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samedi 23 avril 2016

Les filles au chocolat: Cœur poivré de Cathy Cassidy


Les filles au chocolat t.6.5: Cœur poivré de Cathy Cassidy
sortie le 3 mars 2016, éditions Nathan
9,90 €, 112 pages, ISBN: 978-2-09-256431-8
Service de presse

Synopsis:

1. Loin des yeux

Je m'appelle: Jamie
Je suis: le petit ami de Skye
Je rêve: d'être un amoureux parfait
Mon problème: je pense de plus en plus à une autre fille...

♥♥♥

2. Près du cœur 

Je m'appelle: Stevie
Je suis: le meilleur de Coco
Je rêve: de revenir vivre à Tanglewood
Mon problème: j'ai peur que Coco m'ait un peu oublié...

Mon avis:

Cela fait quelques temps que j'avais envie de lire cette saga à succès, Les filles au chocolat, mais j'avais peur que ce soit trop "jeunesse" pour moi. Cependant, lorsque les éditions Nathan m'ont proposé cette suite en partenariat, je n'ai pas hésité: autant découvrir cet univers, quitte à être déçue !

Comme je m'y attendais, ce fut une lecture facile, très facile, et légère, un peu trop légère...
Ce tome 6.5 est divisé en deux parties, l'une consacré à Jamie, le petit ami de Skye, qui fait du théâtre, et s'intéresse à une autre fille que Skye, celle-ci étant loin de lui.
La deuxième partie a pour narrateur Stevie, qui revient à Tanglewood mais a peur que Coco, avec qui il a eu une "aventure", l'ait oublié.

Beaucoup de clichés, des dialogues simplistes et qui paraissent surfaits, "faux": ajoutées à cela des histoires d'amour à l'eau de rose, des vies parfaites remplies de chocolat, de poney, et de difficultés mineures rapidement traversées... 
J'ai été particulièrement heurtée par des phrases maladroites (à moins que ce ne soit que la traduction): "Nous ne sommes plus qu'à une heure de route de Tanglewood quand le ciel prend la couleur d'un vilain hématome violet parsemé de tâches jaunes." (p.67). 
Je m'attendais à un style littéraire simple mais agréable à lire, or l'auteure tente des phrases poétiques et lyriques qui sont loin d'atteindre leur but !

Je n'aurais peut-être pas dû commencer avec ce tome qui met en scène des garçons, c'est-à-dire des personnages secondaires dans cette saga. Ils ne sont donc pas vraiment fouillés, travaillés.
A contrario, les sœurs ont une personnalité qui leur est propre: l'auteure dresse un portrait très clair de chacune d'elle durant le récit, qui est d'ailleurs rappelé sous forme de fiche à la fin du roman. Elles ont leurs passions, leur style vestimentaire, leurs manies...
Bien que ce soit un peu réducteur dans la construction des personnages, je pense que j'aurais préféré lire un tome sur une des sœurs, plutôt que cette intrigue sur des garçons plats, sans relief, inintéressants.


Une lecture qui s'adresse aux plus jeunes, tout en s'avérant malheureusement fort simpliste: tout est rose, beau, mignon ! Les quelques drames qui s'y passent sont clichés, les personnages sont creux... Une tentative pas vraiment concluante pour Les filles au chocolat !

Dites-moi en commentaire si vous avez lu et aimé (ou non) cette saga ! ;)

jeudi 21 avril 2016

Ma fugue chez moi de Coline Pierré



Ma fugue chez moi de Coline Pierré
sortie le 9 mars 2016, éditions Le Rouergue (Doado)
10,20 €, 116 pages, ISBN: 978-2-8126-1052-3
Service de presse



Synopsis:

Pourquoi les décisions qui nous font du bien rendent-elles les autres tristes?

Anouk, 14 ans, cheveux châtains et lunettes rouges, a fugué quelques jours avant les vacances de Noël. C'est du moins ce que croit sa famille. La police enquête, son père et sa sœur placardent partout des avis de recherche sur les murs de la ville et sur Facebook.
Mais, en vérité, Anouk n'est pas une aventurière. Et puis il fait si froid dehors, en décembre. Alors elle a trouvé une bien meilleure idée, aussi improbable et étrange soit-elle...

Mon avis:

Merci aux éditions du Rouergue pour cet envoi !

Anouk, victime de harcèlement scolaire, décide de fuguer. Sauf qu'il fait froid et qu'elle n'a nulle part où dormir... Elle va alors décider de s'enfermer au plus proche de sa famille mais dans la discrétion la plus totale: dans son grenier. Dans ce véritable bunker, Anouk entend tout, mais son père et sa sœur, qui habitent juste en-dessous, n'en savent rien.
Une manière de disparaître totalement tout en assistant aux effusions qu'ont provoqué sa disparition, une manière d'être plus proche de soi-même sans avoir à se montrer aux autres.

Anouk est un personnage que j'ai trouvé très tendre, très attachant.
Elle est passionnée par ce qu'elle entreprend (la musique, le dessin), et à la fois révoltée et déterminée à faire entendre sa tristesse et sa douleur au reste du monde...
En plus de son dialogue intérieur, de ses interrogations sur sa fugue, sur ce qui s'est passé dans sa famille, le lecteur a droit à une foule de petits détails que j'ai trouvés croustillants et très agréables à imaginer, sur les moyens qu'Anouk met en place pour se ravitailler, s'occuper de son grenier, et de quelle manière elle profite de la maison lorsque son père part travailler...


Mais le plus important dans ce roman, c'est la famille: Anouk se sent abandonnée par son père, pas très disponible, mais surtout de sa mère, partie il y a des années pour son travail au Pôle Nord. Sa jeune sœur est son seul "espoir", sa seule source de réconfort, mais elle est en internat la semaine.
Dans ce grenier d'où elle entend toutes les conversations de son père et de sa sœur, leurs allées et venues, les moyens mis en place pour la retrouver, elle se reconstruit et comprend mieux sa famille.

Sa situation m'a fait penser au film "Vice-Versa", car Anouk est proche de Riley sur le plan psychologique: toutes deux sont bouleversées et déboussolées, confrontées à une perte de repères, un sentiment de solitude...
Dans Vice-Versa, les émotions sont personnifiées; dans Ma fugue chez moi, elles sont mises en évidence par la solitude de la jeune fille, et la réflexion sur les motifs de son "évasion". C'est donc au lecteur de les décrypter.
Mon ressenti sur le film et le roman est similaire: une impression de douceur s'en échappe, ainsi qu'une légèreté et un humour qui font la beauté de ces œuvres, et accompagnent la douleur de quitter l'enfance dans de grandes turbulences.





Ma fugue chez moi est un roman lumineux, doux, qui relate un moment difficile dans l'apprentissage de la vie: l'acceptation de sa famille, la prise d'indépendance... 
Une très belle lecture !

dimanche 17 avril 2016

Je sais que tu sais de Gilles Abier

A son tour, elle a voulu savoir quelle était la guerre qui se jouait en moi pour avoir une voix aussi triste.

p.38

Je sais que tu sais de Gilles Abier
sortie le 18 février 2016, éditions Talents Hauts (Ego)
8 €, 79 pages, ISBN: 978-2-36266-142-6
Service de presse

Synopsis:

J'ai les mains moites. J'ai beau les frotter à plat sur mon jean, elles suent, elles suintent. 
Je ne suis pas quelqu'un qui transpire pourtant. Je peux danser une heure, courir vingt minutes, buller sous deux couettes, je reste au sec.
Ça énervait mon frère. Mon côté "poupée de porcelaine", comme il disait, jamais chiffonnée. Le teint frais. La tenue impeccable.


Mon avis:

Merci aux éditions Talents Hauts pour cet envoi !

Choisir la vie. Choisir de pardonner, de passer à autre chose. En plein deuil de son frère, un combat entre Axelle et sa propre conscience s'engage à la suite d'une rencontre bouleversante.
Ce roman, l'histoire de la quête psychologique d'Axelle, est d'un réel glaçant, qui plonge le lecteur dans la terreur.

Cependant, je ne sais que penser de ce roman qui véhicule pourtant un message fort, profond et triste; message de paix et d'amour qui m'a semblé noyé par plusieurs éléments inutiles à l'avancée de l'intrigue.
Des personnages comme madame Ngoun m'ont dérangée, car sa personnalité m'a semblé trop tranchée avec l'ambiance mortuaire et angoissante du début. De plus, j'ai eu beaucoup de mal à cerner la narratrice, ne sachant si c'était une sœur ou un frère pendant les premières pages.

Je pourrais qualifier mon impression générale par "lecture décevante", si le style de l'auteur n'était pas aussi viscéral et cru. Gilles Abier pose les mots sur une situation complexe, par des phrases courtes, cinglantes, criantes de douleur. 


Cela n'a pas suffi à me convaincre et à m'emporter en 76 pages dans l'esprit torturé d'Axelle, mais je vous conseille de vous faire votre propre avis sur ce roman, car il vaut malgré tout la peine d'être lu.

vendredi 15 avril 2016

Je suis qui je suis de Catherine Grive


 Je suis qui je suis de Catherine Grive 
sortie le 2 mars 2016, éditions du Rouergue (Doado)
9,20 €, 127 pages, ISBN: 978-2-8126-1058-5
Service de presse

Synopsis:

On me prend pour ce que je ne suis pas. Et je suis qui on n'imagine pas.


Qu'on soit fille ou garçon, on peut avoir un chagrin. Grave, pas grave, mais un chagrin.
Qu'on soit fille ou garçon, on voudrait pouvoir l'oublier.
Surtout quand c'est l'été et qu'on le passe à la maison.
Les copains sont partis, les parents sont là sans être là.
Alors, on vole le courrier des voisins pour se changer les idées. Et on rencontre une fille qui n'est pas son genre. Mais au fait, de quel genre est Raph' ?

Mon avis: 

Merci aux éditions du Rouergue pour cet envoi !

Le thème de ce roman, les enfants et adolescents qui ne se sentent pas à l'aise avec le sexe de leur naissance, est très intéressant, et il me semble qu'il peut être traité de nombreuses façons différentes. C'est pourquoi j'ai eu tout de suite envie de découvrir ce court roman, sur une jeune fille, Raph', au prénom unisexe et à la vie tourmentée.

C'est l'été, et notre personnage principal se prépare à s'embêter dans son appartement, alors que tous ses amis partent en vacances. Dans la moiteur de la saison, Raph' s'occupe comme elle peut: documentaires animaliers à la télé... Et vol de courrier dans les boîtes aux lettres de ses voisins. Leur courrier personnel, des lettres d'amour, de déchirure: savoir la vie secrète des autres habitants est devenue une habitude malsaine dont elle n'arrive plus à se défaire. 
Elle rencontre une jeune fille, avec qui elle va se lier d'amitié entre deux parties de tennis.
Entre ennui et découverte, Raph' s'interroge et teste les limites. Les limites de son genre de garçon manqué, les limites du jeu dangereux auquel elle s'adonne avec le courrier des voisins, et les limites des réponses que ses parents lui donnent concernant sa naissance.

Catherine Grive construit un univers aussi bien matériel que psychologique avec son style littéraire simple et grave à la fois. 
Elle définit une ambiance intrigante, qui laisse penser que quelque chose d'important se prépare, une ambiance proche de ce que l'on ressent l'été: la chaleur, l'ennui, la vie autour de nous, la réflexion et les actions parfois irréfléchies. 

Ce roman est rapide à lire et laisse le lecteur interrogatif, soucieux, mais aussi (et malheureusement) dubitatif. Il se passe beaucoup de choses dans la tête de Raph', beaucoup de pistes sont lancées, des bouts d'histoires, bien qu'au final, la sentence tombe, brutalement, arrivant trop facilement après tout ce qu'il s'est passé ! 
Le sujet principal n'a été qu'effleuré, de sorte que l'on finit ce roman dans une incompréhension qui m'a semblé stérile.

Une intrigue qui regorge de pistes à exploiter sur la question du genre, mais qui n'est pas assez approfondie à mon avis.
Une lecture décevante mais qui a tout de même le mérite d'interroger et d'intriguer !

mercredi 13 avril 2016

Meine liebe, mon vampire de Manu Causse



Meine liebe, mon vampire de Manu Causse, illustré par Marie-Pierre Oddoux
sortie en 2013, éditions Talents Hauts (Dual)
7,60 €, 96 pages,
ISBN: 978-2-36266-075-7, Service de presse


Synopsis:

Anastasia, jeune vampire de 480 ans, est en âge de tuer pour se nourrir.
Le Grand Conseil lui a désigné sa première proie. Mais Anastasia n'est pas telle que ses parents la voudraient: elle ressent ce que les humains appellent des sentiments.

Baptiste, lycéen sportif et sans histoires, l'aperçoit à la fenêtre du château. Cette mystérieuse apparition l'intrigue. C'est alors que son grand-père lui apprend la vérité sur la mort de ses parents et sur la terrifiante mission dont il a hérité.

Mon avis:

Merci aux éditions Talents Hauts pour cet envoi !
Je vais être assez brève concernant cet ouvrage, car il est très court (96 pages), et que je ne souhaite pas vous révéler trop d'informations concernant l'histoire.

L'intrigue, justement, est assez basique dans son genre: une histoire de vampire, où deux adolescents qui ne sont pas censés se côtoyer (une vampire et un humain) vont se rencontrer. Twilight, Roméo et Juliette pour l'amour maudit... Les références sont nombreuses !
Mais ce n'est pas vraiment gênant, car les personnages, Anastasia et Baptiste, ont une personnalité marquée, que l'auteur met en avant grâce à son style littéraire humoristique et original.
De plus, de nombreux éléments sur leur vie personnelle sont présents, et approfondis, ce qui renforce le caractère de ces personnages et leurs particularités. En moins de 100 pages, Manu Causse dresse le portrait d'adolescents aux situations anormales, voire qui entrent dans le domaine du fantastique, mais néanmoins proches du lecteur: on peut s'identifier aux personnages sans difficulté !

Cependant, ce n'est pas pour l'histoire que j'ai lu ce roman, mais pour m'exercer à lire en allemand. Car les éditions Talents Hauts ont une collection très intéressante, "Dual", destinée aux collégiens/lycéens, où sont publiés des romans où un chapitre sur deux est en langue étrangère: allemand, anglais ou espagnol.
Le vocabulaire en langue étrangère est simple et c'est normalement accessible dès la deuxième année de pratique: néanmoins, cela fait 4 ans que j'étudie l'allemand au collège et les chapitres en allemand m'ont semblé tout de même bien compliqués ! J'ai donc vite abandonné l'idée de tout comprendre, et j'ai lu sans trop me poser de questions. Une technique anti-bloquage qui a très bien fonctionné, car j'ai réussi sans trop de problème à me situer dans l'histoire.
De plus, on trouve à la fin un quizz sur l'intrigue, chapitre après chapitre, pour tester sa compréhension de l'histoire: un exercice de vocabulaire et de mémoire utile et appréciable !

Meine liebe, mon vampire, est un roman que je conseille à tous les étudiants qui souhaitent s'exercer à la lecture en allemand. 
Des récits d'histoire de famille et de vampire adolescents, le tout ponctué de belles illustrations en noir et blanc !

lundi 11 avril 2016

Camarades de Shaïne Cassim


Contrairement à ce que l'on croit, la beauté d'un âme n'est pas une affaire de milieu social mais d'éducation.

p.202


Camarades de Shaïne Cassim
sortie en 2016, éditions École des Loisirs 
16,50 €, 277 pages, ISBN: 978-2-211-22748-3
Service de presse


Synopsis:

 Dans une forêt enneigée, par moins trente degrés, en Russie, un jeune homme réussit à s’enfuir d’un bagne et à échapper à la police du tsar. 
  Au même moment, une jeune fille qu’on a battue perd connaissance dans une rue de Paris. 
  En Normandie, une autre jeune fille commet un acte irréparable et trahit la seule personne qui lui soit fidèle. 
  Dans un petit village du pays de Galles, un garçon perché au sommet d’un arbre refuse obstinément de descendre. Il comprend qu’il vient de prendre sa vie en main. 
  Ils s’appellent Evguéni, Gisèle, Eulalie, Eddie. Ils ont quinze ans, ils sont seuls au monde, ou presque. Chacun d’eux s’est accroché à un fil fragile que le destin leur tendait tout à coup. 
  Nous sommes en 1870, et, alors que grondent à la fois la guerre et la révolution, ils se rencontrent à Paris, où le pouvoir de Napoléon III met si facilement les gens en prison. 
  C’est là que leurs vies vont se mêler. Et que leurs espoirs vont renaître.

Mon avis:

Shaïne Cassim est l'auteure d'un roman poétique qui avait été une excellente lecture: Une saison avec Jane-Esther (ma chronique ici). On suivait l'évolution artistique d'une jeune fille poétesse: un réel face à face avec le personnage principal, entourée uniquement de la nature, d'une poétesse célèbre, et des recueils d'Emily Dickinson.
Le style léger et détaillée de S.Cassim m'avait conquise: découvrir Camarades me semblait tout naturel.

Ce roman est mystérieux et attirant pour plusieurs raisons. Tout d'abord pour sa couverture représentant une jeune fille de dos, face à une affiche de la Commune et portant une arme, l'ensemble dans les tons violets, renvoyant à une époque que je trouve très intéressante. 

L'Histoire, Shaïne Cassim s'en sert évidemment dans cette intrigue prenant place en 1870, mais pas dans le sens que j'avais imaginé. En effet, la Commune elle-même n'est pas vraiment présente. Elle plane, telle une ombre inquiétante laissant présager de nombreux changements.
Puis, cette période est passée sous silence et les dernières pages se déroulent après les évènements mêmes de la Commune.
Ce décalage entre ce qu'on projette en tant que lecteur lorsqu'on lit le résumé et lorsqu'on admire la couverture, et ce qu'il en est dans le texte est en vérité la clé de ce roman

En effet, l'intrigue est centrée sur de jeunes personnages victimes des effusions de l'époque: Evguéni et Gisèle ont été blessés par la vie, et Eulalie et Eddie sont anarchistes. Ces quatre adolescents sont passés à côté de leur vie pendant trop longtemps et se retrouvent liés, par le biais d'adultes très engagés dans la révolution. 
Les personnages trouvent leur voie par sérendipité. La couverture et le résumé annoncent un univers, mais l'intérieur du roman en est légèrement éloigné, tout comme ces quatre adolescents veulent vivre de nouvelles choses mais n'ont aucune idée de ce qu'ils vont trouver au bout de leur recherche.
Là est l'essence du roman: que vont-ils attendre lors de leur périple, à la fois psychologique, intérieur, et géographique? Quelles sont leurs intentions, celles qui les poussent à agir du plus profond de leur être et qu'ils ne connaissent peut-être pas? 
A ces questions de fond, liées à l'intrigue même du roman, se joignent les questions du lecteur, en rapport avec la première approche du livre: qu'est-ce que je pense trouver à l'intérieur de ce roman, quel message veut faire passer la couverture, qu'évoque-t-elle pour moi? En quoi le résumé m'influence-t-il dans ma façon de juger l'intrigue?

Il me semble que ces remarques sont, certes, assez éloignées: on parle d'un côté du ressenti du lecteur, et de l'autre du parcours initiatique des personnages, propre à chaque roman. Cependant, elles se rejoignent en un point, celui de trouver par sérendipité son chemin, que ce soit celui de la vie ou celui du roman qui nous plaira le plus, qui nous convient le mieux. 
De plus, on peut faire un rapprochement entre le rôle de lecteur et celui de personnage. Un personnage est inventé par un écrivain, qui le façonne à l'image du roman, en lui donnant un style qui se doit, selon moi, de transparaître à travers les outils de promotion du roman: couverture, résumé. De l'autre côté du miroir, le lecteur intervient au moment où le roman est terminé, et où l'intrigue doit à présent trouver le chemin du cœur du public, doit réussir à le toucher.
Les personnages sont donc ces transmetteurs si précieux du message du roman, ces transmetteurs aux lecteurs du souffle policier, historique ou romantique, qu'a voulu insuffler l'auteur à l'ouvrage. 
Lecteurs et personnages sont donc intimement liés, ils se rencontrent à la frontière de la fiction: l'un cherche grâce aux mots à basculer dans un monde nouveau et différent, tandis que l'autre cherche à s'infiltrer dans un quotidien banal pour y apporter une touche d'imaginaire. 

Le fait qu'on l'on puisse noter un parallélisme dans la construction de Camarades entre les objectifs du lecteur et ceux des personnages prouve pour moi que ce roman a tous les atouts pour toucher au plus près le lecteur. 

Ce roman n'est pas uniquement composé de liens et de parallélisme entre divers éléments, heureusement ! 
Si l'on met de côté la technique narrative quelques instants et que l'on se concentre sur l'intrigue, sur les sentiments, sur des détails plus fins et qui font toute la différence, il y a de quoi dire également !
Toute la sensibilité et la force de ce roman sont logées dans les personnages. 
Je trouve que Shaïne Cassim a réussi ce tour de passe-passe de privilégier les personnages principaux, leurs états d'âme et leurs histoires personnelles, tout en donnant de l'importance au second plan (le décor, l'ambiance et les personnages secondaires), ce qui permet d'avoir une intrigue extrêmement riche et parfaitement équilibrée, entre fond et forme.

Ces quatre personnages ont un indéniable point commun: l'envie d'agir, l'envie de liberté, associée à la fougue de la jeunesse. Ils ont cette flamme qui brûle en eux, mais ils arrivent à la contenir, et ce grâce à des adultes qui les prennent sous leur aile très tôt dans leur changement de vie.
Car cette intrigue démarre par des changements de parcours, des claquements de portes, des revirements de situation. 
Alors que ces jeunes auraient pu vivre des moments de flottements, abandonnés à eux-mêmes, en proie à tous les dangers, ils sont ici plus ou moins rapidement pris en charge par des adultes, qui eux vivent leur vie comme ils l'entendent, de manière anarchiste. Et c'est justement ce que recherchent (même s'ils ne le savent pas encore) les personnages. 
Cela met donc l'éducation au centre de tout, au centre même de la révolte contre le pouvoir en place, contre les institutions.  
L'éducation s'impose au centre de la vie et du progrès (et cela justifie mon choix de citation au début de la chronique). 

Au lieu de montrer des adolescents se perdre dans les tréfonds noirs de la révolte, l'auteure nous montre des jeunes vivaces et plein de rêves et d'envies qui sont captés par des adultes responsables mais aussi révoltés qu'eux, qui vont les guider pour qu'ils se battent de manière intelligente et productive.

Leurs mentors adultes vont leur apprendre à s'accepter, à vivre ensemble malgré leurs différences, à unir leurs forces dans un même but. 
En plus des liens qui unissent ces adolescents, il y a, évidemment, les liens entre leurs mentors: tous se connaissent, mais ils sont éparpillés à travers l'Europe.
Ces personnages adultes ont eux aussi une histoire personnelle forte, qui influencent les choix des adolescents, car ils se nourrissent de l'expérience de ces adultes. 
Ce roman parle de jeunes, mais en incluant jeunes adultes et adolescents: ces deux générations se confrontent, se construisent et évoluent en parallèle, prenant chez l'un ce qui est bon et tentant de comprendre et de rectifier grâce à l'éducation ce qui est plus nocif.

Au fil des chapitres - chacun ayant pour narrateur un des quatre adolescents -, on découvre leur personnalité, leur histoire, et surtout, on comprend ce qui les a déterminé à quitter leur vie d'enfant pour se lancer dans l'inconnu, ainsi que ce à quoi ils se destinent.
Eddy est très déterminé et engagé, comme Eulalie, car ce sont deux personnages qui ont été maltraités, malmenés, incompris, dans leur passé. Un jour, ils décident de dire non, et ils s'enfuient de leur enfer familial.
Les deux autres personnages, Evguéni et Gisèle, ont eux aussi été maltraités par la vie, mais c'est directement leur futur mentor adulte qui leur offre une lueur d'espoir. De manière plus globale, ces deux personnages voient leurs horizons s'éclaircir grâce à un signe, une main tendue.

Ce roman est bel et bien un entrelacs de fils reliant les uns aux autres, reliant la couverture au parcours des personnages.... Tous les liens possibles et inimaginables sont contenus dans ce roman, et loin de paraître fastidieux et compliqué, c'est tout simplement incroyable et terriblement intéressant ! De plus, je vous rassure, la lecture se fait facilement et ces liens ne peuvent être découverts qu'après, uniquement si vous souhaitez décortiquer ce roman et l'analyser plus en profondeur.


Comme il va bien falloir résumer cette longue chronique, voici quelques mots: 

Camarades est un roman porté par un souffle historique et révolutionnaire, et par un style littéraire simple et très agréable à lire. Shaïne Cassim adapte son écriture à chaque narrateur, ce qui permet de côtoyer des personnages tous différents et attachants.
Une excellente lecture !


dimanche 10 avril 2016

Bilan du mois de mars 2016


Bonjour à tous et à toutes !

C'est l'heure (depuis quelques jours déjà!) du bilan du mois !
Mars fut un mois un peu particulier, car j'étais pendant une semaine aux éditions Sarbacane pour mon stage de 3ème. Je vous prépare d'ailleurs un article sur ce stage !
J'ai donc lu 4 romans dont je ne peux pas vous parler pour le moment, car ils sortent dans 6 mois/1 an. :)

En tout, j'ai lu 12 livres ce mois-ci, en comptant les "invisibles". Je n'ai pas vraiment rattrapé mon retard de chroniques, et il s'est même considérablement agrandi, mais je compte bien profiter de ces vacances de printemps pour me mettre à jour !
Il faut dire que j'ai lu principalement des petits romans, qui dans l'ensemble ne m'ont pas vraiment plu: prendre du temps pour rédiger une chronique n'était donc pas ma priorité...

1.  La drôle d'expédition de Séverine Vidal (cliquez sur le titre pour lire ma chronique)
2. Les Fragiles de Cécile Roumiguière (cliquez sur le titre pour lire ma chronique)
3. L'écriture ou la vie de Jorge Semprun
4. Je sais que tu sais de Gilles Abier
5. Je suis qui je suis de Catherine Grive
6. Meine liebe, mon vampire de Manu Causse
7. Antigone de Sophocle
8. Ma fugue chez moi de Coline Pierré




Autres chroniques: (cliquez sur les titres pour lire mes chroniques)
- La guerre des mercredis de Gary D.Schmidt



Autres articles:

Une nouvelle interview sur la chaîne Youtube Etincelles de Plume, celle de l'humoriste et acteur 
Baptiste Lecaplain
Merci pour les 500 vues ! ;) 




Un peu de musique pour bien commencer avril:



Le dernier album de Fauve, évidemment, avec la magnifique chanson "Sous les arcades".





Je vous souhaite un excellent mois d'avril sous le soleil !

mardi 5 avril 2016

Les Fragiles de Cécile Roumiguière

Bats des ailes, mec, bats ! Tu vas y arriver. 
Ferme tes oreilles, et bats des bras... Tu vas t'envoler.
p.96

Les Fragiles de Cécile Roumiguière
sortie le 6 avril 2016, éditions Sarbacane (Exprim')
15,50 €, 200 pages, ISBN: 978-2-84865-862-9
Service de presse


Synopsis:

Drew a dix-sept ans, on est grand à dix-sept ans. 
Pourtant, dans sa tête, Drew est encore cet enfant de neuf ans qui a pris le racisme de son père en plein plexus.  
Drew déteste son père tout en cherchant à lui plaire.  
Jusqu’au jour où il rencontre... Sky, une fille aussi fêlée que lui. Et solaire. Et belle ! Une fille qui, comme lui - mais comme son père aussi -, est une Fragile.

Mon avis:

Les Fragiles sont Cindy, Sky, Cédric, et bien sûr Drew: tous les personnages de ce roman ont "la rage d'y arriver" comme l'explique le professeur de lutte Haki. Ils portent en eux une fragilité mêlée à de la peur et de la rage. 

Par une structure complexe, Cécile Roumiguière livre un récit où se croisent différentes époques de la vie de ces personnages. Cela crée un décalage entre les événements pour le lecteur, ce qui l'amène à s'interroger et à essayer de lire entre les lignes. 
Il y a ce mystérieux "jour J", où l'on suit le parcours du père et de son fils en parallèle; il y a les flash-backs, moment crucial de l'enfance de Drew; et le dialogue intérieur de Drew. Un corps, celui de son père, étalé au sol: et la peur qui grandit de le perdre pour de bon.
Les pièces du puzzle de la vie de Drew, et plus particulièrement celles de sa relation tumultueuse avec son père, s'ajoutent au fil du récit afin d'amener le lecteur à une révélation digne d'un polar psychologique.

La vie de cet adolescent, entre cigarettes, jeux vidéo et sport, peut paraître banale, mais c'est bien le portrait psychologique de Drew que l'auteure expose dans ce roman.
Cela transparaît d'ailleurs sur la couverture: un visage de profil en pièce détachée, l'oiseau symbolique en équilibre dans le crâne...
La psychologie de Drew est mise en avant dans le récit, grâce à une narration extérieure mais 
extrêmement proche du personnage: ses pensées sont approfondies, fouillées. On a une idée précise de ses états d'âme d'âge en âge, grâce à une écriture riche en détails.
Cette précision permet de constater l'évolution de Drew, dont la place importante dans le roman n'occulte néanmoins pas son entourage. En effet, la structure de ce récit offre une vision globale des gens entourant Drew. Par l'évolution de ces personnages secondaires, le lecteur assiste à la construction de Drew, personnage aussi complexe que la construction de ce roman, tout en fêlures, en douleur et en blessures.

Les multiples personnes qui gravitent autour de lui participent à le construire, ou le détruire. L'idée est alors renforcée que notre famille, notre milieu social, nos amis, font ce que nous sommes; ils nous nourrissent de leur propre expérience, ce qui peut être une grande aide comme un handicap, dont il  faut alors rapidement s'éloigner. Malheureusement, cette prise de conscience ne se fait pas sans dégâts.
Cette histoire, portée par un un style à la fois brutal, poétique et délicat, est violente comme une flamme et fragile comme le vent. Elle me laisse un souvenir brûlant et amer, des semaines après ma première lecture, dans les locaux des éditions Sarbacane, alors que j'étais en stage là-bas.

Cécile Roumiguière nous livre ici un récit complexe et ciselé sur la psychologie d'un adolescent, tout en englobant la réalité d'une classe sociale.


La playlist associée au roman, qui se marie à la perfection avec les sentiments de Drew: http://www.deezer.com/playlist/1342577375



samedi 2 avril 2016

INTERVIEW VIDEO: BAPTISTE LECAPLAIN débriefe après son spectacle "Origines" !




La première fois que je vous avais parlé de Baptiste Lecaplain, c'était fin décembre, et c'était le premier écart du blog, le premier article hors littérature: http://etincellesdeplume.blogspot.fr/2015/12/un-humoriste-baptiste-lecaplain.html.
Je continue donc dans cette lignée: élargir la ligne éditoriale du blog en m'intéressant à la culture en général: cinéma, théâtre, humour... 
Et je rajoute aux articles des vidéos !
C'est le cas avec cette interview de Baptiste Lecaplain, que j'ai réalisée après son spectacle au Théâtre-Le-Rhône à Valence le 16 mars.

Une quinzaine de minutes en tête en tête avec Baptiste Lecaplain, une opportunité qui me semble encore iréelle !
 C'est un acteur et un humoriste qui m'a fascinée l'été dernier, lorsque je l'ai découvert sur scène à Avignon, et voilà que quelques mois plus tard, il accepte avec enthousiasme de m'accorder un peu de son temps.
Je souhaite tout d'abord le remercier, car ce fut compliqué de trouver un moment pour réaliser cette interview. Merci beaucoup également à la famille Chabran pour leur accueil chaleureux au Bistrot des Clercs, où j'ai pu posé ma caméra.



Baptiste Lecaplain est actuellement à l'affiche du nouveau film de Lucien Jean-Baptiste "Dieumerci !", que je vous conseille grandement. Une histoire d'amitié et de vie, sur fond de théâtre: une comédie légèrement dramatique, où excelle Baptiste Lecaplain !
Il est également en tournée pour son second spectacle "Origines". Je l'ai vu deux fois et je ne m'en lasse pas, son humour et ses mimes sont hilarants et touchants!






N'hésitez pas à partager cette vidéo si elle vous a plu,
et à bientôt pour une prochaine interview !