terrifiante. Une centaine de pages de courses effrénée.



J’ai été interpellée par les liens que l’on peut faire entre l’enfance qu’il recherche, et le bonheur de la vie que Créon demande à Antigone de retenir (par Jean Anouilh). J’ai retrouvé dans ces deux œuvres une semblable métaphore pour une recherche urgente, vitale. D’un côté, Fombelle : « Je me souviens de ce besoin qui m’a envahi un jour d’attraper l’enfance pour la tenir, comme dans une cage entre mes mains fermées, et la montrer aux autres en écartant doucement les doigts. » (p.11) ; de l’autre, Anouilh : « Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-la. Tu verras, cela deviendra une petite chose dure et simple qu’on grignote, assis au soleil. » (p.91)



Encore une fois, Timothée de Fombelle nous étonne, nous surprend. Nous sommes face à un parcours initiatique, mais ce n'est pas un enfant qui grandit, c'est un adulte qui se met à hauteur de son enfance, afin d’en retrouver le goût. C'est un conte, un poème, une ode. On voudrait le lire aux petits qui nous entourent, leur dire de ne jamais grandir, de profiter, surtout, car : "On fait semblant d'être grand. Et, dans le meilleur des cas, je crois, on fera semblant toute sa vie."


Fombelle tangue entre imaginaire, souvenirs de son passé,  et compte-rendu journalistique de cette incursion au centre du monde de Peter Pan. La poésie est un liant essentiel pour donner corps et présence à ses souvenirs et son voyage.
On termine ce livre avec l'envie d'en savoir plus sur l'enfance de cet auteur, qui se faufile dans notre cœur, et avec une fausse timidité nous prend par la main pour se dévoiler. 
Peut-être qu'un jour j'aurais, moi aussi, l'envie de me replonger dans mon enfance, revenir sur ses lieux, retrouver ses lettres, suivre mon ombre et me cacher pour observer.  
Mais pour le moment, je me suis laissée emporter dans ce tourbillon des souvenirs d’un autre, (et je compte bien vivre avec passion la fin de mon enfance – si elle se termine un jour) !



NEVERLAND – Timothée de Fombelle

Éditions L’Iconoclaste – 16 € - 117 pages – 30 août 2017

Je tiens à remercier les éditions L'Iconoclaste pour cet envoi !

lundi 21 août 2017

#CHRONIQUES 107 ans - A la place du coeur saison 2 - Nouvelles sous ecstasy






Bonjour, chers lecteurs !
Le mois d’août progresse un peu trop vite à mon goût, avec son lot de craintes et d’envies pour la rentrée à venir. Alors, prenez le temps de lire encore, de dévorer des pages et des pages, de profiter au mieux des belles semaines qui s’annoncent. C’est pour cela que je vous propose aujourd’hui trois romans aux styles très différents, que ce soit dans le style d’écriture, la narration ou de l’intrigue. De l’amour, de la folie… Et, pour moi, un point commun : quand je pense à ces trois romans, je vois du rouge. Rouge passion, rouge saignant, rouge sucré. Rouge comme la couverture d’À la place du cœur, rouge comme l’esprit de Simon dans 107 ans, quand plus rien n’a de sens pour lui, rouges comme la chaleur et les néons des boîtes de nuit que fréquentent souvent les personnages des Nouvelles sous ecstasy.


107 ANS - Diastème
Éditions de L’Olivier – 15 € - 156 pages – 2003


  « Il faut que ça saigne pour que ça s’arrête de saigner, il faut avoir envie de hurler pour pouvoir apprécier le silence, il faut avoir envie de mourir pour pouvoir être heureux d’exister. » (p.50)

Ce roman, je ne le connaissais pas avant la vidéo de Mlleeloise62, où elle en lit un extrait. C’était l’été dernier et j’ai directement su que je devrais lire ce livre, qu’il me fallait l’avoir entre les mains : pour toute l’émotion tragique, pour le sentiment d’urgence qui se dégageait du passage qu’a lu Éloïse. Je vous invite ainsi à voir cette vidéo, « L’amour est un temple » : https://www.youtube.com/watch?v=z4mf7TLGjeU .

Ce roman est empreint d'humour noir, un humour sadique, d’une violence et d’une cruauté sans pareilles envers le corps et les sentiments : une folie pure et intense. C’est une lecture difficile car cette histoire d’amour n’est pas romantique, ou peut-être l’est-elle trop. Trop crue, trop vraie, trop forte. Elle irradie Simon, cette histoire d’amour qui s’est terminée abruptement; mais lui ne veut pas croire à sa fin. La frontière entre le réel et l’imaginaire s’efface, si bien qu’on ne sait pas si nous devons nous fier au récit de Simon, le récit de son passé.

Une lecture éminemment poétique, qui brusque, choque et interroge. Chaque mot peut être remis en question, comme on peut boire aussi chacune des paroles de Simon et partager ses doutes, ses actes de désespoir, sa folie.





NOUVELLES SOUS ECSTASY - Frédéric Beigbeder
Éditions Folio – 5,40 € - 102 pages – 2000

« Aimer ou faire semblant d’aimer, où est la différence du moment que l’on parvient à se tromper soi-même ? » (p.28)

Encore un roman que j’ai eu envie de lire suite à une vidéo de Mlleeloïse62 (voici son lien : https://www.youtube.com/watch?v=Jx2iO3p6lmA ) où elle parlait de la nouvelle nommée « La nouvelle la plus dégueulasse du recueil ».  Ce n’est pas uniquement pour lire cette histoire extrêmement crue (âme sensible s’abstenir) comme le prévient l’auteur ( « susceptible de heurter la sensibilité des lecteurs les plus romantiques » ) que je me suis plongée de ce recueil, mais surtout par curiosité pour cet auteur, Frédéric Beigbeder et par envie de me confronter à ces nouvelles écrites sous ecstasy. 

« Ce matin-là, le jour s'est levé. Je veux dire: il s'est vraiment levé car auparavant il était assis. Et je vous assure que ça fait une drôle d'impression, un jour qui tient debout." (p.29)

On connaît la réputation controversée de cet auteur, peut-être est-ce cela qui m’a attirée tout particulièrement ? Cet ouvrage est à l’image de son auteur : alcool, drogue, sexe, luxe, délires… Ces sujets sont tournés dans tous les sens, de manière folle, incompréhensible parfois. C’est un nouveau monde, une nouvelle façon de voir l’amour, la vie, la mort. De la poésie à la débauche, de l'humour à la noirceur, d'une description des effets de la drogue à une rencontre amoureuse, ce court recueil est intense, condensé de vie, de rêves, de cauchemars, d'illusions, et laisse en nous son empreinte chaotique.

Des nouvelles sulfureuses, qui révèlent l'originalité et la beauté de l'écriture de Beigbeder. 



A LA PLACE DU CŒUR SAISON 2 - Arnaud Cathrine
Éditions Robert Laffont – 16,50 € - 291 pages - 2017
Service de presse


« Tu voudrais trouver du sens à avoir vécu tout ça ? Je comprends… Mais la vérité, c’est qu’il n’y en a pas. » (p. 145)

A travers les deux excellents tomes qui constituent A la place du cœur pour le moment, Arnaud Cathrine nous parle sans prendre de détour de la situation politique de la France, des attentats qui ont brisé la vie de centaines de personnes, et des amours adolescents. Toute la mélancolie et la beauté qu’il glisse entre ces pages douloureuses nous vont droit au cœur. C’est un uppercut, un coup de poing dans le ventre, ainsi qu’un roman-fleuve réparateur, doux. Au fil des chapitres, l’écriture d’Arnaud Cathrine se fait brute mais enveloppante, empreinte de tristesse et de poésie… Impossible de lâcher ce roman. Surtout quand son rythme, ses coupures, ses fractures, révélatrices de l’état d’esprit des personnages, font écho aux chansons du groupe Fauve, souvent cités par l’auteur. Une même hargne, une même ferveur fédératrice ! 

 « Un jour, tu ne l’aimeras plus. Tu l’aimeras… bien. Tu regarderas son visage, son corps et tu t’étonneras même d’avoir été dingue de lui. Ce sera loin. Tellement loin. Tu seras contente de le revoir de temps en temps, mais tu seras également soulagée à la fin de soirée parce que tu n’auras qu’une hâte : rejoindre le nouvel amoureux qui t’attend. » (p. 144) 
La fresque de personnages qui se croisent, se perdent de vue, se retrouvent, s’aiment, se déchirent, nous devient familière. Et nous les accompagnons dans ce monde qui est le nôtre, nous suivons jour après jour des évènements que nous avons nous aussi vécus, et qui sont si récents, juste deux ans. Le sentiment d’identification est ce qui fait la force de ces ouvrages, aussi bien l’identification au lieu, à l’époque, à l’actualité, que celle aux personnages, lycéens puis étudiants.
Arnaud Cathrine a d’ailleurs répondu, avec chaleur et sensibilité, à quelques-unes de mes questions l’année dernière, au Salon du Livre Jeunesse de Montreuil. Vous pouvez voir cette entrevue distillée par petits bouts dans cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=mYwfL09ty6Y .

Un roman brûlant à lire de toute urgence ! 




 En espérant vous avoir donné quelques idées de lectures !

Profitez bien de la fin de l'été, lisez, bronzez, dormez... et rêvez !
 

mercredi 19 juillet 2017

#CHRONIQUES: Les pluies - Fils d'Antigone - Les belles vies - Sauveur & Fils saison 3


Je reviens, après plusieurs mois d'absences, pour un premier condensé de chroniques des romans que j'ai lus pendant cette pause ! 
J'espère que ce format vous plaira, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !




LES PLUIES - Vincent Villeminot 
Éditions Fleurus - 16,90 € - 340 pages - Septembre 2016
Service de presse 

 
"T'écrire, c'est pour moi une façon d'espérer ne pas vous perdre tout à fait. Ne pas nous perdre." (p.165)


Vincent Villeminot, auteur chaleureux et étonnant, nous offre un récit d'anticipation climatique, avec de larges résonances sur notre monde actuel. 
La pluie est l'élément déclencheur de cette intrigue: elle envahit les pages de ce roman, sépare les familles et les amants,  et symbolise aussi bien réchauffement climatique que crise des réfugiés. Autant de questions politiques et environnementales ancrées dans notre actualité, que nous pose l'auteur à travers le regards d'adolescents. Les visions d'une même situation sous différents angles donnent encore plus de puissance aux sujets abordés dans ce roman.
Un ouvrage haletant qui se lit avec passion, et dont la suite arrive en septembre...
  


FILS D'ANTIGONE - Irène Cohen-Janca
Éditions Rouergue (Doado) - 8,50 € - 76 pages - 2016
Service de presse

 "Rien ne survit à la mort, Nat.

Si. Les vivants. La mémoire des vivants. Et j'ai besoin moi de le savoir en terre dans la protection de la terre et de l'obscurité pour continuer à le faire vivre." (p.28) 


Court roman de l'excellente collection Doado, d'une non moins reconnue et célèbre auteure jeunesse, Irène Cohen-Janca
Son écriture est ciselée, direct, brute et vibrante. Les mots claquent, s'entrechoquent, ils sont rythmés comme un slam.
Ils servent la cause des morts, ceux dont la mémoire ne subsistera qu'à travers les vivants.
C'est en s'inspirant de l'héroïne tragique Antigone que Nat va mener un combat acharné pour faire enterrer son père. Non pas incinérer mais enterrer, tel quel, car : "J'ai besoin d'un rendez-vous à heure fixe. Je veux apprivoiser sa mort comme le renard veut être apprivoisé par le petit prince. Alors il faut du temps, beaucoup de temps et un lieu de rendez-vous." (p.27)
En me replongeant dans ce roman pour vous écrire ces quelques lignes, j'ai compris l'ampleur de sa beauté profonde et cruelle, et de la résonance qu'il a eu en moi. 
Je sais que je ressentirai le besoin de me replonger dans Fils d'Antigone un jour, comme un besoin vital, pour retrouver la poésie de ces pages. 



LES BELLES VIES - Benoît Minville
Éditions Sarbacane (Exprim') - 15,50 € - 231 pages - 2016
Service de presse

"Ce que je peux humblement vous conseiller, quand le torrent des émotions est trop difficile à endiguer, c'est de peser ce que vous avez comme bonheur et comme malheur, et d'essayer de les faire cohabiter. Il vous faut préserver des petits moments de joie dans le tragique de la vie, ils sont à vous." (p.111)

Un roman sur l'été, un roman pour l'été, par le rock'n'read... Benoît Minville !
Des adolescents qui se construisent, qui s'affrontent, qui s'aiment, qui s'acceptent, petit à petit, dans un récit lumineux et vivant. 
Des dialogues ciselés tels une pièce de théâtre, la pension pour enfants de Passy comme décor.
Ce récit est à l'image de de la (magnifique) couverture: une bouffée d'air frais, un saut dans l'inconnu, la crainte d'éclaboussures mais toujours la promesse de nouveauté et d'un renouveau effrayant bien que prometteur !
Je garde de cette lecture un excellent souvenir: rire, émotions, des chapitres qui filent sans qu'on s'en rende compte, beaucoup de joie et des personnages marquants ! 
Un feel-good-book façon parcours initiatique, sur des enfants et adolescents aux vies compliquées. Une belle leçon de vie, qui montre l'importance et la difficulté de l'éducation, l'évolution d'un être humain en quelques mois, ainsi que les incroyables et inattendues trajectoires  de la vie !

La playlist de l'auteur: https://www.youtube.com/watch?v=W7KO95k_NWY&list=PLJVomRE1jWSRWl5ZoeJPsNdXOFLGwxOWb




SAUVEUR & FILS saison 3 - Marie-Aude Murail
Éditions L'école des loisirs (Médium) - 17,00 € - 318 pages - 2017
Service de presse 

"Passons passons puisque tout passe
Je me retournerai souvent
Les souvenirs sont cors de chasse
Dont meurt le bruit parmi le vent "
 (Cors de chasse, Apollinaire, p.120)


 C'est déjà le troisième tome de Sauveur & Fils, chronique familiale et professionnelle rocambolesque, aux personnages multiples, complexes et attachants. J'aime cette lecture touchante et son propos humaniste, écrite avec tact et talent par Marie-Aude Murail, auteure de mon enfance et qui ne m'abandonnera pas de sitôt... 
Entre humour et réflexion, dérision et poésie, les épisodes de la vie du psychologue Sauveur Saint-Yves, son fils et autres électrons libres gravitant autour de lui sont délicieux et à consommer sans modération !

Psychologie, petits drames et grands tracas, mais surtout de l'amour : la vie à l'état pur à lire en famille !

Marie-Aude Murail regarde beaucoup de films, et elle nous  conseille en fin d'ouvrage ceux qui l'ont accompagnée et inspirée tout au long de la rédaction de ce roman ! Jetez-y un œil ! 





 J'espère vous avoir donné envie de dévorer ces romans pendant cet été chaud et propice à la lecture !
Prenez soin de vous et de vos livres, à bientôt pour d'autres chroniques !

vendredi 7 juillet 2017

CINÉMA - Ava de Léa Mysius



Ava, c’est une brûlure, un récif, un désir, une urgence de vivre.

Un besoin d’aimer et d’être aimée, envers et contre tout ce qui pourrait nous empêcher de vivre pleinement ; la menace d’un chien qui rôde, la police toujours présente, une mère volage et insidieuse.
Ava, personnage éponyme du premier film de Léa Mysius, est une jeune fille de 13 ans, qui voit son champ de vision rétrécir jour après jour.
Un film d’été au bord de la plage, filmé sur pellicule, ce qui donne un grain si particulier à l’image et des couleurs vives mais déjà mélancoliques, qui portent les marques du passé tout comme l’histoire qui se déroule sur l’écran. Les plans sont composés de manière remarquable. Ce sont des tableaux, des accumulations orchestrées d’objets et d’indices qui marquent notre rétine par la sensibilité artistique et la beauté sauvage qui s’en dégagent.


Cet été, c’est celui de la première et dernière fois, un interstice trop éclatant avant que le rideau noir de jais ne se referme.
Nous pourrions d’abord croire que cette voie est sans issue, un traquenard qui ne peut être déjoué, la piste de sable chaud qui conduit vers une mort des sens lente et douloureuse. Mais le scénario est bien tranché, deux parties s’opposent et s’affrontent. D’un côté l’amertume d’une vie de famille désordonnée et faussement heureuse ; de l’autre l’amour impossible, la course folle, la liberté pour envoyer balader la fatalité crasse de la vie.
Et l’imaginaire, les rêves, les cauchemars, qui ponctuent le récit comme des respirations esthétiques et oniriques, jusqu’à devenir folie du réel.

Ava, une brûlure sous un soleil de plomb, une dernière danse rythmée par la symbolique chanson « Sabali » d’Amadou et Mariam.




"Ava" de Léa Mysius, sorti en salle le 21 juin 2017, avec Noée Abita, Laure Calamy et Juan Cano.

dimanche 19 février 2017

Youtube: INTERVIEWS ! ETINCELLES DE PLUME AU SLPJ DE MONTREUIL 2016


Vous êtes nostalgiques du SLPJ de Montreuil ? Vous souhaitez vous replonger dans ces quelques jours de dédicaces intensives, de rencontres joyeuses et vous aimeriez revoir les auteurs qui ont marqué la littérature jeunesse en 2016 ?

Si c'est le cas, alors suivez-moi ! Je vous ai préparé une vidéo dans ce salon en décembre dernier, et 8 auteurs se sont confiés (ou presque...) face caméra !

Au menu : Clémentine BEAUVAIS, Victor DIXEN, Coline PIERRÉ, Arnaud CATHRINE
Rebecca DAUTREMER, Fanny DUCASSÉ, Marion BRUNET, et Stéphane SERVANT

Je remercie ces auteurs pour le temps qu'ils m'ont accordé, au milieu de l'ouragan qu'est le SLPJ !

Ces quelques minutes que j'ai passées avec chacun d'entre eux ont été très riches en partage d'idées et surtout très chaleureuses !



Lien de la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=mYwfL09ty6Y 
 

Les sujets abordés sont évidemment la littérature, leurs goûts littéraires, ce qu'ils pensent du SLPJ, et parfois leurs envies de voyage sur Mars !
 
Marion Brunet et Arnaud Cathrine parlent dans leurs ouvrages de politique, d'engagement, de révolte, et ces interviews ont été l'occasion d'évoquer leur vision sur le monde et l'actualité.



Marion Brunet : "On est dans une période compliquée, assez sombre, mais parfois c'est dans les périodes assez sombres qu'émergent de la réflexion, de la colère, de la révolte."


Arnaud Cathrine : "Il va vraiment être temps d'être debout nuit et jour."

 

Pour mieux connaître les auteurs présents dans la vidéo, voici quelques liens et chroniques sur leurs ouvrages !

  • Clémentine BEAUVAIS 

Songe à la douceur


  • Marion BRUNET 


Dans le désordre

Ma chronique

  • Arnaud CATHRINE


A la place du cœur

-

Spectacle:


Frère animal - Second Tour

  • Coline PIERRÉ
Ma fugue chez moi

  • Rebecca DAUTREMER



Le bois dormait

  • Victor DIXEN

Animale: La prophétie de la Reine des Neiges

-

Phobos

  • Fanny DUCASSÉ



Le jardin des ours


  • Stéphane SERVANT
La langue des bêtes

 
Bon visionnage et bonne lecture !

samedi 18 février 2017

INTERVIEW RADIO LONDRES: Natalia Naidich, au coeur du Ballet Preljocaj


Je vous présente aujourd'hui mon premier article paru sur le site Radio Londres: mon interview de Natalia Naidich, répétitrice au Ballet Preljocaj ! 
Je l'ai rencontrée cet automne lors de la tournée de La Fresque, le dernier ballet d'Angelin Preljocaj.
Après un long travail de retranscription et de réécriture, je suis heureuse de pouvoir vous montrer enfin cette interview !

Natalia Naidich aborde de nombreux thèmes, comme ses débuts en tant que danseuse, son rôle au sein du Ballet Preljocaj et la vie de cette compagnie, l'écriture chorégraphique...
Ce fut pour moi une rencontre très enrichissante, et j'espère que cet article le sera pour vous aussi !


© Anne-Christine Poujoulat / AFP

Je vous invite également à découvrir les chorégraphies d'Angelin Preljocaj: ses ballets contemporains tournent dans le monde entier, et ce sont de magnifiques créations !
Preljocaj a également réalisé en 2016 le film Polina, adaptation de la bande-dessinée du même nom de Bastien Vivès.


Je tiens à remercier le Ballet Preljocaj et la Comédie de Valence d'avoir rendu possible cette interview et Natalia Naidich pour sa disponibilité, ainsi que l'équipe de Radio Londres pour m'avoir accueillie dans leur rédaction !


Pour lire cette interview, c'est par ici:  
 

http://radio-londres.fr/

vendredi 27 janvier 2017

NOUVELLE ANNÉE - 2017 - BILAN 2016


Une nouvelle année qui commence,
promesse de
rencontres réelles et virtuelles,
coups de cœurs littéraires, musicales, cinématographiques,
couleurs que l'on découvre, sentiments cachés qui ressurgissent,
mots qui s'échappent de nos doigts, rêves qui naissent à l'aube,
quelques désillusions et quelques déceptions aussi, 
mais surtout,
de l'espoir, de la passion, et des lectures, encore et encore.

Je vous souhaite à tous une excellente année 2017 !


Avant d'entamer ces douze prochains mois (plus que onze à présent), j'aimerais revenir sur l'année 2016 en quelques mots et images.

En 2016, j'ai ouvert un nouveau visage du blog: la chaîne Youtube. 
6 interviews, 70 abonnés, et plus de 6000 vues.
Merci à tous ceux qui regardent mes interviews !
 Et un grand merci aux artistes, The Pirouettes, Baptiste Lecaplain, Timothée de Fombelle, Emmanuel Noblet entre autres, qui acceptent de me donner un peu de leur temps face à ma caméra !

  Si vous souhaitez découvrir ces vidéos: https://www.youtube.com/channel/UCPZMN1olmFFNgF7OVZVaEQw/featured

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En décembre, je suis allée au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil,
où j'ai rencontré de nombreux blogueurs et blogueuses, des éditeurs, et des auteurs évidemment ! 
Ce fut, comme chaque année, un week-end incroyablement riche en rencontres et en découvertes !
 J'ai pu rencontrer avec quelques blogueuses l'auteur Vincent Villeminot pour son roman Les Pluies, lors d'un petit-déjeuner de rêve: je remercie infiniment les éditions Fleurus pour cette rencontre !

J'ai d'ailleurs volé quelques minutes à 8 auteurs, pour leur poser des questions, entre deux dédicaces: un concentré de paroles de Marion Brunet, Arnaud Cathrine, Clémentine Beauvais, Victor Dixen, entres autres, que vous pourrez découvrir en vidéo dans peu de temps !

 Donc, restez connectés, ces interviews seront bientôt disponibles !

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Pour finir, voici mon bilan lecture de l'année 2016:

J'ai lu 97 ouvrages, ce qui fait 20 929 pages lues en 12 mois.

Dix de ces lectures m'ont particulièrement marquées. 
Littérature jeunesse, contemporaine, ou classique; théâtre; ou bande-dessinée, ces œuvres vont plairont sûrement !


LA LANGUE DES BÊTES DE STÉPHANE SERVANT 
(éditions du Rouergue)



"Et c'est peut-être là qu'ils acquièrent leur vraie magie: quand nos propres mots nous submergent et font de nous des marionnettes de papier."
p. 245
Lien vers ma chronique 


PERSEPOLIS DE MARJANE SATRAPI
(éditions l'Association)






JOURNAL D'UN VAMPIRE EN PYJAMA DE MATHIAS MALZIEU
(éditions Albin Michel)



"La poésie est le dessert de l'esprit, l'humour en est le fruit."
p.221

Lien vers ma chronique


SONGE A LA DOUCEUR DE CLÉMENTINE BEAUVAIS 
(éditions Sarbacane)



Ce roman fait partie des sorties évènements de 2016: je lui ai d'ailleurs consacré une semaine en août, où j'ai chroniqué des romans qui ont inspiré Clémentine Beauvais pour Songe à la douceur.
(accéder à tous les articles "Inspirations littéraires de Clémentine Beauvais")

"Cette nuit, ces pensées sont la vérité même.
Or, pour une seule pensée,
être vraie même une seule fois,
même une seule nuit,
c'est déjà une prouesse."

p.68
Lien vers ma chronique


L’ÉCRITURE OU LA VIE DE JORGE SEMPRUN 
(éditions Folio)


"[…] il n’y a pas de mot en français pour saisir d’un seul trait la vie comme expérience d’elle-même. Il faut employer des périphrases. Ou alors utiliser le mot « vécu », qui est approximatif. Et contestable. C’est un mot fade et mou. D’abord et surtout, c’est passif, le vécu. Et puis c’est au passé. Mais l’expérience de la vie, que la vie fait d’elle-même, de soi-même en train de la vivre, c’est actif. Et c’est au présent, forcément. C’est-à-dire qu’elle se nourrit du passé pour se projeter dans l’avenir."


ANTIGONE DE JEAN ANOUILH
(éditions La petite vermillon)


"Marie-toi vite, Antigone, sois heureuse. La vie n'est pas ce que tu crois. C'est une eau que les jeunes gens laissent couler sans le savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-la." 

Créon, p.91


CES RÊVES ÉTRANGES QUI TRAVERSENT MES NUITS DE STÉPHANIE LECLERC
(éditions L'école des loisirs)




"La réalité finit par nous rattraper, la bulle par éclater, et le monde finit toujours par tout dévorer. Pourquoi nos enfants seraient-ils heureux? Pourquoi réussiraient-ils là où nous avons échoué? On ne peut même pas le leur reprocher. On ne vaut pas mieux."
p.160

Lien vers ma chronique 


EUGÈNE ONÉGUINE DE POUCHKINE 
(éditions Actes Sud - Babel)

"Je serais triste de quitter Ce monde sans laisser de trace. Je n'écris pas pour qu'on me loue, Mais j'aimerais, comprenez-vous, Chanter mon sort et ma disgrâce, Et que mes vrais amis, les sons, Disent au monde ma façon."
XXXIX (p.89)

Lien vers ma chronique


RÉPARER LES VIVANTS DE MAYLIS DE KÉRANGAL 
(éditions Folio)



"[...] dans son bureau, au revers de la porte, il a scotché la photocopie d'une page de Platonov, pièce qu'il n'a jamais vue, jamais lue, mais ce fragment de dialogue entre Voïnitzev et Triletzki, récolté dans un journal qui traînait au Lavomatic, l'avait fait tressaillir comme tressaille le gamin découvrant la fortune, un Dracaufeu dans un paquet de cartes Pokémon, un ticket d'or dans une tablette de chocolat. Que faire Nicolas? Enterrer les morts et réparer les vivants."

p.140



L’ÉCUME DES JOURS DE BORIS VIAN 
(éditions Le livre de Poche)



"A l'endroit où les fleuves se jettent dans la mer, il se forme une barre difficile à franchir, et de grands remous écumeux où dansent les épaves. Entre la nuit du dehors et la lumière de la lampe, les souvenirs refluaient de l'obscurité, se heurtaient à la clarté et, tantôt immergés, tantôt apparents, montraient leur ventre blanc et leur dos argenté."
p.174

 Lien vers ma chronique


  JE VOUS SOUHAITE UNE EXCELLENTE ANNÉE ET DE MERVEILLEUSES LECTURES !