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dimanche 31 janvier 2016

Bilan du mois de janvier 2016



Un début d'année tout en douceur : 5 lectures, 1277 pages lues, 7 articles sur le blog, et un salon du livre, celui de St-Paul-Trois-Châteaux!



-La langue des bêtes de Stéphane Servant (chronique à venir)
-On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset (chronique à venir)

Un autre article...

En janvier, je vous ai présenté le conte d'Alice au pays des merveilles vu par les illustrateurs,  en comparant la version de Rebecca Dautremer et celle de Benjamin Lacombe, deux magnifiques albums!

(illustration de Benjamin Lacombe)

Les citations du mois

"On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière; et on se dit: "J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui."" 
On ne badine pas avec l'amour de Musset, scène VIII

"La vie trépigne, affole nos poitrines et nous pousse plus loin. Qui sait si nous serons vivants demain?"
La langue des bêtes de Stéphane Servant, p.387

En février...

 Je me suis inscrite à un challenge lecture pour le mois de février, créé par Audrey du blog et de la chaîne booktube Le souffle des mots, et qui s'intitule "Petit mois: petites lectures". Vous pouvez vous y ajouter sur la page Facebook

Voici ma sélection:
-1984 de George Orwell
-La mafia du chocolat de Gabrielle Zevin
-Mémoire d'une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir
-Maus d'Art Spiegelman
-Persepolis de Marjane Sartrapi

Sachant que les vacances sont comprises dans ce mois, je pense (et j'espère!) dépasser cette PAL minimum. Je rajouterai sûrement des pièces de théâtre, car elles se lisent rapidement.

Je vous souhaite un excellent mois de février, riche en lecture et en découvertes! 
Une surprise arrive sur le blog dans peu de temps, alors restez connecté! ;)

mercredi 27 janvier 2016

La fille de Modigliani de Françoise Peyret




La fille de Modigliani de Françoise Peyret,

parution en 2015, 110 pages, éditions Les découvertes de la Luciole,

10,50 €, ISBN : 979-10-90255-03-6



Synopsis :



Etienne trouve que Mila, son amie, ressemble de façon troublante à un portrait réalisé par Amedeo Modigliani cent ans plus tôt. C’est pourquoi il l’entraînera sur les traces du peintre à Paris, puis à Nice où Modigliani a passé les derniers mois de la Grande Guerre.

Comme en écho à ce passé révolu, celui de Mila va ressurgir et entraîner le lecteur jusqu’aux hivers blancs de Saint-Pétersbourg.

Dans ce nouveau roman, l’auteur de Comme un arbre sous le vent continue d’explorer le thème de l’identité à travers un mystérieux tableau et un personnage en quête de ses racines.

Mais qui regardons-nous en observant un portrait qui nous dévisage ? La peur du vide est-elle plus forte que le vertige de la découverte ?



Mon avis :



En cours de français, Mila et son meilleur ami Etienne étudient un tableau de Modigliani, La fille aux tresses, dont le modèle ressemble étrangement à Mila. Le doute s’insinue alors dans l’esprit très curieux d’Etienne : pourquoi cette ressemblance si troublante entre son amie et cette jeune fille peinte en 1917 ? Avec l’aide de la sœur d’Etienne, Lili, étudiante à Paris, ce duo se lance dans une quête d’identité, entre Paris, les musées, Nice, et les souvenirs de Mila.



Au fil de leurs pérégrinations et de leurs découvertes, leur relation évolue, ainsi que leur regard sur le monde et sur leur vie. Ils en ressortent grandis comme dans tout roman initiatique. Celle-ci se fait à travers des voyages, des rencontres, ainsi que par le récit de souvenirs.

Cette histoire montre que les réponses que l’on cherche se trouvent souvent plus près de soi que l’on ne l’imagine.



Ces jeunes adolescents sont très différents l’un de l’autre: Etienne est drôle, il regorge d’idée, tandis que Mila est plutôt mystérieuse et douce. Leurs caractères marqués permet au lecteur de s’identifier rapidement, et de trouver son compte dans chacun de ces personnages.



La plume de l’auteure rend accessible l’histoire à de jeunes lecteurs d’autant que l’ouvrage ne fait que 110 pages. Cela n’enlève rien au plaisir que j’ai pris à lire ce roman, même s’il est vrai que j’ai été frustrée par la faible longueur de certains passages que j’ai trouvés exotiques et captivants.

En effet, j’avais envie d’en savoir plus sur leur périple à Paris avec Lili, une jeune femme au rôle secondaire, mais qui, de par sa vivacité et son engagement, apporte un véritable rayon de soleil sur ce récit… ou encore, leur passage à Nice, parenthèse enchantée où Etienne et Mila rencontre Maurice, un grand-père qui a fréquenté le peintre Modigliani, une rencontre qui éclairera ce sombre passé.

Le lecteur aimerait que ces passages restent en bouche et dans son esprit plus longtemps. Tous ces lieux et personnages qui se croisent sont des mines d’informations que le récit ne fait qu’effleurer.



J’ai beaucoup aimé les histoires parallèles des deux adolescentes, séparées par presqu’un siècle : le récit de Mila en 2010 et les lettres d’Angèle, destinée à son père disparu, en 1918.

La partie épistolaire ajoute à ce récit une ampleur dramatique et mystérieuse, le rendant plus fragile, plus touchant, plus triste aussi. Ces passages très personnels et intimes, qui traitent d’une période historique aussi importante que la Première Guerre Mondiale, apportent au récit une richesse supplémentaire !



Ce roman est très intéressant, d’un point de vue narratif, avec l’alternance des époques (2010/1918) et des genres (récit/lettre).

C’est une bonne lecture et un récit initiatique émouvant, qui explore la quête d’identité à travers les souvenirs et la rencontre de personnages de différents horizons et de différents âges que l’auteure peint avec justesse au fil des pages.

dimanche 24 janvier 2016

The Hunger Games de Suzanne Collins



"Tomorrow will be more hopeful than this awful piece of time we call today." 
p.284 


The Hunger Games de Suzanne Collins,
parution en 2008, 454 pages, éditions Scholastic,
7.99 £, ISBN: 978-1-407109-08-4

Synopsis:

Winning will make you famous. Losing means certain death.

In a dark vision of the near future, twelve boys and twelve girls are forced to appear in a live TV show called the Hunger Games. There is only one rule: kill or be killed.

When sixteen-year-old Katniss Everdeen steps forward to take her sister's place in the games, she sees it as a death sentence. But Katniss has been close to death before. For her, survival is second nature.

Mon avis:

The Hunger Games est le deuxième roman que je lis en VO anglaise, après avoir lu cette trilogie il y a quelques années en français, et en connaissant l'adaptation cinématographique.

Hunger Games est une dystopie qui connaît un immense succès! Mais qu'est-ce qui fait sa renommée planétaire?
Il me semble que le succès de cette saga réside dans l'addition de deux éléments contradictoires : d'un côté, le lecteur se reconnaît dans les personnages, car ce sont des adolescents, qui font face à des sentiments semblables aux nôtres. Il y a des histoires d'amour, des dilemmes. Le cœur du roman est une histoire d'image que l'on renvoie de soi à ses proches, par l'intermédiaire d'un écran, mais aussi l'image que la société veut renvoyer de nous, nous emprisonnant dans des diktats. 

D'un autre côté, ces adolescents vivent dans une société futuriste. On retrouve certains éléments de notre société actuelle, qui sont grossis de manière apocalyptique
Sur les ruines des anciens États-Unis, rebaptisés Panem, le peuple est divisé en douze districts, chacun étant responsable de la production d'un secteur particulier: produits de luxe, charbon, électricité... 
Depuis qu'une rébellion a divisé leur pays il y a plus de 70 ans, et dans un (ironique et cynique) souci de mémoire, le gouvernement (le Capitole) oblige chaque district à fournir par tirage au sort une fille et un garçon chaque année. Ils sont 24 au total, et doivent se battre jusqu'à la mort pour qu'il n'en reste plus qu'un, le vainqueur.
Voici Hunger Games. Une télé-réalité que les habitants sont obligés de regarder. Des adolescents enfermés dans une arène (tantôt glace, tantôt forêt bruissante de pièges) qui font face à la mort, à la violence, au combat, au besoin de tuer pour survivre, et aux manigances du Capitole, à coup d'animaux génétiquement modifiés par exemple, pour parvenir à leurs fins.
Car ces jeux de la faim ne sont qu'un prétexte pour divertir les habitants riches du Capitole, et un message de propagande à la gloire du pouvoir immense du gouvernement de Panem. Ce pouvoir est animé par une idéologie totalitaire, qui vise à régner par la terreur sur des habitants parqués dans leur district, réduits au statut d'esclaves, chosifiés jusque dans leur mise à mort ultra-médiatisée.
Katniss, l'héroïne, devient une véritable résistante. Provenant du district 12, elle se fait rapidement remarquer par les autres tributes (les participants à ce jeu) et par le gouvernement, lorsqu'elle se porte volontaire pour la 74ème édition d'Hunger Games, ne voulant pas laisser partir sa jeune sœur, tirée au sort.

"Destroying things is much easier than making them." 
p.255


Une fois la partie de l'arène arrivée, je fus réellement captivée par l'intrigue. Tous les éléments de ce roman s'étoffent à ce moment: les personnages, la plume de l'auteur, avec un vocabulaire plus riche et des détails du décor qui aident à accrocher l'attention du lecteur. 
L'arène est un véritable huis-clos, où les personnages se retrouvent confinés, et sont confrontés à des vérités qu'ils ne peuvent plus repousser. Ils doivent les affronter, face caméra. La dimension psychologique des personnages est un élément que l'auteure a beaucoup approfondi: leurs sentiments et leurs émotions qui, une fois dans l'arène, changent du tout au tout par rapport à la vraie vie amène à se poser des questions: où se situe la limite entre ce que l'on montre de soi pour être stratégique, et nos réelles envies et pensées? Quelles en sont les répercussions pour nos proches, ceux qui comptent vraiment sur nous, et pour nous?

Le premier tome de cette trilogie crée une atmosphère addictive, qu'on ne peut qu'avoir envie de retrouver dans les tomes suivants.
Pour ceux qui hésiteraient à lire en VO, je vous conseille ce roman, car le vocabulaire spécifique à Hunger Games est vite assimilé, et dans l'ensemble, c'est une lecture facile.

 The Hunger Games est une vision apocalyptique de ce que pourrait devenir notre monde, une histoire trépidante qui regorge d'éléments qu'on peut analyser sous différents angles de vue, politiquement parlant.

 C'est une société contrôlée de manière totalitaire, où propagande, censure et usage systématique de la violence dominent!

mercredi 20 janvier 2016

En finir avec Eddy Bellegueule d'Édouard Louis


"Il fallait fuir.
Mais d'abord, on ne pense pas spontanément à la fuite parce qu'on ignore qu'il existe un ailleurs. On ne sait pas que la fuite est une possibilité. On essaye dans un premier temps d'être comme les autres, et j'ai essayé d'être comme tout le monde." 
p.154



En finir avec Eddy Bellegueule d’Édouard Louis,
parution en 2015, 218 pages, éditions Points,
ISBN: 978-2-7578-5297-2


Synopsis:

En vérité, l'insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n'a été que seconde. Car avant de m'insurger contre le monde de mon enfance, c'est le monde de mon enfance qui s'est insurgé contre moi. Très vite j'ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n'ai pas eu d'autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.

Mon avis:

En mai dernier, une adaptation en pièce de théâtre de En finir avec Eddy Bellegueule, mise en scène par Richard Brunel, avait été créée dans ma ville. Je n'avais pas pu y assister, mais j'en avais beaucoup entendu parler. Dès ce moment-là, j'ai eu très envie de lire ce roman, traduit dans une vingtaine de langues.
Ce n'est que maintenant, alors qu'est sorti depuis peu le second ouvrage d’Édouard Louis Histoire de la violence, que je me suis enfin attelée à cette lecture. 


Ce roman est le récit de l'enfance d’Édouard Louis (dans les années 1990-2000, en Picardie), qui commence par une entrée en matière abrupte et profonde, comme le montre la première phrase: "De mon enfance je n'ai aucun souvenir heureux.". 
Le jeune adolescent Eddy Bellegueule (il a changé de nom en 2013) a 10 ans au début du récit, et il vient d'entrer au collège. La violence et la notion d'homosexualité, deux "thèmes" clés de ce roman, maintes fois retournées, exploitées, disséquées, sont abordées dans les premières pages, en guise d'introduction et de porte d'entrée dans la vie tourmentée d'Eddy. 

L'introduction, et les évènements qui y sont relatés, reflètent avec exactitude le ton du roman et le genre de situations auxquelles sera confronté Eddy Bellegueule (même si nous ne sommes pas au bout de nos surprises). Cela nous donne une sorte d'avant-goût amer et terriblement attirant, grâce à l'indéniable talent littéraire d’Édouard Louis qui, avec des mots qui repoussent et dégoûtent, parvient à nous captiver.

Le récit enchaîne avec la description de sa famille, membre par membre, et de l'environnement dans lequel Eddy Bellegueule a évolué. Des sortes de thématiques qui rythment le roman, et qui rendent ce roman autobiographique et classé "récit d'enfance" à son premier objectif, celui de tenter de comprendre son enfance et ses origines, comme il l'explique sur la quatrième de couverture.

"Elle ne comprenait pas que sa trajectoire, ce qu'elle appelait ses erreurs, entrait au contraire dans un ensemble de mécanismes parfaitement logiques, presque réglés d'avance, implacables. Elle ne se rendait pas compte que sa famille, ses parents, ses frères, sœurs, ses enfants même, et la quasi-totalité des habitants du village, avaient connu les mêmes problèmes, que ce qu'elle appelait donc des erreurs n'étaient en réalité que la plus parfaite expression du déroulement normal des choses." p.64

Des descriptions d'agressions, terriblement difficiles à lire -impossible de s'imaginer les subir-, jalonnent le récit et font partie des particularités de ce roman autobiographique.
Effectivement, les procédés littéraires qu'utilise cet écrivain sont nombreux: il n'y a pas de dialogue, les paroles sont glissées au fil du récit, sans autre distinction que le fait d'être en italique (vous pouvez le remarquer dans la citation ci-dessous).

 "Ma mère qui disait (aussi) Les maux de dos dans la famille c'est génétique, et après avec l'usine c'est dur sans s'apercevoir que ces problèmes étaient non pas la cause, mais la conséquence du caractère harassant du travail de l'usine." p.37

L'horreur des mots et des images m'a fait perdre le sommeil quelques heures.
Une enfance terrible que j'ai grand peine à imaginer, tant elle est loin de ce que j'ai vécu, et de ce que l'on peut voir en ville aussi.
Puis, finalement, durant l'épilogue, l'envie d'en savoir plus a pris le dessus sur le dégoût... L'envie d'en savoir plus sur cet enfant des campagnes homophobes et racistes, qui a osé et a réussi à échapper à ce qu'il décrit comme un véritable système, le broyant ontologiquement. 
Son nouveau roman va bientôt rejoindre ma P.A.L, c'est certain. 



 Un roman autobiographique troublant, qui ouvre et creuse des sujets particulièrement sensibles, sur l'homophobie, sur les déterminismes sociaux, et sur ce garçon, qui après s'être plié à la violence et à l'intolérance de son milieu, trouve le courage de fuir et de se construire, enfin.



Site d’Édouard Louis: http://edouardlouis.com/
Replay de l'émission "La grande librairie" du 07/01/16, où Edouard Louis a présenté son roman "Histoire de la violence": http://www.france5.fr/emissions/la-grande-librairie/diffusions/07-01-2016_446618

mardi 12 janvier 2016

Alice au pays des merveilles, vu par les illustrateurs


(tumblr)

Un conte a été particulièrement mis à l'honneur cette année, notamment au Salon du Livre de Montreuil, par une exposition, "Wonderland, la logique du rêve", en raison des 150 ans de l’œuvre.
Hé oui, il s'agit bien d'Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll!
 Disney nous impose sa vision de cette histoire, mais qu'en est-il des illustrateurs? 
Quel regard portent-ils sur ce conte universel?
Découvrons et analysons deux versions de ce conte, par des illustrateurs français, Benjamin Lacombe, qui vient de sortir une magnifique édition de ce conte, et Rebecca Dautremer, illustratrice d'un tout aussi splendide album datant de 2010.
Je vous invite à lire leur interview sur le site du Salon du Livre de Montreuil, car ces illustrateurs y expliquent avec beaucoup de précision leur impression vis-à-vis de cette œuvre et leur interprétation différente.

J'apprécie particulièrement les réponses de Rebecca Dautremer, car elle explique très justement ce que beaucoup de lecteurs et moi-même ressentons par rapport au texte de Lewis Carroll: une impression de malaise face à cette histoire sans queue ni tête. 
Pour ma part, je lis avec plaisir ce conte  jusqu'au chapitre 9. Après, la tortue fantaisie et autres, c'est trop, je lâche l'affaire. Je n'y trouve plus aucun sens, les personnages sont beaucoup moins intéressants que le ver à soie, ou encore le chapelier fou. L'intrigue se perd dans un grand déballage de personnages animaliers, et l'absurde prend le dessus. Cette histoire me laisse un goût amer, je repose le livre presque dégoûtée.
Et pourtant...! On peut sans difficulté y trouver des double sens: personnage sous l'influence de drogues, hallucinations... Vu comme ça, au revoir le conte pour enfant, et bienvenue dans le Londres underground! 
Justement, je trouve que les dessins de Benjamin Lacombe approfondissent énormément ce côté de l'histoire: Alice en jeune fille pâle, mi-innocente mi-provocante, lapins aux yeux injectés de sang, transformations inquiétantes...





Alice au pays des merveilles par Benjamin Lacombe

Editions Soleil, collection Métamorphose, 
287 pages


Avec la version de Benjamin Lacombe, j'ai ressenti ce besoin d'être rassurée par ce livre-objet. Lors de ma lecture, je le prenais, respirais l'odeur des pages, puis je me perdais dans les motifs, les illustrations en noir et rouge au bord des pages, la petite écriture fine, les pages, le léger craquement de la couverture à l'ouverture et à la fermeture...
 Un culte, une admiration que je lui porte comme je le ferais avec un précieux manuscrit recélant des secrets.

http://www.bdgest.com/preview-1841-BD-alice-au-pays-des-merveilles-illustree-par-benjamin-lacombe.html?_ga=1.28955836.1655016506.1447262949 

Le texte est indispensable; on ne peut pas uniquement regarder les illustrations, car il n'y a pas énormément de vues d'ensemble, de lieux montrés dans leur intégralité. Comme les personnages font penser à ceux de Disney, j'ai imaginé un univers à peu près semblable.
Autour du texte, dont la taille évolue en fonction de la taille d'Alice (entre autre), sont disposées des illustrations en noir et rouge représentant les personnages principaux ou certains éléments du décor. Des doubles pages avec rabats montrent des plans (le plus souvent) rapprochés d'Alice, lorsqu'elle se met à grandir démesurément, dans une maison par exemple.
J'ai remarqué qu'il n'y avait pas beaucoup de visions d'ensemble, mais plutôt des portraits, les éléments les plus importants qui s'égrènent au fil des pages.

C'est une vision assez sombre, et angoissante, que nous livre l'illustrateur.
Cette accumulation de personnages aux joues creusées et au visage pâle entraîne le lecteur dans une galerie cauchemardesque.
 Les couleurs et le choix de plans et des rabats instaurent, plus qu'un univers très précis, une ambiance diffuse à la cruauté prononcée.

Les annexes à la fin de cette édition constituent un réel "bonus", qui nous fait découvrir les correspondances entre Lewis Carroll et Alice Lidell ou d'autres petites filles, ainsi que les photographies de celles-ci par Lewis Carroll (d'ailleurs vraiment ambiguës...)
Elles sont suivies des "Notes & Notices": les jeux de langage d'Alice, la bibliographie de Lewis Carroll, la chronologie... 


(la dédicace de Benjamin Lacombe, à destination de mon père, au Salon du livre de Montreuil 2015)


Alice au pays des merveilles de Rebecca Dautremer,

Editions Gautier-Languereau, 139 pages

La version de Rebecca Dautremer est très différente de celle de Benjamin Lacombe.
Son dessin, les couleurs qu'elle utilise, et même le format du livre et la mise en page donnent une tout autre impression de ce conte.
En effet, les couleurs sont claires, et tendres. Alice n'est plus la jeune bourgeoise aux cernes creusés et aux cheveux blonds, mais une enfant ressemblant à la vraie Alice Lidell, carré châtain, l'air sauvage. 


Le texte est quasiment facultatif, car l'on pourrait rester des heures sur chaque décor. Contrairement à Benjamin Lacombe, Rebecca Dautremer privilégie sa réinterprétation de l'univers d'Alice, un monde doux, grand, qui laisse rêver, sans possibilité de cauchemarder...
Pour moi qui ai du mal avec l'univers oppressant et malsain d'Alice, Rebecca Dautremer a réussi à sortir ce personnage de son monde habituel pour la "téléporter", quelque peu modifiée, dans un décor colorée, agréable à regarder, et totalement inédit!

http://www.bedetheque.com/BD-Alice-au-pays-des-merveilles-Dautremer-Alice-au-pays-des-merveilles-131069.html


Lire cette version est une grande bouffée de fraîcheur, de beauté... Les dessins de Dautremer ne semblent tenir que sur un fil, en équilibre dans ce monde merveilleux.


Ce conte peut donc être vu sous différentes angles, et les personnages peuvent se détacher de l'image que leur a donné Disney. 
Ces deux albums sont magnifiques, et je ne saurai les départager!
Ces deux illustrateurs ont chacun un style très personnel que j'apprécie énormément.
 D'un côté, Benjamin Lacombe et ses personnages diaboliques et fascinants, de l'autre, Rebecca Dautremer, révolutionnaire, qui réinvente avec tendresse ce conte si codifié dans nos esprits.

jeudi 7 janvier 2016

1,2,3...Foulard d'Eric Sanvoisin

"Dans le baiser de la Mort,
Il y a de l'amour,
Qui t'emporte..."
p.111


1,2,3...Foulard d'Eric Sanvoisin, 
parution en 2014, 149 pages, éditions Gründ,
ISBN: 978-2-324-00868-9

Synopsis:

"Certains l'appellent le jeu du foulard. Nous, on préfère le jeu des étoiles filantes. C'est plus fidèle à la réalité. Car des étoiles, on en voit des tonnes!"
Pendant une seconde, je me suis interrogée sur le possibilité que le voyage soit sans retour. J'avais les mains moites. J'ai cherché le regard de Jordan. Son sourire m'a rassurée.

Mon avis:

Je savais que cette lecture allait être douloureuse, et pourtant je ressentais un besoin très fort de le lire, de me mettre devant ces mots et de tenter de les digérer.
J'ai été happée par ces jeunes collégiens, cruels et fascinants à la fois.

Charlotte est une enfant en recherche d'amour: un sentiment auquel on peut tous s'identifier, un sentiment par lequel on passe souvent dans notre vie. 
Mais les frontières sont minces, et elle était un peu trop fragile, et le clan des étoiles filantes un peu trop secret, un peu trop attirant à ses yeux. Et l'amour, brutal, nouveau, incontrôlable, l'aurait fait accepter n'importe quoi.
Du haut de leurs 12 ans, ces jeunes collégiens utilisent le jeu des étoiles, qui consiste à retenir sa respiration, jusqu'à s'évanouir et voir des étoiles, comme une drogue. Roman destiné à la jeunesse? Mais qui parle d'un "simple" jeu comme il le ferait d'une secte. Le gourou, Jordan, garçon séduisant mais inaccessible, crée le clan des étoiles avec des gens de "confiance", dans le plus grand des secrets. Ils partent en voyage, tour à tour. Ça fait mal, mais ils continuent. 
Charlotte, timide et mal dans sa peau, change du jour au lendemain après son premier voyage dans les étoiles, car elle a l'impression qu'une relation de confiance s'instaure entre elle et les autres du clan des étoiles. Une forme d'addiction se forme, liée à ce qu'on ressent et liée aux personnes qui nous accompagnent dans ce voyage. Le groupe est un élément majeur dans ce roman, car c'est un élément majeur au collège.

Mais surtout, ne jamais s'étrangler seul. Sauf que s'ajoutent à ces séances du jeu des étoiles filantes les problèmes au collège, les trahisons (sa mère biologique qui reprend contact)... J'aurais voulu pouvoir secouer Charlotte, lui dire de se réveiller, de ne plus faire ça pour les beaux yeux de Jordan, personnage qu'on sent tellement dangereux. En même temps, je ne peux que comprendre les raisons qui la poussent à continuer ce jeu. Car en approchant de la Mort, même de très près, tout ce qu'elle ressent, ce n'est pas la peur, mais la vie, et surtout l'amour, plus que jamais présent.


Ce qui a gêné pas mal de lecteurs, à en croire les chroniques que j'ai lues, ce sont les éléments "peu crédibles", comme les rapports entre adolescents, ou encore le fait que le personnage principal soit une enfant au lourd passé, alors que tous peuvent être confrontés à ce jeu. Certes.
Mais pour moi, il y a une sorte de double récit. D'un côté, Charlotte, en famille d'accueil, qui fait son entrée au collège, mal dans sa peau. Elle est attirée par ce groupe secret, "le clan des étoiles", et ne comprend pas, n'arrive pas à distinguer le bien du mal. Elle est aveuglée. 
Ce n'est pas tout, car en filigrane, ces adolescents censés être en 6ème-5ème, pourraient tout aussi bien être en début de lycée. 
Et je ne vois pas cela comme un défaut, mais comme une prouesse littéraire! On sent bien la complexité des personnages, leur personnalité qui se dévoile. Je pense qu'Eric Sanvoisin a voulu écrire un roman pour la jeunesse, pour mettre en garde contre un jeu de cour de récréation, mais en élevant le débat. Il y incorpore des éléments semblables à ceux que l'on trouve dans les romans young adult (parlant le plus souvent de lycéens/jeunes adultes), et dans ceux qui traitent des drogues, sectes... 
Pour moi, c'est un roman à double message. 

Qu'ils aient 12 ou 17 ans, les dialogues, les situations, auraient été les mêmes. Le jeu (ici le jeu des étoiles), peut-être pas. Les ressemblances avec la prise de drogue et/ou d'alcool, ou tout autre activité dangereuse, qui met dans un état second, se glissent au fil du récit.

Eric Sanvoisin utilise le jeu du foulard pour parler du besoin de prendre des risques, de ressentir des sensations fortes, d'approcher la Mort de très près, pour se sentir vivant. 
Je pense que les lecteurs qui disent que les rapports entres jeunes collégiens ne sont pas comme le montre ce roman, ont raison et tort à la fois.
D'un côté, oui, ce n'est pas l'image que l'on a d'habitude des collégiens, et ces rapports peuvent être aussi très présents au lycée. 
Néanmoins, il se passe beaucoup de choses au collège. Oui, on peut vivre un amour fort et démesuré, on peut se mettre en danger, des élèves peuvent être instables... Ne vous fiez pas aux apparences et prenez ce roman comme il vient.


"Je voulais qu'on m'aime... Là, tout de suite, et pour toujours." p.96



Il m'a fait penser à un film actuellement au cinéma, Le Nouveau. Plus pour la cruauté de certains élèves que pour le cœur du sujet de "1,2,3...Foulard", qui n'est pas présent dans ce film; mais il me semble qu'ils se complètent assez bien. En tout cas, je vous le conseille car il est cruel, tout en restant léger. Une drôle d'ambiance, assez réaliste.



Un roman qui traite d'un sujet sensible de manière incisive et profonde.
Une histoire vertigineuse, qui pourra rappeler d'amers souvenirs aux actuels et anciens collégiens/lycéens. 

mardi 5 janvier 2016

Solange te parle de Solange/Ina Mihalache

"On t'aime.
Ne t'en fais pas une montagne, ce n'est pas un serment ni une déclaration, c'est
juste: j'avais envie que tu saches."
p.58


Solange te parle de Solange/Ina Mihalache, 
parution le 6 janvier 2016, 173 pages, éditions Payot,
ISBN: 978-2-228914512, Service de presse

Synopsis:

Solange te parle, ce sont les choses de la vie et c'est addictif. De l'art d'accueillir une bonne nouvelle à la nécessité de savoir dire "Je t'aime", d'un éloge hilarant du pénis à une réflexion sur la société narcissique, Solange, fausse neurasthénique et vraie timide, mi-ingénue mi-démon, parle du droit à la différence, du corps et du désir, de l'inadaptation, de la pornographie, de la solitude, de la génération des digital natives. C'est très drôle, insolent et ça pousse à penser. Sur Youtube, ses vidéos ont été vues plus de quinze millions de fois.

Mon avis:



Je suis tellement frustrée d'avoir lu si vite ce livre!
 
Merci aux éditions Payot pour l'envoi de cet ouvrage.

Ce roman me laisse un souvenir très doux. Ce sont en fait des thèmes, déjà abordés dans les vidéos de l'auteure, qui sont ici repris, comme "les SDF", "dire je t'aime".
Si vous regardez régulièrement sa chaîne, ce qui est abordé dans ce livre ne vous sera pas étranger, bien que ce soit plus approfondi à l'écrit.
La manière de parler de Solange étant déjà très littéraire, la lire n'est pas trop dépaysant; mais cette démarche apporte une sorte d'intimité entre le personnage de Solange et le lecteur, un peu comme si l'on discutait avec elle des différents aspects de la vie, d'une manière à la fois touchante et déconcertante.
Ce ressenti est accentué avec la présence d'une question, à la fin de chaque petit chapitre, "Et toi, comment fais-tu pour [...]?".

Ce roman s'adresse aussi à ceux qui ne l'apprécient pas forcément, car elle parle beaucoup de sa manière spéciale de parler, du fait qu'elle peut mettre mal à l'aise. Je pense que lire ses mots sans la voir peut être une façon de mieux la comprendre, de surtout l'accepter, et de pouvoir regarder ses vidéos par la suite.
Le texte épure sa manière d'être, tout en accentuant le contenu et la réflexion. Le superflu (mais sa voix et sa gestuelle si particulières sont-elles vraiment superflues?) est retiré, le fond est donc mis en valeur. 

J'attends à présent avec impatience son prochain roman, que j'espère plus approfondi encore! Car les chapitres sont tout de même très courts, surtout au début, et c'est assez déstabilisant. C'en est presque gênant, car l'auteure nous fait entrer, à sa manière très personnelle, dans un pan de sa vie, avant de conclure quelque pages plus tard seulement. L'impression qu'elle partage trop de choses éclectiques et sur une durée trop courte est très présente.
J'aurais aimé que ma lecture dure des jours et des jours, tant ses propos sont intéressants, nouveaux, étranges.

A la fin, il y a une soixantaine de révélations sur sa vraie vie, sur elle, sur ce qu'on perçoit en filigrane dans ses vidéos. Il est posé la question suivante: "Laquelle tu préfères? Solange ou Ina? Ina ou Solange? C'est toi qui décides."
C'est une question qui amène à une réflexion post-lecture, une fois que nous avons toutes les cartes en main, toutes les informations la concernant. Qui est-elle vraiment? Comment se montre-t-elle? Est-ce qu'elle nous offre sa vraie personnalité ou construit-elle sans cesse un personnage?
C'est  quelque chose qui semble gêner un peu le public, d'apprendre que Solange est une construction, quasiment une performance artistique dans ses vidéos. 
Or, les autres Youtubeurs sont censés être eux-mêmes: en cela elle casse les codes.
Cette ambiguïté est bien exposée dans le livre; elle en parle avec beaucoup de recul.
Solange/Ina a ce don de voir les choses en douceur, en décortiquant chaque partie de la question, comme lorsqu'elle se décrit, membre par membre. C'est d'ailleurs une manière introspective assez dérangeante au début, mais tout à fait passionnante.

Je vois ce livre comment une passerelle entre ses vidéos et le monde extérieur, entre Solange et Ina. Une invitation qu'elle offre au lecteur, de venir partager un (trop court) instant avec elle et ses pensées.

J'en attendais un peu plus, mais je ne suis pas déçue: Solange a réussi à me rendre accro à sa façon de voir le monde, et surtout, la façon qu'elle a de l'exprimer!
Ce recueil de textes  ne peut que renforcer l'idée qu'elle est unique, et qu'elle a beaucoup de talent. Je lui souhaite d'avoir du succès entre ce livre et son film, "Solange et les vivants", que j'espère voir rapidement.


vendredi 1 janvier 2016

Dans le désordre de Marion Brunet

"Il a laissé traîner des bouquins près du lit, comme un filon d'or qu'il imagine salvateur.
Sa façon à lui de tendre des perches entre elle et la vie. Elle a envie de les déchirer, ces livres. Envie de les insulter comme des humains, pour leur dire, justement, qu'ils ne le sont pas."
p.219

Dans le désordre de Marion Brunet,
parution le 6 janvier 2016, 251 pages, éditions Sarbacane (collection Exprim')
ISBN: 978-2-84865-820-9, Service de presse


Synopsis:

Ils sont sept.  
Sept qui se rencontrent en manif, dans la révolte, dans le désordre, refusant la vie qu'on leur impose. Ils décident de vivre ensemble, en squat et en meute.
Et au cœur de la meute, il a y Jeanne et Basile, qui découvrent l'amour, celui qui brûle et transporte.

Mon avis: 

Marion Brunet, c'est Frangine, c'est La gueule du loup... Des romans puissants et engagés, des coups de cœurs dont on se souvient des années après! Début décembre, je l'ai enfin rencontrée au Salon du livre de Montreuil, et je l'ai vraiment appréciée: que ce soit en conférence ou en dédicace, elle explique très clairement ses intentions! 
Avant de la revoir en chair et en os, j'espère par cette chronique lui transmettre les émotions que j'ai ressenties grâce à sa plume, grâce à ses mots: cet engagement qu'est d'écrire un roman, j'aimerais le lui rendre mot pour mot.

 Lors de la dédicace, Marion Brunet a marqué dans ce livre: "en espérant que ce désordre-là t'inspire".
Oui, ce désordre-là m'inspire, Marion Brunet. Il m'inspire des sentiments contradictoires, il me révolte et me fait fondre. Il me fait vivre. Il m'anime. Il me fait pleurer, rire et rêver.
C'est un roman sur la vie, car la vie, c'est prendre des risques, casser et créer des liens, partir, revenir, aimer, se battre, s'engager, donner, et aimer surtout.

"Faudra se décider, hein. Parce que la vie, ça passe."
p.87

Voila à quoi se résume l'histoire de cette meute de 7 personnages. Mais une question subsiste: jusqu'où va l'engagement, la bataille? La quête de justice, de paix et de liberté? Lorsque cette recherche d'idéal se transforme en guerre et prend des dimensions enivrantes, mieux vaut ne pas trop se laisser emporter. 
Dans le désordre, ces jeunes adultes en pleine recherche d'un mode de vie à leur image, d'une existence pleine et épanouie, se fichent de ces précautions. Ils n'ont pas grand-chose et en sont fiers, car ils privilégient l'humain et l'ivresse, le vertige d'une vie en marge; donc une vie plus libre et débarrassée de ses diktats de la société. 
Mais parfois, peut-être faut-il savoir se préserver et ne pas aller sur le champ de bataille, pour éviter de tomber de haut, de trop haut.

"En elle les voix de ses amis, cris de douleur et rires explosifs le soir de leur installation.
En elle le frisson contagieux de la foule en colère, et qui chante. 
Le frappé régulier des morceaux de fer sur les murs, comme un tambour de guerre.
En elle la guerre, à présent."
p.251


Les autres romans Exprim', ou ceux de Marion Brunet, mettent en scène des personnages qui ont le même âge que le lecteur à lequel il est destiné : ils montrent aux lecteurs une vie qu'ils auraient pu avoir ou des choses qu'ils peuvent faire, à leur niveau.
Mais ici, les personnages sont des "nous" futurs, différentes versions du lecteur et de ce qu'il voudrait devenir, des projections de ce que l'on souhaiterait dans nos rêves les plus fous: arrêter les études, pour s'engager, vivre, même dans la violence et le danger.
Et pourtant, bien que, par son thème (squat, manifestation) ce roman soit ancré dans le réel, il n'est pas juste déchirant ou vivant, il en émane une poésie, une grâce, quelque chose de supérieur.

L'ambiance de ce roman fait un peu "rêver": un groupe soudé et en marge de la société, des anarchistes, qui n'hésitent pas à enfreindre les lois pour vivre libre, et d'une manière poétique. 
Bref, toutes ces choses que l'on n'imaginerait pas faire, et qui pourtant pourraient arriver, comme en témoignent ces personnages qui se retrouvent tous dans un squat, en étant passé par des chemins pourtant classiques (études, faculté).
Ces personnages, venant de milieux sociaux très différents, plaquent tout d'un coup, brusquement. Ils se libèrent et changent, vivent autrement et intensément. Puis, après ce crescendo, ils reviennent à une vie plus calme, mais plus proche de ce qu'ils sont vraiment, et pourtant changés à jamais par cette expérience, par ce bout de vie vécu à mille à l'heure, en équilibre sur un fil.


Un roman à porter haut, à bout de bras, jusqu'au bout du combat, même dans le désordre le plus total.

En espérant que ce désordre-là vous inspire.