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jeudi 22 décembre 2016

INTERVIEW YOUTUBE: Emmanuel Noblet pour "Réparer les vivants"


Je vous présente aujourd'hui une nouvelle interview du comédien/metteur en scène Emmanuel Noblet, qui a adapté le best-seller Réparer les vivants de Maylis de Kérangal dans un bouleversant seul en scène.


Toutes les dates de sa tournée: http://www.opus64.com/evenement/theatre/reparer-les-vivants.html?date=1&lieu=

 Réparer les vivants relate la course folle d'un cœur entre un adolescent mort dans un accident de voiture et une femme condamnée par une maladie cardiaque. 

Je vous conseille évidemment le roman de Maylis de Kérangal car c'est une merveille de finesse, de poésie, d'émotion. On ne peut pas ressortir indemne de cette lecture bouleversante.

Sur scène, Emmanuel Noblet incarne avec brio les nombreux personnages qui se passent sans discontinuer le flambeau fragile de cette épopée humaine et médicale.
Toute la salle est à bout de souffle et les nerfs à vif jusqu'au dernier mot.
Le décor est minimal et cela en est d'autant plus efficace et fort.
Une merveille qui j'espère vous plaira !


Lien de la vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=zD6_MRZTQiQ

Dans la loge de la Comédie de Valence, j'ai pu rencontrer Emmanuel Noblet pour un entretien de tout juste 24 minutes. 
Ce moment riche et chaleureux fut un réel plaisir pour moi et je tiens à remercier l'équipe de la Comédie de Valence qui a permis cette interview, et merci évidemment à Emmanuel Noblet de m'avoir réservé un peu de son temps !

Bon visionnage !

mardi 20 décembre 2016

Samedi 14 novembre de Vincent Villeminot


« C’est vrai parce que tu es belle, disait-il. Des fois, tu me fais croire qu’il existe un ailleurs. Autre chose. De plus beau. »
p.101

 Samedi 14 novembre de Vincent Villeminot
sortie en novembre 2016, éditions Sarbacane (Exprim')
15,50 €, 213 pages, ISBN: 9782848659220
Service de presse
Synopsis :

Le vendredi 13 novembre, B. était à une terrasse. Il a vu les tueurs tirer.
Le lendemain, en quittant l’hôpital, il croise un homme dans le métro…
Il le reconnaît : c’est l’un d’eux.
Alors, sans avoir décidé ce qu’il va faire, il le suit.

Mon avis :

Merci beaucoup aux éditions Sarbacane pour l’envoi de ce roman !

Avec Samedi 14 novembre, je redécouvre encore différemment Vincent Villeminot. Son écriture est simple, mais laisse passer tant de nuances, de poésie, d’espoir entre ses mots qui giflent. Et plus important encore, plus révélateur du message qu’il veut faire passer –du message que j’ai compris-, c’est l’omniprésence de l’amour. Même dans l’horreur, au cœur de la folie humaine, quand il semble impossible d’en repérer, l’amour se tapit dans l’ombre de la haine et surgit dans la lumière.
Peut-être est-ce le credo de Vincent Villeminot : nous démontrer que malgré le chaos le plus total, une étincelle de chaleur humaine peut tout changer.
Car Villeminot fait passer tous les sentiments, toutes les émotions et tous les ressentis par le prisme de l’amour : l’amour que B. porte à son frère Pierre, tué lors des attentats, l’amour que les proches de B. lui portent, la haine qui bout en B. lorsqu’il se met à suivre un de ces terroristes ; haine qui mène à quoi ? Que pourrait-il bien faire une fois le bourreau devant lui ? 

« Même pas peur », même si on pleure.
p.46


L’amour, comme un pansement sur une blessure à vif, l’amour comme s’il résultait d’une colère devenue folie, l’amour-violence pour échapper aux larmes.
Le scénario que propose l’auteur sur le lendemain des attentats est tout à fait inattendu, surprenant. Peut-être peut-on s’interroger sur la nécessité qu’un roman ose faire ce pas dans l’inconnu, qu’un texte prenne un parti-pris aussi sensible.
Je vois cette intrigue comme le résultat d’une envie collective, nationale, un élan d’imagination de vengeance, au-delà même de l’envie de comprendre pourquoi, comment, qui a fait ça.
Passer sa haine, sa violence, sur les bourreaux. Leur faire payer, leur faire subir ce que nous avons tous ressenti comme un viol, comme une abomination. Être face aux tueurs, ces personnes qui restent malgré tout dignes, ayant une famille, un regard, une âme ; et voir jusqu’où nous pourrions aller sous l’emprise d’une douleur qui nous dépasse tant qu’elle nous envahit et déborde.
Se placer face à la réalité, une réalité peut-être plus banale qu’on ne pourrait l’imaginer.

Ce roman est construit autour d’une première partie de violence, d’horreur, puis l’amour prend le dessus, la tension redescend et l’espoir revient. C’est pourquoi ce roman est essentiel pour nous, car il retrace nos pensées, nos cauchemars, notre état d’esprit, et les mille possibilités qui s’offrent à notre humanité.

Alors ils feront l’amour, des heures, des heures. Ils feront du sexe, et puis de l’amour, avec plus de douceur, et puis encore du sexe, comme une guerre, comme on monte à l’assaut, parce qu’il faut bien tout de même mourir contre un corps, et s’éprouver vivants.
p.174

Samedi 14 novembre est l’histoire d’un survivant qui échappe aux morts par la fuite et pour venger son frère, c’est l’histoire de son entourage qui se bat pour vivre, c’est l’histoire de nos ennemis qui ne sont pas si éloignés de nous. 

Un roman sur nous, sur vous, sur les morts et les survivants. Sur la vie qu’il nous faut conserver, et sur l’amour qui renaît malgré la peur. Un texte comme une respiration brute et vivifiante, un cri qui transperce nos cœurs.