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jeudi 22 décembre 2016

INTERVIEW YOUTUBE: Emmanuel Noblet pour "Réparer les vivants"


Je vous présente aujourd'hui une nouvelle interview du comédien/metteur en scène Emmanuel Noblet, qui a adapté le best-seller Réparer les vivants de Maylis de Kérangal dans un bouleversant seul en scène.


Toutes les dates de sa tournée: http://www.opus64.com/evenement/theatre/reparer-les-vivants.html?date=1&lieu=

 Réparer les vivants relate la course folle d'un cœur entre un adolescent mort dans un accident de voiture et une femme condamnée par une maladie cardiaque. 

Je vous conseille évidemment le roman de Maylis de Kérangal car c'est une merveille de finesse, de poésie, d'émotion. On ne peut pas ressortir indemne de cette lecture bouleversante.

Sur scène, Emmanuel Noblet incarne avec brio les nombreux personnages qui se passent sans discontinuer le flambeau fragile de cette épopée humaine et médicale.
Toute la salle est à bout de souffle et les nerfs à vif jusqu'au dernier mot.
Le décor est minimal et cela en est d'autant plus efficace et fort.
Une merveille qui j'espère vous plaira !


Lien de la vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=zD6_MRZTQiQ

Dans la loge de la Comédie de Valence, j'ai pu rencontrer Emmanuel Noblet pour un entretien de tout juste 24 minutes. 
Ce moment riche et chaleureux fut un réel plaisir pour moi et je tiens à remercier l'équipe de la Comédie de Valence qui a permis cette interview, et merci évidemment à Emmanuel Noblet de m'avoir réservé un peu de son temps !

Bon visionnage !

mardi 20 décembre 2016

Samedi 14 novembre de Vincent Villeminot


« C’est vrai parce que tu es belle, disait-il. Des fois, tu me fais croire qu’il existe un ailleurs. Autre chose. De plus beau. »
p.101

 Samedi 14 novembre de Vincent Villeminot
sortie en novembre 2016, éditions Sarbacane (Exprim')
15,50 €, 213 pages, ISBN: 9782848659220
Service de presse
Synopsis :

Le vendredi 13 novembre, B. était à une terrasse. Il a vu les tueurs tirer.
Le lendemain, en quittant l’hôpital, il croise un homme dans le métro…
Il le reconnaît : c’est l’un d’eux.
Alors, sans avoir décidé ce qu’il va faire, il le suit.

Mon avis :

Merci beaucoup aux éditions Sarbacane pour l’envoi de ce roman !

Avec Samedi 14 novembre, je redécouvre encore différemment Vincent Villeminot. Son écriture est simple, mais laisse passer tant de nuances, de poésie, d’espoir entre ses mots qui giflent. Et plus important encore, plus révélateur du message qu’il veut faire passer –du message que j’ai compris-, c’est l’omniprésence de l’amour. Même dans l’horreur, au cœur de la folie humaine, quand il semble impossible d’en repérer, l’amour se tapit dans l’ombre de la haine et surgit dans la lumière.
Peut-être est-ce le credo de Vincent Villeminot : nous démontrer que malgré le chaos le plus total, une étincelle de chaleur humaine peut tout changer.
Car Villeminot fait passer tous les sentiments, toutes les émotions et tous les ressentis par le prisme de l’amour : l’amour que B. porte à son frère Pierre, tué lors des attentats, l’amour que les proches de B. lui portent, la haine qui bout en B. lorsqu’il se met à suivre un de ces terroristes ; haine qui mène à quoi ? Que pourrait-il bien faire une fois le bourreau devant lui ? 

« Même pas peur », même si on pleure.
p.46


L’amour, comme un pansement sur une blessure à vif, l’amour comme s’il résultait d’une colère devenue folie, l’amour-violence pour échapper aux larmes.
Le scénario que propose l’auteur sur le lendemain des attentats est tout à fait inattendu, surprenant. Peut-être peut-on s’interroger sur la nécessité qu’un roman ose faire ce pas dans l’inconnu, qu’un texte prenne un parti-pris aussi sensible.
Je vois cette intrigue comme le résultat d’une envie collective, nationale, un élan d’imagination de vengeance, au-delà même de l’envie de comprendre pourquoi, comment, qui a fait ça.
Passer sa haine, sa violence, sur les bourreaux. Leur faire payer, leur faire subir ce que nous avons tous ressenti comme un viol, comme une abomination. Être face aux tueurs, ces personnes qui restent malgré tout dignes, ayant une famille, un regard, une âme ; et voir jusqu’où nous pourrions aller sous l’emprise d’une douleur qui nous dépasse tant qu’elle nous envahit et déborde.
Se placer face à la réalité, une réalité peut-être plus banale qu’on ne pourrait l’imaginer.

Ce roman est construit autour d’une première partie de violence, d’horreur, puis l’amour prend le dessus, la tension redescend et l’espoir revient. C’est pourquoi ce roman est essentiel pour nous, car il retrace nos pensées, nos cauchemars, notre état d’esprit, et les mille possibilités qui s’offrent à notre humanité.

Alors ils feront l’amour, des heures, des heures. Ils feront du sexe, et puis de l’amour, avec plus de douceur, et puis encore du sexe, comme une guerre, comme on monte à l’assaut, parce qu’il faut bien tout de même mourir contre un corps, et s’éprouver vivants.
p.174

Samedi 14 novembre est l’histoire d’un survivant qui échappe aux morts par la fuite et pour venger son frère, c’est l’histoire de son entourage qui se bat pour vivre, c’est l’histoire de nos ennemis qui ne sont pas si éloignés de nous. 

Un roman sur nous, sur vous, sur les morts et les survivants. Sur la vie qu’il nous faut conserver, et sur l’amour qui renaît malgré la peur. Un texte comme une respiration brute et vivifiante, un cri qui transperce nos cœurs.

vendredi 11 novembre 2016

Les 3 ans d'Etincelles de Plume - Concours avec 14 romans à gagner !



Merci de votre présence sur mon blog, depuis 3 ans à présent, et depuis un peu moins d'un an sur ma chaîne Youtube ! 
C'est avec émotion que j'aimerais revenir sur ces quelques années de vie d'Etincelles de Plume, mon blog littéraire, puis à présent plus globalement artistique,  qui est né un 11 novembre d'une volonté de découvrir l'incroyable monde de la blogosphère. J'étais attirée par ces blogs, par ces articles, par cette liberté d'écrire sur mon ressenti de lectrice.
Et voilà, que trois ans après la première chronique postée - un brin bancale -,  je prends toujours plus de plaisir à parcourir la diversité de la littérature jeunesse, adolescente, contemporaine, classique ! 
Des dizaines de projets, de rêves, d'envies en tête... Et c'est grâce à vous, grâce à mes lecteurs, grâce aux maisons d'éditions et aux auteurs qui me font confiance et qui font confiance à tous ces blogueurs et blogueuses que nous pouvons partager nos mots et nos coups de cœurs. Et que nous sommes entendus, surtout.

Même si ce n'est pas le plus important, même si c'est un indicateur sûrement trop futile pour s'appuyer dessus, je sais que derrière ces chiffres se trouvent de vraies personnes qui me lisent, aiment et commentent mes articles, alors voici quelques-uns de ces chiffres, pour vous remercier de votre nombre qui s'agrandit petit à petit. 
Depuis le tout début, environ 48 000 pages ont été vues sur le blog, pour 304 articles postés. Vous êtes 51 abonnés sur Youtube pour 5 interviews d'auteurs, d'artistes, d'humoristes (si vous ne les connaissez pas, je vous invite à les regarder par-là). 
Sur la page Facebook, 385 petits pouces bleus en l'air, sur Twitter, 278 abonnés qui suivent mes phrases de 140 caractères. Sans oublier Livraddict et Hellocoton, où vous pouvez aussi me retrouver. Sur ces quatre réseaux sociaux, je partage les articles ainsi que d'autres pensées, sur le cinéma et la musique que j'aime, alors n'hésitez pas à me suivre si cela vous intéresse ! 


Merci de votre présence, j'espère que nous continuerons de partager notre passion encore longtemps ensemble !

A l'occasion de ce troisième bloganniversaire, je vous ai concocté, avec l'aimable participation de plusieurs maisons d'éditions, un concours avec 14 romans à gagner ! Pour participer, il vous suffit de remplir le questionnaire en bas de l'article.

Quelques règles sont à respecter pour que tout se déroule au mieux:
  • Une seule participation par personne est autorisée.
  • Aimer la page Facebook ou suivre le compte Twitter ou être abonné au blog (voir sur la colonne de gauche), ou être abonné à la chaîne Youtube.
  • Seuls les formulaires avec une adresse complète seront pris en compte.
  • Envoi réservé à la France métropolitaine.
  • Vous pouvez participer pour le nombre de lots que vous voulez, mais vous ne pouvez gagner qu'un seul livre !
  • J'effectuerai le tirage au sort sur le site random.org
  • En cas de perte de colis par le transporteur, les éditeurs ou moi-même ne pourrons en aucun cas être tenus pour responsables.
  • Durée du concours: du vendredi 11 novembre 2016 au 25 novembre 2016, 23h59 !
  • Pour tout renseignement ou toute question, merci de m'envoyer un mail à etincellesdeplume@gmail.com
Présentation des lots


Les éditions Sarbacane mettent en jeu  Songe à la douceur de Clémentine Beauvais, un roman qui a fait beaucoup parlé de lui à la rentrée ! Vous pouvez retrouver ma chronique en cliquant ici
Vous pouvez remporter le roman Les belles vies de Benoît Minville, l'auteur de Je suis sa fille et de Les géants (lire ma chronique ici).


Toujours aux éditions Sarbacane, le puissant, bouleversant et porteur d'amour Samedi 14 novembre de Vincent Villeminot sur les attentats du 13 novembre, à lire absolument ! Ainsi que Les évadés du bocal de Bruno Lonchampt sur une bande d'amis fous et attendrissants.
Accompagnés de ces lots, vous recevrez quelques marque-pages des éditions Sarbacane !


De la part des éditions l'Ecole des Loisirs, le premier tome de la délicieuse et hilarante série de Marie-Aude Murail Sauveur & Fils (retrouver ma chronique en cliquant ici).
Les éditions du Rouergue vous font gagner le roman Fils d'Antigone d'Irène Cohen-Janca, réécriture du mythe d'Antigone par une grande auteure.

Les éditions Albin Michel mettent en jeu Riquet à la houppe de la célèbre Amélie Nothomb, qui signe ici son 25ème roman !


Pour terminer sur une note colorée et sucrée, voici les lots que j'envoie personnellement: Rouge bonbon (en épreuves non corrigées, c'est-à-dire avec une couverture blanche et un risque de trouver des "coquilles" dans le texte) et 4 saisons avec les filles au chocolat de Cathy Cassidy aux éditions Nathan. Ces ouvrages seront chacun envoyés avec leur communiqué de presse.

Ci-dessous le questionnaire du concours, il vous suffit de le remplir et de cliquer sur "Envoyer". Si vous avez des difficultés à le voir ou à le remplir dans cet article, voici son lien: https://docs.google.com/forms/d/1-jvIqjZ6cC3aUFQFYYHOjRu4GGHhy5WXnHPOIRzS--0/prefill

Vous avez jusqu'au vendredi 25 novembre 2016 23h59 pour participer !


Les éditeurs partenaires 

http://www.albin-michel.fr/http://www.lerouergue.com/http://editions-sarbacane.com/http://www.ecoledesloisirs.fr/
http://www.nathan.fr/



TRÈS BONNE JOURNÉE A VOUS, A BIENTÔT !

mercredi 2 novembre 2016

Lou ! La cabane (tome 7) de Julien Neel

Lou ! La cabane (tome 7) de Julien Neel
sortie en octobre 2016, éditions Glénat BD
9,99 €, 48 pages, ISBN: 978-2-344-00996-3
Service de presse

Synopsis:

Pour les vacances, Lou a décidé d’emmener ses copines sur la terre de ses ancêtres : à Mortebouse, où la 4G est inexistante ! Le lieu idéal pour s’affranchir des choses superficielles du monde moderne et entrer en communion avec la nature, il paraît que c’est super tendance. L’occasion de revoir Paul, aussi... Point d’orgue de ce programme « retour aux sources » : la construction d’une cabane, sur le terrain de la grand-mère de Lou.
Cette année, retrouvez Lou en compagnie de sa maman, de Mina, Paul, Tristan, Mister Juice, mais aussi d’une myriade d’autres personnages ! Un tout nouvel album dans lequel Mortebouse forme aussi l’épicentre d’une mystérieuse singularité...

Mon avis:

Merci beaucoup aux éditions Glénat pour cet envoi !
J'étais très heureuse de retrouver le personnage et l'univers de Lou, cette jeune fille que l'on suit depuis 12 ans à présent, dans son quotidien coloré, créatif, doux.

Le précédent tome marquait une coupure très radicale dans l'univers de Lou : en effet, le tome 6 L'âge de cristal prend place dans une ville futuriste, où des tests scientifiques sont réalisés sur des cristaux roses envahissant les lieux de vie. Les personnages avaient grandi, vieilli, leurs occupations et leurs relations avaient évolué, sans que le lecteur ne semble véritablement accompagné dans ces métamorphoses.
Personnellement, j'avais tout de même apprécié ce changement de direction scénaristique, car en sortant le lecteur de sa zone de confort, de ce que nous connaissions de Lou !, Julien Neel posait une question qui s'applique à la société actuelle: quel serait l'impact sur nos vies d'un changement total d'environnement?

Avec ce septième tome, l'avant-dernier de la saga, qui se situe chronologiquement avant le tome 6, des pistes de réflexion sont apportées concernant le tournant majeur qu'a pris l'univers de Lou !.
Ces 48 pages se déroulent pendant un été, à Mortebouse, chez la grand-mère de Lou. Tous les personnages se retrouvent pour construire une cabane, un projet représentant beaucoup pour l'évolution de l'intrigue: se retrouver avec ses amis et sa famille, travailler en équipe, sans Internet et sans contact avec le monde extérieur. Un retour aux sources fondamental, qui s'inscrit dans une démarche de prendre du temps pour soi, comme la slow life par exemple.

En tous cas, c'est un tel plaisir de redécouvrir les personnages et de voir s'agrandir la "famille" ! Le style graphique et les couleurs sont semblables aux cinq premiers tomes, ce qui instaure d'emblée l'ambiance si chaleureuse, un brin vintage, qui constitue le charme particulier de Lou !.


Un vent de renouveau souffle sur cette saga mythique !
Ce n'est plus seulement la vie d'une jeune adolescente que nous conte Julien Neel, mais bien l'histoire de toute une génération !

vendredi 28 octobre 2016

Lettres de l'intérieur de John Marsden

"Parfois, quand je t'écris, c'est comme si je m'écrivais à moi-même."

p.49





Lettres de l'intérieur de John Marsden
sortie en 1998 (version française), éditions L'école des Loisirs (Médium Poche)
6,80 €, 202 pages, ISBN: 978-2-211-22297-6
Service de presse

Synopsis:


Mandy et Tracey ne se sont jamais rencontrées, mais elles connaissent tout l'une de l'autre. Les deux ados ont entamé une correspondance à la faveur d'une petite annonce postée dans un magazine. Depuis, elles s'échangent des lettres souvent joyeuses et se confient leurs espoirs, leurs doutes, comme si elles se connaissaient depuis toujours.
La vie de Tracey semble parfaite. Une famille géniale, un petit copain sexy, des vacances de rêve et de l'argent à profusion... Trop beau pour être vrai? C'est à se demander. D'ailleurs, Tracey se contredit parfois dans ses propos. Elle trouve toujours une excuse pour ne pas envoyer sa photo et se sert d'une adresse en poste restante... Mandy finit par douter. Sa nouvelle amie pourrait bien avoir tout inventé.
Alors qui est la véritable Tracey? Qui se cache derrière ses lettres?


Quand on est amies, on doit pouvoir tout se dire. Même les pires secrets !

Mon avis:

Merci aux éditions l’Ecole des Loisirs pour cet envoi !

A travers un échange de lettres entre deux adolescentes, Mandy et Tracey, l’auteur australien John Marsden décrypte toute la complexité d’une relation amicale, entre confiance, mensonges, secrets. Les lettres sont ici « réelles », écrites à la main et non échangées par mail ou par un réseau social, comme c’est le cas de nos jours, avec de nombreuses amitiés virtuelles qui se créent via Facebook, Twitter, ou encore par des forums… Pour autant, les doutes sur l’identité et la véracité des propos de l’émetteur sont les mêmes. 

Dans ce roman, comment savoir à qui se fier, à quels mots ? Ni Mandy, ni Tracey, ni le narrateur car il est inexistant, ne peuvent prouver la véritable existence du contenu de leurs lettres, nous pouvons seulement y croire, ou faire des suppositions. Cette situation d’instabilité instaure un climat particulier, entre la curiosité, la peur et l’inconfort.

Lettres de l’intérieur est certes destiné à de jeunes adolescents, et cela se ressent lorsqu’on considère l’intrigue dans son ensemble ; mais il n’empêche que l’auteur, John Marsden, a une approche frontale, violente, concernant les situations des deux protagonistes. L’échange de lettres accentue cette impression, car le lecteur est plongé au plus près des adolescentes et de leur vie (réelle? inventée?). Leurs failles et blessures prennent une dimension plus importante, plus dramatique.

L’édition originale de ce roman date de 1991 en Australie, et je ne sais pas si un écrivain traiterait de nos jours de la même façon les sujets qu’aborde John Marsden : violence familiale, prison pour mineurs, conditions sociales difficiles…

Ce qui m’a le plus troublée pendant ma lecture est la noirceur de l’intrigue à laquelle je ne m’attendais pas. Un malaise m’a saisi pendant cette lecture beaucoup plus sombre que ce à quoi je m’attendais, tant la frontalité que le lecteur a avec les protagonistes est intense.

En tous cas, la couverture représente avec exactitude toute la tension et l’angoisse de ce roman, qu’un critique australien avait même qualifié de « pernicieux » !


Un roman étonnant, parfois glaçant, toujours ambivalent –entre amour et haine-.

mercredi 26 octobre 2016

Le copain de la fille du tueur de Vincent Villeminot

"Tu m'as parlé dans ta langue, doucement, lentement, tendrement. Comme on prie. Comme on remercie. Comme on chantonne. Comme on supplie. Je t'ai parlé à voix haute, à voix basse, en pensées, en actes et en vérité. Tout contre ta peau."

p.216

Le copain de la fille du tueur de Vincent Villeminot
sortie en septembre 2016, éditions Nathan
16,95 €, 264 pages, ISBN: 978-2-09-256522-3
Service de presse

Synopsis:

Charles vient d’intégrer un internat pour « gosses de riches », perdu au cœur des montagnes suisses. Avec Touk-E, son coloc, ils tuent le temps comme ils peuvent, allumant fausses révolutions et vrais incendies … jusqu’à l’arrivée de Selma. Elle est mystérieuse, solaire, solitaire… et fille d’un trafiquant de drogue en cavale.
Une histoire d'amour de Vincent Villeminot, à fleur de peau et les nerfs à vif !
 
Mon avis:

Merci aux éditions Nathan pour cet envoi !

Le copain de la fille du tueur est un roman mêlant une histoire d’amour tout en poésie, un thriller et une course-poursuite à l’américaine. 

L’intrigue est divisée en plusieurs parties : l’Institut Daillange (un lycée suisse) et l’amitié explosive entre Touk-E et Charles, puis l’arrivée de Selma, qui remet tout en cause, et qui bouleverse leur quotidien. Commence alors une course contre la montre avec pour ennemi le père de Selma, trafiquant de drogue. Une partie que j’ai moins appréciée, car la ressemblance avec de nombreux films d’aventure, thriller, policier, m’a parue beaucoup moins inventive et riche en émotions que le début… et la fin.
Malgré les multiples intrigues liées au trafic de drogue, peur, fuite, passé qui ressurgit, et qui à mon avis encombrent la trame principale de l’histoire, la quintessence de ce récit se tisse ligne après ligne pour se révéler au final dans la dernière partie du roman, à la fois plus intime et plus puissante.

Peu à peu le nombre de personnages présents diminue, ce ne sont plus que des noms ou des souvenirs. L’intrigue se resserre en effet peu à peu autour des deux protagonistes, qui se retrouvent tout d’abord auprès du père de Charles, un grand poète, puis dans la pureté de la nature, derrière sa protection quasi-totale.
Le récit donne de l’importance à des éléments essentiels et pourtant cachés par le bruit des ennuis précédents. Comme si Vincent Villeminot reniait finalement le commencement de l’histoire et prenait le lecteur par le bras : viens, c’est ici que se passent les vraies choses, celles pour lesquelles il faut accorder un peu d’attention ; la poésie, l’amour, la simplicité, les corps, la tendresse, la beauté des gestes et des pensées. 

« De nouveau, elle a ce geste évanescent de la main, pour dire qu’après, on verra. »
p.112

Pour raconter toute la puissance et la justesse par lesquelles Selma et Charles s’unissent, la narration se transforme et devient hybride entre poésie et romance, phrases courtes et grands paragraphes, citations des recueils du père de Charles, parallèle entre l’histoire d’amour de ses parents et l’histoire qu’écrivent à quatre mains Charles et Selma.

« Tout savoir de l’autre. Tout apprendre, vacants l’un et l’autre. Se dire, s’avouer, se dévoiler, comme si notre vie en dépendait. Cette confiance en l’avenir, pour la première fois, m’étourdit comme une ivresse. »
p.230

L’émotion monte, déchire, décime tous mes doutes sur le début du roman et me fait découvrir un Vincent Villeminot que je n’avais pas soupçonné, innocemment.
L’auteur, par la force délicate de ses mots, enlève toute force au lecteur, le subjugue par les nuances et variations de cet apprentissage de la vie par l’amour. Car c’est bien l’auteur qui raconte cet amour sûrement vécu ; Villeminot semble s’adresser directement au lecteur en s’affranchissant du narrateur.

Un roman certes inégal, mais qui exprime avec beauté, justesse et simplicité la complexité des rapports humains et la nécessité de s’aimer.

mercredi 28 septembre 2016

Le coeur est un muscle fragile de Brigitte Smadja

"Il y a de la sauvagerie qui les anime 
quelque chose de très grand, de très beau, un territoire absolument inconnu de l'un et de l'autre et qu'ils ont peur de bousiller en le piétinant trop vite, et qu'ils n'hésitent pas pourtant à parcourir, insatiables."

p.234

Le cœur est un muscle fragile de Brigitte Smadja
sortie en mai 2016, éditions l'Ecole des loisirs (Médium)
15,80 €, 254 pages, ISBN: 978-2-211-22809-1
Service de presse

Synopsis:

Simon Peretti, quinze ans et demi, photographe de nuages, amateur de hard métal, d’Erik Satie et d’Eminem, a des centaines d’amis sur Facebook depuis qu’il est devenu le type le plus populaire du lycée. Celui qui a réussi à conquérir la fille la plus mystérieuse du quartier, une terreur, une légende. Nul doute, on les a vus, on les a pris en photo.
Ils veulent tous la connaître, réclament à Simon leur dose d’images et de commentaires. Surtout Léonard et Nessim. Ne se connaissent-ils pas depuis toujours, ne sont-ils pas frères ? Simon refuse d’en dire davantage, protège une histoire qui n’appartient qu’à lui et à la fille qu’il vient de rencontrer. Bientôt, il parlera à ses amis d’enfance, mais pas maintenant.
Pourtant, il suffit d’un week-end pour que le monde de Simon Peretti s’effondre. Pour qu’il assiste, impuissant, à son lynchage numérique. Pire, Léonard et Nessim ne font rien pour arrêter ce carnage.
Comment en sont-ils arrivés là tous les trois et justement ce lundi où il s’apprêtait à leur présenter la fille qu’il aime le plus au monde ?

Mon avis:

Merci aux éditions L'école des loisirs pour cet envoi !

Ce roman résume et développe parfaitement la génération des adolescents, avec son lot de dérives, de grandeur d'âme, d'apprentissage maladroit, de beauté, de violence.
Je ne pense pas que les adolescents d'aujourd'hui soient si différents des adolescents d'hier, mais comme tout évolue, il faut bien que notre littérature évolue aussi. Alors le numérique prend de plus en plus de place, mais l'art, la culture intergénérationnelle et éternelle est un pilier qui reste immuable. 
En effet, les réseaux sociaux apportent un réconfort bien éphémère - comme on le constate avec le point de départ et d'arrivée de l'intrigue, un lynchage virtuel -, tandis que les morceaux d'Erik Satie qu'écoute Simon, ou encore les citations de L'insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera constituent un fil conducteur dans cet ouvrage.

Simon Peretti est un personnage singulier: il rejette ses parents, cherche de la reconnaissance chez les autres qu'il ne trouve pas toujours. L'intrigue part du fameux lynchage virtuel, avant de reprendre la vie de Simon de ses sept ans à ses quinze ans et demi. La construction d'un adolescent étape par étape.

Déconnectez-vous des réseaux sociaux, mettez en fond musical les Gymnopédies d'Erik Satie et levez les yeux.
Vous verrez toutes les nuances du ciel, la force et la douceur des nuages, l'immensité d'un ciel bleu, toutes les possibilités qu'ont la vie, l'amour, l'espoir de s'exprimer.
Voyez la vitesse à laquelle il change, notre ciel: voyez à quel point nos émotions et nos envies évoluent.
Vous y décèlerez la beauté la plus discrète et vous ne pourrez vous en détacher: c'est cette chape inconstante qui nous protège et nous blesse, et c'est en la comprenant que l'on peut prendre de la hauteur.

Voilà le message du roman Le coeur est un muscle fragile, voilà jusqu'où nous portent les mots de Brigitte Smadja.

jeudi 15 septembre 2016

Le ciel est la limite d'Anne Lanoë

"Pourrait-elle comprendre le vertige qui m'a pris?
Cette peur de retomber en aimant? D'être blessé par les blessures de l'autre?"

p.112

Le ciel est la limite d'Anne Lanoë
sortie en mars 2016, éditions Fleurus
13,90 €, 253 pages, ISBN: 978-2-2151-3022-2
Service de presse

Synopsis:

"Cela leur fait toujours le même effet. Ils pensent que je parlerai avec eux, qu'ils perceront la coquille. Et puis ils se vexent. S'énervent. Renoncent. Ne parlent plus. Comme moi.
Cela m'est venu il y a un an et huit mois. Six cent cinq jours de silence aujourd'hui. Et le temps passant, je ne vois plus de raison de me remettre à parler. Pour leur dire quoi au juste? C'est de ma faute ! Ils s'en foutent de la vérité. Alors se taire, c'est très bien. Bien sûr c'est dur pour eux. Cela a même rendu papa complètement dingue au début. Un soir, il m'a giflé de toutes ses forces puis il a pleuré en me suppliant de dire un mot.
-Pardon, pardon mon bonhomme. On a fait comme on a pu. Tu étais dans le coma Samuel ! On a cru te perdre aussi; Mais je n'ai rien dit. Par peur de tout faire exploser."

Anne Lanoë a écrit de nombreux livres pour la jeunesse. Le ciel est la limite est son premier roman. Elle fait partie du groupe de rock Lili Brik.

Mon avis:

J'ai reçu et lu ce roman dans le cadre du jury Prix premier roman Je bouquine/Cultura.

Le ciel est la limite est le récit mouvementé d'un été à Rio, dans les favelas: Samuel, muet depuis la mort de sa mère, doit passer deux mois au Brésil pour un projet de jardin exotique, en compagnie d'adolescents français ayant eux aussi des problèmes psychologiques, ou familiaux.

Au milieu des couleurs chatoyantes de Rio, Samuel arrive avec son trop-plein de tristesse, de remords, d'angoisses. Peu à peu, les personnes qui l'entourent vont permettre à Samuel d'accomplir un chemin à lui-même, non sans encombres.

"Je suis le garçon coupé en deux, définitivement. Une tête pensante et un corps en suspens."

p. 201


J'ai apprécié le cheminement intime parcouru par Samuel pour accepter son passé, mais je pense que ce roman est trop fouillis, trop brouillon. Les personnages ne sont pas assez travaillés pour nous être vraiment agréables, les dialogues ne paraissent pas assez naturels et cela gâche le plaisir de la lecture.

J'ai effectivement quelques réticences concernant le style d'écriture, notamment les marques d'oralité dans les dialogues qui ne sont pas assez littéraires pour un roman, comme par exemple à la page 125, "Mais demain, retour à la normale si tu vois ce que je veux dire.". 
Des tournures de phrases presque familières, accentuées par un manque de ponctuation qui casse le ton du récit et le rend moins crédible.
Cependant, l'auteure écrit aussi des passages touchants, émouvants, qui nous font apercevoir les personnages plus doux et réels.

Anne Lanoë glisse de très nombreuses références musicales dans le récit, notamment à  Dominique A, Noir Désir, Alain Bashung. L'évocation de ces morceaux, souvent sombres, constitue un lien fort entre le passé tourmenté et le présent incertain de Samuel.



Anne Lanoë signe un premier roman lumineux, mélancolique, violent, mais dont le style ne m'a pas toujours convaincue.

jeudi 8 septembre 2016

Bilan du mois de l'été- Juillet & Août 2016

(Source: Tumblr)

L'été se termine, c'est à présent la rentrée. Un peu triste de quitter les plages, les aéroports et la tranquillité de cette parenthèse enchantée, mais c'est pour mieux commencer de nouvelles aventures !

Avant de se jeter tête la première dans les études, dernier coup d’œil en arrière sur les romans qui m'ont accompagnée cette été. Bonne lecture ! ♥

LECTURES DE JUILLET 
(cliquer sur les couvertures pour accéder aux chroniques)


http://etincellesdeplume.blogspot.fr/2016/08/poemes-saturniens-de-paul-verlaine.htmlhttp://etincellesdeplume.blogspot.fr/2016/08/lola-et-la-machine-laver-le-temps-de.html


http://etincellesdeplume.blogspot.fr/2016/08/eugene-oneguine-dalexandre-pouchkine.html


Romans non chroniqués: 
-Sur la route de Jack Kerouac
-Chroniques de San Francisco d'Armistead Maupin

LECTURES D'AOÛT 
(cliquer sur la couverture pour accéder aux chroniques)


http://etincellesdeplume.blogspot.fr/2016/08/everything-everything-de-nicola-yoon.htmlhttp://etincellesdeplume.blogspot.fr/2016/08/poesies-darthur-rimbaud-inspirations.html


http://etincellesdeplume.blogspot.fr/2016/08/sortie-evenement-songe-la-douceur-de.htmlhttp://etincellesdeplume.blogspot.fr/2016/08/the-weight-of-water-de-sarah-crossan.htmlhttp://etincellesdeplume.blogspot.fr/2016/08/lecume-des-jours-de-boris-vian.html



http://etincellesdeplume.blogspot.fr/2016/09/le-choix-de-rudi-de-francoise-dargent.html
  

Abandon:


  
 Romans non chroniqués: 
  - Feuilles d'herbe de Walt Whitman
-Le coeur est un muscle fragile de Brigitte Smadja


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POUR BIEN COMMENCER LA RENTRÉE... 

Musique !

Je vous conseille le groupe de rock LA FEMME: leur second album Mystère est sorti le 2 septembre !




Théâtre !

(Matthieu Sampeur et Mélodie Richard)

La pièce "La mouette" de Tchekov, mise en scène par Thomas Ostermeier, est actuellement en tournée en France. Un documentaire d'Arte que j'ai trouvé très intéressant concernant les méthodes de travail de ce metteur en scène, est en ligne !
Voici le lien: http://concert.arte.tv/fr/documentaire-thomas-ostermeier-insatiable-theatre?language=en

Bonne rentrée à tous et à toutes !


lundi 5 septembre 2016

Murmures dans un mégaphone de Rachel Elliott

"Certaines questions prennent plus de place que d'autres.
Si on les mesure sur une certaine échelle, on se rend vite compte que les plus petites sont souvent les plus lourdes."

p.121 

Murmures dans un mégaphone de Rachel Elliott
sortie en avril 2016, éditions Rivages
21 €, 444 pages, ISBN: 978-2-7436-3621-0
Service de presse

Synopsis:

Murmures dans un mégaphone est un livre doté d'un superpouvoir: celui de transformer la mélancolie en fantaisie, la part sombre de chacun en tendre folie. Son héroïne, Miriam, ne sort plus de chez elle depuis trop longtemps. Mais, à trente-cinq ans, elle se sent enfin prête à faire entendre sa voix. Ralph, lui aussi, amorce sa révolution. Alors que sa femme, Sadie, répand sur les réseaux sociaux le désastre de leur mariage, il décide de s'enfuir... dans les bois.
Bien sûr, Miriam et Ralph vont se connaître, se reconnaître. Et tenter de prouver que les névrosés sont des amoureux comme les autres.
Ralliant la cause des doux dingues, dans les pas d'Aimee Bender ou de Michel Gondry, la romancière Rachel Elliott l'affirme haut et fort: l'humour et la rêverie peuvent changer nos vies, et peut-être le monde.

Mon avis:

Merci aux éditions Rivages pour cet envoi !
J'ai hésité avant de lire ce livre, n'ayant pas l'habitude des romans contemporains, centré sur des personnages adultes.
Mais j'ai eu tort de douter, car c'est une excellente lecture !
Dans les romans jeunesses que je lis en majorité, ce qui me fait apprécier ma lecture est l'inventivité de l'auteur, les questions existentielles ou non que se posent les protagonistes, le chemin spirituel qu'ils parcourent, une pointe de folie, de l'amour...
Eh bien, les romans d'initiation ne sont pas uniquement réservés aux adolescents: il me semble à présents que les adultes, quel que soit leur âge, qu'ils vivent seuls ou en couple, qu'ils aient des enfants ou non, soient eux aussi concernés par ces changements, ces crises d'existence.

La force de ce roman, et la raison pour laquelle il m'a plu, est qu'il montre des adultes en quête d'eux-mêmes. 
J'avais justement peur que les personnages sont ennuyants et plats, c'est en fait tout le contraire !
Tous les protagonistes ont leurs questionnements: Sadie utilise Twitter à longueur de journée pour y raconter sa vie, son mari Ralph ne sait plus où il en est, Miriam ne sort plus de chez elle...

Un roman qui fait du bien, et qui permet aux plus jeunes de relativiser: 
on peut à tout âge se sentir perdu, tomber follement amoureux, changer de vie !

dimanche 4 septembre 2016

Le choix de Rudi de Françoise Dargent

"Mais je n'avais jamais pensé que je puisse être amoureux de lui. 
Plaire n'est pas aimer."

p.218

Le choix de Rudi de Françoise Dargent
sortie en août 2015, éditions Hachette
15,90 €, 352 pages, ISBN: 978-2-01-204442-5
Service de presse

Synopsis:

Quand il ne va pas à l'école, Rudi danse.
Quand il danse, il vit.
Alors il danse, et il ne pense qu'à cela.
Il oublie qu'il n'est pas libre dans son pays, l'Union Soviétique.
Il oublie qu'être danseur n'est pas un métier aux yeux de son père.
Il oublie la misère et il résiste.
Il prend des cours en cachette.
Il est doué. Mais aussi rebelle.
Un peu trop au goût des adultes.

Pour devenir danseur étoile, il va devoir se battre.
Pour devenir le meilleur, il va devoir s'enfuir.

Un roman inspiré de l'adolescence de Rudolf Noureev, le plus grand danseur du XXe siècle.

Mon avis:

J'ai reçu ce roman dans le cadre du jury du prix "Premier roman Je Bouquine/Cultura".

Le choix de Rudi est une fiction biographique sur le célèbre danseur russe Rudolf Noureev (1938-1993).
Françoise Dargent nous raconte la vie de Rudi, de sa difficile enfance à la fin de son adolescence, époque où sa carrière débute, après de nombreux sacrifices et un saut vertigineux dans l'inconnu...

C'est une biographie romancée, destinée à un jeune lectorat, certes, mais non moins bien documentée ! 
C'est dans la postface que l'auteure nous explique le travail de recherche qu'elle a effectué pour écrire ce roman: rencontre avec des amis de Rudolf Noureev, documentation...
C'est un récit de qualité que nous offre Françoise Dargent: émouvant, sensible, plein de rebondissements et d'aventure.

J'ai tout de même un petit bémol concernant le style de l'auteure, car il manque assez régulièrement les négations dans les phrases, que ce soit des descriptions ou des dialogues. 
Par exemple, page 97: "En Sibérie, il a pas besoin de chaussons. Dans un camp de travail, la danse est pas au programme."
Ce n'est heureusement pas systématique, mais cette marque d'oralité rend les phrases bancales, enfantines, et enlève à l'intrigue la profondeur et l'importance historique qu'elle mérite.

Pour autant, ce roman véhicule un puissant message: il faut prendre sa liberté pour l'avoir !

Un roman jeunesse qui transmet une magnifique leçon de liberté et de vie par le biais de l'art de la danse et d'un de ses meilleurs représentants: Rudolf Noureev !

mardi 30 août 2016

Le journal d'Aurore: Jamais contente... toujours fâchée ! de Marie Desplechin et Agnès Maupré


Le journal d'Aurore: Jamais contente... toujours fâchée ! de Marie Desplechin et Agnès Maupré
sortie en 2016, éditions Rue de Sèvres
15 €, 128 pages, ISBN: 978-2-36981-227-2
Service de presse

Synopsis:

Ado moyenne d'une famille moyenne, Aurore a une vie dramatiquement lamentable, probablement déjà ratée... en pire !
Les dialogues malicieux de Marie Desplechin se marient joyeusement au dessin inventif d'Agnès Maupré, pour brosser un portrait plein de drôlerie, de finesse et d'intelligence qu'on ne se lasse pas de lire et relire.

Mon avis:

Cinq ans après le premier tome de la saga "Le journal d'Aurore" de Marie Desplechin, voici son adaptation en bande-dessinée, par Agnès Maupré !
Merci aux éditions Rue de Sèvres et à Coline Ribue pour cet envoi.

Les aventures d'Aurore, cette adolescente à la fois flemmarde, drôle et gaffeuse ont bercé la fin de mon enfance. 
Marie Desplechin dépeint des situations dans lesquelles nous pouvons tous nous reconnaître, en y ajoutant une pointe d'absurde, de tendresse, de fatalisme qui rend le quotidien d'Aurore plus palpitant qu'elle ne le pense !

Les illustrations d'Agnès Maupré apportent un souffle nouveau à ce récit, le réinventent véritablement ! Je suis admirative du style artistique de cette illustratrice: l'intrigue conçue par Marie Desplechin prend une toute autre dimension, que l'on pourrait comparer à la saga Lou ! de Julien Neel.
Les planches sont composées avec beaucoup de couleurs, de motifs qui s’enchevêtrent, des scènes oniriques et poétiques, un brin d'inspiration asiatique, des petits détails qui envahissent les pages de chaque nouveau chapitre, des personnages expressifs et attachants !

Une excellente redécouverte de cette saga !
Joyeuse, pleine d'humour et de douceur, voilà la bande-dessinée parfaite avant la rentrée (et même après) ! 

dimanche 28 août 2016

Everything everything de Nicola Yoon


"Océan: Part d'infini en soi que l'on ignore, mais dont on soupçonne la présence depuis toujours."

p.233

Everything everything de Nicola Yoon
sortie en avril 2016, éditions Bayard
16,90 €, 362 pages, ISBN: 978-2-7470-5278-8
Service de presse

Synopsis:

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. 

Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. 

Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

Mon avis:

J'ai reçu ce roman dans le cadre du Prix Premier Roman Je Bouquine/Cultura, auquel je participe en tant que jury.

Everything everything est le savant mélange de la comédie romantique et de la tragédie. Amour, destin, mystère, violence, danger... Ces ingrédients magiques, liés par la belle plume de Nicola Yoon, vont faire chavirer les plus sensibles, même si quelques clichés sur l'amour adolescent se sont glissés.
Mais on pardonne, parce que mine de rien, cette intrigue est addictive, les personnages sont attachants, on pleure, on rit, on est horrifié et en colère, et surtout, on aime !

Bien que le fond de l'intrigue - l'impossibilité pour Maddy de sortir de chez elle - présage un roman triste, la force de l'amour prend rapidement le dessus et fait des miracles.
L'amour dans tous ses états: amour trop fort ou interdit, amour naissant ou violent, amour apaisant et éternel.
Ce roman est une montagne russe pour les lecteurs et lectrices à l'âme sensible et à l'esprit amoureux-triste (parce que ces deux qualificatifs vont de pair dans ce roman).

Les personnages principaux, Olly et Maddy, vivent la fin de leur adolescence. Tous deux ont une vie compliquée et très différente, mais leur souffrance commune va leur permettre de s'entraider pour s'émanciper et grandir.
Dans ce roman, le lecteur fait face à un processus terrifiant concernant une histoire familiale: être chosifié dans et par l'amour maternel.
C'est le récit d'un renouveau, d'une libération qui fait renaître Maddy à elle-même, après une adolescence très particulière, coupée du monde par cette étrange maladie de l'enfant-bulle.
Maddy s'est construite par les romans, seule façon pour elle de s'évader et d'apprendre le monde extérieur, connaître toutes ces personnes qu'elle ne doit jamais voir.
Peut-on vivre par les romans? Oui, et encore oui. Peut-être n'est-ce pas suffisant, mais les références littéraires de Maddy, les leçons qu'elle en tire pour sa vie, lui donnent de l'aplomb dans ses réflexions, lui servent de béquille et la poussent à agir. 
Olly, quant à lui, est particulier et attirant. C'est son besoin de liberté et d'aventure qui le définit dans ce roman. Ainsi que sa sensibilité, sa tendresse, évidemment...


 Un très beau roman que j'ai dévoré en quelques heures: c'est pétillant et coloré, toujours éclatant d'une vérité douloureuse !

L'adaptation cinématographique par Stella Meghie a été annoncée avec pour acteurs Amandla Stenberg et Nick Robinson: je l'attends avec impatience !

vendredi 26 août 2016

Les Fils de George de Manu Causse

Les Fils de George de Manu Causse
sortie en juin 2016, éditions Talents Hauts (Ego)
8 €, 167 pages, ISBN: 978-2-36266-150-1
Service de presse

Synopsis:

"-Et ton copain, alors? Il allait bien?
Je commence à lui expliquer que Mardochée n'est pas vraiment un copain, juste un type de la classe; je lui raconte ce qui s'est passé. Je n'aurais sans doute pas dû car, au bout de quelques minutes, elle me coupe la parole pour me demander:
-Il s'appelle vraiment Mardochée? C'est bizarre, quand même.
-C'est son nom, quoi.
Elle me regarde d'un air soupçonneux:
-C'est pas un de ceux de la secte, quand même?
Je ne réponds pas, ça ne servirait à rien.
Je n'aime pas lui mentir et elle ne va pas aimer la vérité."

Mon avis:

Merci aux éditions Talents Hauts pour ce partenariat et à Lucie Kosmala pour l'envoi !

Ce court roman aborde le thème des sectes et de l'amitié, en alternant le récit de Mardochée et celui de Léo. Mardochée fait partie d'une secte, les Fils de George, et Léo est l'un de ses camarades de classe, qui va tenter de l'aider, de discuter avec lui.
Après le décès de Chrysostome, le coreligionnaire de Mardochée, ce dernier commence à douter de la religion qu'on lui a imposée, et Léo jouera un rôle très important dans la quête de réponse de Mardochée.

Les chapitres alternés permettent de suivre en parallèle la progression des deux protagonistes, de mettre en balance leurs réactions, leurs pensées.
L'esprit d'entraide entre lycéens et leur relation entre protection et amitié sont des notions bien exploitées par l'auteur, Manu Causse.
Cet ouvrage raconte le quotidien de la secte (on peut penser aux témoins de Jéhovah par exemple), et ses répercussions sur la psychologie de ses membres: pas de manière très précise ou très approfondies, mais cette plongée terrifiante dans ce monde méconnu m'a donné envie d'en savoir plus.


Ce roman offre une première approche de ce sujet complexe qu'est le monde sectaire, ses causes et conséquences. 
Une bonne lecture qui me donne envie d'approfondir le sujet de l'embrigadement psychologique dans les sectes.

Autre roman de Manu Causse:

http://img.livraddict.com/covers/190/190435/couv17279450.jpg

jeudi 25 août 2016

Ces rêves étranges qui traversent mes nuits de Stéphanie Leclerc

"La réalité finit par nous rattraper, la bulle par éclater, et le monde finit toujours par tout dévorer. Pourquoi nos enfants seraient-ils heureux? Pourquoi réussiraient-ils là où nous avons échoué? On ne peut même pas le leur reprocher. On ne vaut pas mieux."

p.160

Ces rêves étranges qui traversent mes nuits de Stéphanie Leclerc
sortie en mars 2016, éditions L'école des Loisirs
250 pages, 15,80€, ISBN: 978-2-211-22812-1
Service de presse

Synopsis:

Qu'est-ce qu'on va faire de toi ?
Cette question, tout le monde se la pose à propos de Robin.
Il vient d'être exclu du collège. Sa mère ne veut plus s'occuper de lui. Son père, pris entre son travail à l'imprimerie et sa nouvelle histoire d'amour, n'a pas beaucoup de temps à lui consacrer. Robin doit attendre le mois de septembre maintenant pour envisager une formation. Et c'est loin, septembre. D'ici la prochaine rentrée, Robin doit trouver à s'occuper. Il va souvent au cinéma, trouve des petites combines pour se faire un peu d'argent de poche et pouvoir manger au Bosphore, le kebab du coin. C'est là qu'il remarque une fille mystérieuse, aux yeux verts, qui enflamme son imagination. Mais il est peut-être en train de se faire des films...

Mon avis:

Un grand merci aux éditions L'école des loisirs pour cet envoi !

Dans ma tête, ce roman est une histoire de printemps et de début d'été.
Ces saisons où la nature se réveille, où le ciel prend des couleurs pastels et où le soleil divulgue d'étranges lumières particulièrement euphorisantes. Où tout semble frais, grand, où l'espoir fait vibrer nos âmes.

Cet ouvrage m'a fait ressentir toute la puissance du cinéma à travers l'histoire de Robin, exclu de son collège, et qui passe ses journées, perdu, entre le kebab et le cinéma.
L'atmosphère si particulière de ce roman s'installe dès les premières pages, grâce au style délié et gracieux de l'auteure.
Robin n'est pas fait pour plaire, c'est même tout le contraire: il est antipathique au début, puis on devine un mélange de tendresse, de tristesse, de volonté aussi en lui. Une envie de l'aider, de le suivre, d'être son amie m'a prise et m'a accompagnée tout au long de cette lecture.

Voilà le genre de roman que j'aimerais relire, pour m'offrir des morceaux de ciel bleu, des bouts de salle noir, des étincelles de sourires et le pétillement des yeux de Robin et Turquoise, un des personnages qui va le sortir de sa torpeur.

Un livre comme un film, des phrases qui s'accrochent telles des nuages dans ma tête et les voix des personnages qui résonnent, leurs déplacements dans l'espace qui paraissent orchestrés et programmés.
Oui, Ces rêves étranges qui traversent mes nuits se décompose en scènes, en plans; les descriptions nous révèlent des ambiances et des décors; les personnages prennent vie sous nos yeux.


Merci, Stéphanie Leclerc, pour ces 250 pages de littérature-cinéma puissantes et troublantes.
J'espère avoir, par ma chronique, transmis un peu de la beauté ensoleillée et fraîche de ce coup de cœur littéraire.