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samedi 31 octobre 2015

La fille de la ville de Boris Lanneau


Auteur: Boris Lanneau
Edition: Sarbacane (Exprim')
Nombre de pages: 293
Prix: 15,50 €
ISBN: 978-2-84865-819-3
Service de presse

Synopsis:

Cinq potes à la vie à la mort, cinq gars de la campagne: c'est "l'Equipe".
Il y a Attila, le chef; Dolby, le petit gros; Dudu, qui conduit la 2-chevaux.
Le quatrième, fou et footeux, c'est Jmenba.
Et le dernier, Rouge-Gorge, le poète.
Cinq gars de la campagne, avec une 2-chevaux et des rêves de "fille de la ville" -cette fille incroyable qui les a tous éblouis l'été dernier. 
Il paraît qu'elle revient. 

Mon avis:

 Merci aux éditions Sarbacane pour cet envoi! :)

J'avais lu pour ce roman des avis tantôt positifs, tantôt négatifs. Je n'étais donc pas vraiment motivée pour cette lecture, d'autant plus que le résumé ne m'attirait pas vraiment; je ne savais pas à quoi m'attendre. J'avais cependant une motivation: "Sur la tête de l'amour", son précédent roman, m'avait beaucoup plu!

C'est l'histoire de 5 amis, "L'Equipe", 5 gars de la campagne, des rêves plein la tête. Soirée à la piscine en entrant par effraction, bagarre entre clans du village, virée dans les boîtes de nuit, après-midi devant la télé... 
Mais depuis que la fille de la ville est revenue, plus rien n'est pareil: à présent, ils ont un but. Eux, les gars de la campagne, avec leurs manières et leurs conversations de mecs, comptent bien tout donner pour être au niveau de ce mystère.
La fille de la ville, c'est un mirage, un objectif qui n'a pas besoin d'être atteint pour exister, pour faire évoluer "L'Equipe".  
J'avoue être restée assez sceptique pendant une bonne partie du livre. 
Le décor rustique du roman, confronté à l'irréel avec cette fille de la ville, invisible, le style général assez particulier, différent: tous ces éléments réunis m'ont quelque peu déstabilisée au début.
 Mais heureusement, peu à peu, je me suis laissée emporter par cette poésie, ce côté détonnant, qui rend ce roman si spécial!

En fait, je n'avais pas compris, le temps que l'histoire se mette en place, que l'auteur voulait raconter la progression d'une carapace qui se défait, de quelque chose qui se crée, symbolisé par ces 5 garçons, qui ont leur histoire, leurs défaites, leurs victoires, et leurs envies.

Ces personnages sont originaux, attachants, et j'ai rapidement apprécié le côté maladroit de leur personnalité: bien qu'ils veuillent jouer les durs, ils ne le sont pas tant que ça. 
Et plus j'avançais, plus je devenais proche d'eux; leurs manières me devenaient familières et plaisantes. 


J'ai eu beaucoup de mal à savoir si j'avais apprécié cette lecture ou pas, et je pense que cela se ressent dans cette chronique: mon avis évolue et change, se nuance... 
C'est quelque chose qui me fait vraiment apprécier de travailler des chroniques sur des romans que je n'ai pas adorés lors de ma lecture; en cherchant mes mots, j'approfondis mon ressenti (petite anecdote du jour bonjour).

Il me semble que c'est une histoire qui peut faire ressentir beaucoup de choses, il faut juste réussir à en voir la richesse. 
Je ne peux que vous conseillez d'essayer, pour voir comment vous, vous réagissez à ce roman, à cette ambiance.

mercredi 28 octobre 2015

La grammaire est une chanson douce d'Erik Orsenna


"- Qu'est-ce qu'un grand écrivain ?
- Quelqu'un qui construit des phrases, sans se soucier des modes, seulement pour aller explorer la vérité. "

 
Auteur: Erik Orsenna
Edition: Stock
Nombre de pages: 136
Prix: 12,00 €


Synopsis:

" Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t'aime. Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps. Il me sembla qu'elle nous souriait, la petite phrase. Il me sembla qu'elle nous parlait :

- Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j'ai trop travaillé. Il faut que je me repose.

- Allons, allons, je t'aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pied.

Monsieur Henri était aussi bouleversé que moi. Tout le monde dit et répète " Je t'aime ". Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s'usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver. " 

Mon avis: 

Je n'avais jamais entendu parler de ce roman, jusqu'à ce qu’un ami me le conseille.
Je n'ai pas hésité très longtemps à le lire: un roman au résumé si alléchant ne se refuse pas! 
Surtout que, entre ces pages, les mots prennent vie, et la grammaire devient une chanson douce...
Ce qui est, en gros, le sujet parfait pour les férus de lecture, dont je fais partie -et sûrement toi aussi, lecteur du blog.
Et je ne m'étais pas trompé sur son compte: ce petit livre est une merveille!

Le lire, c'est partir en voyage loin, très loin, sur une île aux couleurs chatoyantes, aux côté de Jeanne, et de son grand frère Thomas.
Ces deux personnages échouent sur une île: mais ils ne peuvent plus parler, la tempête qui a fait chavirer leur bateau leur a retiré tous leurs mots. C'est alors qu'ils font la connaissance de Monsieur Henri, un poète musicien, qui va les guider dans un univers un peu particulier

Cette histoire est parcourue de magnifiques petites illustrations à l'aquarelle, qui donnent, en plus des descriptions de l'auteur, une vision du monde dans lequel évolue Jeanne: un endroit hors du temps, à la limite de la fiction (ou bien carrément fictif, mais mon âme de rêveuse ne veut pas se résoudre à croire qu'un tel lieu ne pourrait exister). Par exemple, les magasins de rimes, de lettres d'amour, une ville des noms...

Comme dans un livre pour enfants, il y a les gentils, ceux qui ont l'amour de la littérature, et les méchants, ceux qui n'y voit aucun plaisir et qui, pour se protéger, s'enferment dans de difficiles règles de syntaxe.
Cette approche ne doit pas vous effrayer, car il n'y a rien de mieux pour désacraliser la grammaire: ce roman la montre sous un jour simple, intuitif, et intelligent.
L'histoire dans laquelle le lecteur entre, ici, le dépouille de ses connaissances scolaires pour ne garder que la douceur, la beauté et le côté ludique de la littérature.

On suit la vie des mots, et leur progression: leurs débuts, lorsqu'ils se marient avec leur adjectif, jusqu'au moment où St-Exupéry les utilise avec virtuosité.

Une ambiance enfantine, au premier abord, certes. Mais néanmoins crue, véridique: les mots ne se cachent pas, ils sont tels qu'ils sont.
Ils deviennent de véritables trésors, et la plume d'Erik Orsenna ne pourra que vous convaincre de l'attention qu'il faut porter aux mots et à leur sens: à la fois poétique, doux, simple et imagée, cette écriture est simplement fabuleuse! 

Laissez-vous porter par l'histoire: vous en ressortirez enrichis, avec une immense soif d'apprendre, et une belle vision de la littérature.



Un très beau roman qui, bien que de petite taille, regorge de secrets, de révélations sur l'écriture, la littérature, qui sont magnifiquement abordés. 
On rentre facilement dans cet univers particulier, qui nous fait comprendre, tout en douceur et en poésie, en musique, en couleur, en rire, l'importance qu'ont les mots, en rendant la grammaire plus abordable, plus généreuse et bienveillante!


 

"Les mots sont les petits moteurs de la vie. Nous devons en prendre soin." 




 

dimanche 25 octobre 2015

YOUTUBE


Hey.
Youtube, c'est un entrelacs de chaînes, de vidéos, sur lequel on se perd très (trop) facilement.
Des vidéos sans grand intérêt, mais on les regarde quand même, pour passer le temps.
 Mais parfois, on peut aussi découvrir des pépites, des chaînes qui se démarquent par leur originalité. 
C'est ce que je veux vous présenter aujourd'hui!


Tout d'abord, lors de ma période "pâte Fimo", j'avais découvert ByPerrinette: DIY, inspiration, création...
Cette Youtubeuse a quasiment le même âge que moi, elle a toujours de bonnes idées, et j'apprécie énormément son univers, ce qu'elle fait en dessin, et autres!



Puis, un lien m'a mené à ectomorphe: speed drawing, petites vidéos de ses voyages... Je suis tombée sous le charme!



En parcourant la barre "chaînes similaires", j'ai découvert une véritable communauté de ces Youtubeurs dont je n'avais jamais entendu parler. 
Une façon de les trouver, c'est de regarder  la chaîne de Noel Snd et ses fameux "Radio Nono", qui regroupe tout plein de Youtubeurs!


A partir de là, j'ai eu devant moi une immense liste de vidéos à regarder!
Entre autres, findtheglitters, qui fait des montages de fou:


Electronlibre


Camilia:



 Voici, quelques unes de mes chaînes préférées. 
Ces Youtubeurs représentent, pour moi, une autre façon de vivre, de penser: un univers composé d'art, de musique, d'image.

J'espère que comme moi, ces vidéos sauront vous toucher. 
Dites-moi en commentaire si vous connaissez d'autres chaînes, ou même blog, de ce genre-là. 

 ~
Pour terminer en musique, une découverte qui date d'hier soir:
(J'en ai parlé sur Facebook et Twitter, mais je tenais à vous le partager ici.)
"Easy" de Son lux, bande-originale de "Mon roi" de Maïwenn. 
Un film que je vous conseille fortement d'ailleurs, sur une relation amoureuse destructrice.


jeudi 22 octobre 2015

Mini-chroniques #1



Hey!
Voici un article que je n'avais jamais fait encore sur le blog: des mini-chroniques, celles de 6 romans lus pendant les vacances d'été, que je n'avais pas eu le temps de chroniquer.

Vous retrouverez mon avis sur:
 -Alors vous ne serez plus jamais tristes de Baptiste Beaulieu
-Cher inconnu de Berlie Doherty
- Humains de Matt Haig
-La coloc de Jean-Philippe Blondel
-Cendrillon de Joël Pommerat
-Elle s'appelait Sarah de Tatiana de Rosnay



"Parce que moi, Lady Sarah Madeline Titiana Elizabeth Van Kokelicote, je vous déposséderai du superflu pour vous ramener à l'essentiel, je vous dépouillerai tel un nourrisson au premier jour de sa venue pour faire de vous un homme nu, puis je vous remettrai au monde. Alors -et alors seulement- je vous autoriserai à prendre une décision." p.170

-Alors vous ne serez plus jamais tristes de Baptiste Beaulieu 
Éditions Fayard, 271 pages.

Après avoir lu "Alors voilà: les 1001 vies des urgences", il me fallait absolument lire le deuxième roman de cet auteur: c'est chose faite! Ce conte à rebours est l'histoire d'une rencontre entre un médecin ayant décidé de mettre fin à ses jours, et une femme qui débarque dans sa vie, bien décidée à lui redonner de la joie de vivre et à le faire changer d'avis. 
Cette histoire unique, si particulière, si poétique, est devenue rapidement addictive. Impossible de ne pas savoir la suite de ces expériences que fait subir la mystérieuse Sarah à ce médecin, et de comprendre le pourquoi du comment, de savoir le fin mot de l'histoire.
Le personnage de Sarah m'a vraiment plu, car on ne peut pas déceler le vrai du faux de ses propos, et c'est cela qui constitue sa force: cette manie d'inventer, ce charisme, cette sûreté dans ses paroles nous oblige à "s'incliner" devant elle.
 On devient alors malléable et elle peut nous éblouir: la citation choisie résume parfaitement son rôle. 
Son rôle, c'est aussi celui du roman, et c'est pourquoi il faut que vous le lisiez: vous ne savez pas encore tout ce qui vous attend entre ces pages...





"On aurait dit que j'avais sorti de ma poche un serpent vivant pour le lui glisser dans la main et qu'il ne savait pas quoi en faire: le piétiner ou le faire disparaître dans ses poches ou le tenir à bout de bras pour l'admirer. Je le laissai se débrouiller. Je ne lui serrai pas la main, comme j'aurais dû le faire, comme il aurait aimé que je le fasse, probablement. Il se serait senti plus à l'aise. Mais à mon avis, il est assez grand pour savoir ce qu'il faut faire avec les serpents." p.257




-Cher inconnu de Berlie Doherty 
Pôle Fiction - Gallimard Jeunesse, 265 pages

La grossesse adolescente est un thème qui m'attire beaucoup lorsqu'il est abordé dans un roman. 
J'avais lu "La décision" d'Isabelle Pandazopoulos, qui m'avait énormément plu, et que je vous conseille fortement: mais je voulais lire d'autres romans de ce même genre.
De "Cher inconnu", j'avais entendu beaucoup de bien, et il me tardait de le découvrir. J'avoue que lorsque je l'ai commencé, j'ai été surprise du choix du point de vue pour nous raconter cette histoire: car c'est le petit ami d'Helen, le père donc de l'enfant qu'elle porte à 16 ans, qui nous raconte leur histoire. Choix qui m'a étonnée, mais qui s'avère être extrêmement judicieux, et qui renouvelle, je trouve, les romans traitant du même sujet.
Je ne pensais pas autant aimer ce petit roman: il cache bien son jeu! L'histoire de ce couple d'adolescents remis en question, la violence des évènements enveloppés d'une fausse douceur, le brusque apprentissage de la vie et de la maturité... 
Un récit émouvant, vivant, et écrit avec beaucoup de délicatesse.



"L'idée me vint que le rire était l'écho sonore de la collision entre une vérité et un mensonge. Les humains vivaient au sein de leurs propres illusions, et rire était un moyen d'en sortir - le pont le plus court entre les uns et les autres." p.227


-Humains de Matt Haig
Hélium, 278 pages

Ce roman est très particulier, sur plusieurs points. 
Un extraterrestre est envoyé sur Terre, dans la peau d'un père de famille, pour une mission.
Il ne connaît aucun des codes qui régissent la vie d'un humain, aucune des règles de la société. Quelques situations amusantes, décalées, qui laissent place à la remise en question concernant notre monde, à des réflexions philosophiques
Ce personnage, qui arrive avec des yeux neufs, livre au lecteur une vision de notre vie qui nous fait réfléchir à notre façon d'agir, aux habitudes que l'on a prises. Ce roman remet tout en question. Il est excellent sur ce côté-là: il n'y a pas un moment où l'on ne se pose pas des questions, où cet extraterrestre, obligé de s'humaniser pour survivre, ne nous interpelle pas, ne nous choque pas.
C'est une lecture totalement nouvelle: tellement nouvelle, qu'elle m'avait laissée indécise. Je ne savais pas quoi en penser, quel avis avoir...
Quelques mois plus tard, alors que je me replonge dans mes souvenirs pour vous livrer mes impressions, je pense que ce livre n'a pas besoin d'être qualifié: c'est un ovni, tout comme son narrateur. Il n'a pas certains éléments que les autres romans possède, mais il présente surtout des caractéristiques que les autres n'ont pas: la découverte, la remise en question, la réflexion. Ce n'est pas une histoire pour passer le temps, c'est une étude sur la vie, sur les émotions, sur ce que nous, humains, devons faire pour vivre, simplement, sans les entraves de la société.
 De plus, l'auteur explique dans la postface que cette histoire lui est venue lorsqu'il était en dépression, et que "l'existence humaine [lui] était aussi étrangère qu'elle l'est au narrateur sans nom". Il dit de cette histoire qu'elle est "celle qui tente de jeter un coup d’œil sur la beauté étrange et parfois effrayante de la condition humaine". 
C'est donc pour moi un roman à lire avec un regard différent que celui que l'on a d'habitude lorsque l'on lit un livre, pour se détendre.
 Il faut lui porter un regard curieux, neuf. 



"Ce n'est pas de l'amitié, quand on ne partage rien d'intime. Au mieux, c'est du compagnonnage. Au pire, c'est du bouche-trou, du ruban adhésif pour masquer la solitude -en attendant mieux." p.76



 -La coloc de J.P Blondel
Actes Sud Junior, 146 pages

Je suis une grande admiratrice des romans de Blondel, principalement ceux publiés en "jeunesse" chez Actes Sud Junior. 
Ils sont magnifiquement forts, douloureux, je tombe à chaque fois en admiration devant sa plume, devant son talent pour créer des personnages d'adolescents qui sonnent si juste. Cet auteur traduit à merveille les sentiments, les émotions des adolescents.
"La coloc", c'est l'histoire de trois adolescents de seize ans qui décident de vivre en colocation, une manière de s'émanciper de leurs parents, de vivre différemment. Mais vivre au quotidien, lorsqu'on ne se connait pas vraiment, ce n'est pas facile... C'est l'histoire d'une amitié qui se construit, d'un apprentissage, d'une prise de conscience, et de la maturité.
L'histoire, les personnages, le thème de l'amitié qui est ici bien exploité: tout cela m'a beaucoup plu, j'ai vraiment retrouvé la plume de Blondel, l'ambiance qu'il instaure dans ses romans.
 Cependant, "La coloc" reste inférieur aux autres romans que j'ai pu lire de lui, comme "Brise-glace", "(Re)Play!", "Blog". Autant de romans troublants, qui m'ont émue, qui sont magnifiques... Ce dernier est plus léger, il est sympathique, mais sans plus.
C'est un roman intéressant, qui détend et qui se lit rapidement.
Mais si vous voulez découvrir Blondel, je vous conseille plutôt les romans que j'ai cité plus haut, qui définissent cet auteur. J.P Blondel écrit aussi pour les adultes, et je trouve que des romans comme "Brise-Glace" par exemple représentent bien le style plus profond, tandis que "La coloc" est vraiment typé adolescent.:)



-Cendrillon de Joël Pommerat
Babel Théâtre, 112 pages

Pommerat est un auteur/metteur en scène dont j'ai pu voir une pièce, il y a quelques années, Pinnochio (qui m'avait traumatisée soit dit en passant). 
J'avais très envie de découvrir le texte de Cendrillon, dont je n'avais pu voir que des extraits.
Cette réécriture est très moderne, comme le reste de ses pièces: le langage est courant, voir familier, ce qui est surprenant au premier abord, puisque nous sommes plutôt habituée aux Walt Disney.
Les personnages ont chacun une personnalité très prononcée, qui se traduit dans leurs paroles: c'est un des points forts de cette pièce! J'ai particulièrement aimé les passages avec la fée et le Prince.
 L'ironie, l'humour décalé a une grande place, et j'ai pourtant trouvé cette pièce mélancolique, touchante. Je pense que c'est surtout Sandra qui, par sa détermination enfantine, m'a conquise!
Je ne lis pas souvent de pièce de théâtre, encore moins des pièces modernes, mais je compte bien continuer!
C'est un style d'écriture théâtrale originale, que je vous invite à découvrir! 




-Elle s'appelait Sarah de Tatiana de Rosnay
Le Livre de Poche, 416 pages

J'apprécie beaucoup les romans historiques, et je m’intéresse de plus en plus à la période de Seconde Guerre Mondiale: il m'est tombé dans les mains cet été, et bien qu'il ne figurât pas dans ma pal, je l'ai lu avec plaisir!
Sur un fond historique, ce roman parle d'une femme qui se plonge dans le lourd passé de sa belle-famille. 
Le personnage de la journaliste Julia Jarmond évolue énormément au fil des pages: au début, je la trouvais niaise au possible, un peu énervante.
Heureusement qu'il y a les chapitres sur l'histoire de Sirka/Sarah. Ces passages sont touchants, bouleversants: en les lisant, j'avais l'impression d'être plongée dans le journal intime de cette enfant, et cela tranchait vraiment avec la vie superflue et parisienne, grincheuse, de Julia Jarmond!
Heureusement, cette dernière change rapidement de personnalité: elle se prend de passion pour l'histoire de Sarah, une passion presque malsaine, mais essentielle pour elle. Ensuite, c'est l'étape de la reconstruction, de la renaissance. 
Ce roman est bouleversant, il traite d'une période de l'histoire tragique, et il donne toute son importance au devoir de mémoire. Enfin, malgré un début un peu énervant ainsi qu'un style littéraire trop commun, l'histoire est tellement percutante que c'est un livre à lire!
Un beau roman, dont j'ai hâte de voir l'adaptation cinématographique!



 Et voilà!
J'espère que cet article vous aura plu, qu'il n'a pas été trop long à lire et que vous aurez envie de découvrir les livres présentés!

dimanche 18 octobre 2015

Dysfonctionnelle de Axl Cendres

"Je pense qu'on ne tombe pas amoureux d'un garçon ou d'une fille, mais d'une personne."
Je n'ai rien trouvé d'autre à répondre.
p.139

Auteur: Axl Cendres
Edition: Sarbacane (Exprim')
Nombre de pages: 305
Prix: 15,50 €
ISBN: 978-2-84865-818-6
Service de presse


Synopsis:

Fidèle, alias Fifi, alias Bouboule, grandit dans une famille Dysfonctionnelle.


Papa enchaîne les allers-retours en prison, Maman à l’asile. Mais malgré le quotidien difficile, Fidèle vit des moments de joie, entourée de ses six frères et sœurs aux personnalités fortes et aux prénoms panachés : Alyson, JR, Dalida, Jésus… Cette tribu un peu foldingue demeure "Au Bout Du Monde", le bar à tocards que tient le père dans Belleville, théâtre de leurs pleurs et rires. À l’adolescence, la découverte de son intelligence précoce va mener Fidèle à "l’autre" bout du monde : un lycée des beaux quartiers où les élèves se nomment Apolline ou Augustin, et regardent de haut son perfecto, ses manières de chat de gouttière et ses tee-shirts Nirvana. Mais c’est aussi là que l’attend l’amour, le vrai, celui qui forme, transforme… celui qui sauve.



Mon avis:

"La victime n'est jamais qu'un bourreau sans fusil." p.251

J'ai l'habitude des romans très bien écrits, des situations incongrues, des personnages attachants, des récits personnels, des romans Exprim' qui nous prennent aux tripes... Mais "Dysfonctionnelle", c'est un mélange puissant de tous ces éléments, des meilleures choses que l'on puisse trouver dans un roman. C'est un roman qui sort totalement du genre "roman jeunesse" habituel!


L'histoire se passe dans les années 80-90, et retrace la vie de Fidèle.
C'est une adolescente qui a une famille particulière, "dysfonctionnelle". Et effectivement, cette "dysfonctionnalité" est une des principales caractéristique du roman! 
Sa famille est composée de 6 frères et sœurs, aux prénoms incongrus: Jésus, Alyson, JR, Dalida... Son père se retrouve régulièrement "au mauvais endroit, au mauvais moment", sa mère est à l'asile.
Au lycée, elle rencontre Sarah, qui va lui faire vivre de merveilleux moments. Cette passion dévorante et nouvelle pour Fidèle marque un changement de cap dans le roman: finies les histoires délirantes de famille, tantôt marrantes, tantôt mélancoliques, voici le début d'un roman plus adulte, ancré dans la vie étudiante, amoureuse. 
Lire ce roman, c'est se prendre une grande claque de liberté, d'inconnu! La vie de Fidèle défile à une vitesse folle, et une fois embarqué, vous ne pourrez pas en sortir! Les boîtes de nuits, les squats d'activistes, les manifestations... C'est une autre époque, un autre monde.
Fidèle conjugue poésie et fac de médecine avec nuits folles dans Paris: cette vie, menée de façon très personnelle, m'a vraiment captivée
Fidèle a une conception de l'avenir bien personnelle; elle vit au jour le jour, en allant là où son cœur lui en dit.
Certes, sa façon de faire est destructrice, violente, mais c'est tellement rare de lire ça, de s'immerger dans la vie d'un tel personnage, si libre, si beau, qu'on ne peut que tomber sous le charme d'un récit si atypique!

De plus, la narration est complexe: entre retours en arrière, anticipation, on fait des bonds dans le temps à chaque chapitre! Cette façon si recherchée, si travaillée de raconter l'histoire m'a particulièrement plu.
Par exemple, au début, on part d'une petite introduction, puis Fidèle nous raconte sa famille, personnage par personnage. Dans ces présentations, elle nous dévoile quelques éléments de leurs vies futures, que l'on retrouve 200 pages plus loin! Cette sorte de boucle narrative est très bien exploitée, c'est la première fois que je lis un récit avec autant de complexité dans l'écriture! 

Ce roman m'a fait pensé à deux films: "La belle saison" de Catherine Corsini, pour l'amour entre ces deux personnes si différentes, et le contexte historique, et à "L'année prochaine", de Vania Leturcq, pour les deux personnages principaux, leurs relations, la vision de l'avenir... Deux magnifiques films que je vous conseille!

Bande-annonce

La belle saison



L'année prochaine




Un coup de cœur!
C'est un roman qui, par sa force, par la liberté présente à chaque instant, par l'inconnu, par toute la "dysfonctionnalité" qu'il contient,  m'a émue!


Lecture Commune: L'avis de Léa de Lectureavie:
http://lectureavie.blogspot.fr/2015/10/dysfonctionnelle-axl-cendres.html 

samedi 10 octobre 2015

Bilan du mois de l'été!


Ce bilan du mois regroupera le récapitulatif du Challenge de l'été, et les livres que j'ai lu fin septembre. :)



Je m'étais fixée l'objectif de lire 20 livres... je n'en ai lu que 12 (hem), en y rajoutant 2 services presses! Bref, ça n'a pas été très concluant :)
Et mon deuxième défi était de lire 5 pièces de théâtres, et je n'en ai lu que 2! Voilà voilà... ^^

Place à la liste!

Lecture de l'été:

-Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows
-Animale de Victor Dixen

Livres non chroniqués:
(ils le seront prochainement, sous forme de mini-chroniques)

-Alors vous ne serez plus jamais tristes de Baptiste Beaulieu 
-Humains de Matt Haig
-Cher inconnu de Berlie Doherty
-Cendrillon de Joël Pommerat
-La coloc de J.P Blondel 

Lecture commune:

Services de presse:

-Janis est folle d'Olivier Ka


Lecture de fin Septembre

Services de Presse:

-Ma mère, le crabe et moi d'Anne Percin
-U4 de Carole Trébor
 -Quelqu'un qu'on aime de Séverine Vidal

Lecture obligatoire (pour les cours):

-Carment de Prosper Mérimée


Je vous souhaite de bonnes lectures pour ce premier mois de l'automne! 
A bientôt pour de nouvelles chroniques!

jeudi 8 octobre 2015

U4: Jules de Carole Trébor



 Auteur: Carole Trébor
Edition: Syros/Nathan
Nombre de pages: 382
Prix: 16,90 €
Service de presse


Synopsis: 

« Je m'appelle Jules. Ce rendez-vous, j'y vais parce que j'y crois. »
Jules vit reclus dans son appartement du boulevard Saint-Michel, à Paris. Il n'a pas de nouvelles de ses parents, en voyage à Hong Kong lorsque l'épidémie a commencé de se propager. Le spectacle qu'il devine par la fenêtre est effroyable, la rue jonchée de cadavres. Mais il sait qu'il ne pourra pas tenir longtemps en autarcie. Pour affronter l'extérieur, Jules redevient le guerrier impavide qu'il était dans le jeu. Il va alors retrouver son frère aîné, qui se drogue et dont il ne peut rien attendre, puis secourir une petite fille qui a mystérieusement échappé au virus et qu'il décide de prendre sous son aile.
Son seul espoir : le rendez-vous fixé par Warriors of Times.



Mon avis:
 
Un concept original que cette saga écrite à 4 mains, liant 2 maisons d'éditions! Ce qui ajoute à son mystère, c'est qu'on peut lire les tomes dans l'ordre que l'on veut. Je remercie les éditons Nathan pour cet envoi!

J'attendais beaucoup de ce roman, car cette saga était présentée comme LE phénomène littéraire de la rentrée. Au final, j'ai été un peu déçue par ce tome, avant pour l'histoire, qui s'affaisse à plusieurs reprises. Mais ce vide est comblé en partie par les personnages, qui sont, eux, très travaillés, qu'il s'agisse de leur personnalité, leur histoire personnelle, leur destinée... 

Ce roman est un mix de plusieurs romans dystopiques: j'ai retrouvé pas mal d'éléments de "Réseau(x)" de Vincent Villeminot, ainsi que de la bande-dessinée "Seuls", pour les différents groupes de jeunes. On retrouve aussi du "Divergente", "Hunger Games"... Les décombres, la pourriture, le virus, les cadavres, la solitude, le danger...cette ambiance est aujourd'hui très "populaire" parmi les romans et les films!
Certes, cette saga se démarque par son concept original et sa "patte" française, mais qu'elle me fasse autant penser à d'autres romans m'a gênée, et perturbée.

A cela s'ajoute le manque de surprise au fil du roman. 
Pourtant, il commence très fort: l'ambiance est vraiment répugnante, choquante même, de par les descriptions détaillées et les ressentis de Jules: l'angoisse, la peur, la solitude... On entre peu à peu, fasciné, dans cette histoire horrible. Difficile de ne pas être captivé par Jules, les décisions qu'il doit prendre, son courage mêlé à une immense peur. 

Le reste du roman, tout en restant intéressant ( la résistance s'organise, on apprend à connaître d'autres personnages, il y a de la violence, des intrigues...), manque d'action.
 En effet, le récit s’essouffle au moment où les personnages des autres tomes (Koridwen, Stéphane, Yannis) apparaissent. 
Ce moment de "plat", sûrement compliqué à gérer pour les 4 écrivains, car il faut que les évènements soient parfaitement coordonnés, marque un relâchement dans l'histoire (en tout cas en ne lisant qu'un tome), et il se ressent un peu trop durant la lecture.

Je pense qu'il faut lire les 4 tomes pour avoir une vision globale;
 tout du moins,  cet unique tome n'a pas comblé toutes mes attentes. 
Il n'empêche que le pari était risqué pour ces auteurs, et que malgré des petits ralentissements dans le récit, l'intrigue, l'ambiance qu'ils ont créée, la psychologie, l'instinct de survie de leurs personnages, sont vraiment fantastiques.

lundi 5 octobre 2015

In my mailbox Septembre (Services Presses et Anniversaire!)




Ce mois-ci, j'ai reçu beaucoup de romans, que ce soit des prêts, des services de presse, et bien évidemment, mes cadeaux d'anniversaire! Je suis très heureuse d'avoir été autant gâtée! Enfin, il faut dire que ma liste était bien remplie... ^^ 

Les prêts (par des amis!):


La grammaire est une chanson douce d'Erik Orsenna
L'enfant de Schindler de Leon Leyson

Les services de presse:


 Wild Girl d'Audren (Albin Michel Jeunesse)
La fille de la ville de Boris Lanneau (Sarbacane)
Dysfonctionnelle d'Axl Cendres (Sarbacane)

Cadeaux d'anniversaire:





Max de Sarah Cohen-Cali
Le livre de l'intranquilité de Fernando Pessoa
Animale, tome 2: La prophétie de la Reine des Neiges de Victor Dixon
Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs

Dix heures et demie du soir en été de Marguerite Duras
Le plus petit baiser jamais recensé de Mathias Malzieu
La Chambre des officiers de Marc Dugain
L'éternité dans une heure de Daniel Tammet
1,2,3... foulard d'Eric Savoisin


Ce qui fait que 14 nouveaux livres ont rejoint ma pal! :) 
J'ai déjà lu "La fille de la ville", et je suis en train de lire "Dysfonctionnelle". 
En tous cas, j'ai vraiment hâte de pouvoir les lire, car ils ont tous l'air super! *-*

En avez-vous déjà lu parmi ceux-là?


dimanche 4 octobre 2015

Quelqu'un qu'on aime de Séverine Vidal

Il a rejoint le groupe, avec l'envie de demander à Luke: "On a tous laissé quelque chose en partant. Toi, gamin, t'as laissé quoi derrière toi?"... et avec une autre envie, aussi, celle de ne pas savoir. Ne surtout pas savoir et rouler.
p.85

Auteur: Séverine Vidal
Edition: Sarbacane (Exprim')
Nombre de pages: 205
Prix: 15,50 €
ISBN: 978-2-84865-817-9
Service de presse
Synopsis:

"Matt craignait le pire. Il sent sur son cou la main de son grand-père, qui prend la parole :

– Je perds la mémoire. Et ce jeune homme, assis là, il m'emmène en tournée à travers les USA pour réveiller les souvenirs enfouis. C'est pas beau, ça ?

Antonia et Luke hochent la tête ensemble, parce qu'ils sont émus, Matt le voit dans le rétro.

Gary relâche son étreinte et :

– Qui pourrait rêver meilleur petit-fils, hein ?



Matt craignait le pire et ce n'est pas ce qui est arrivé. C'est même tout le contraire."

Mon avis:

Un grand merci aux éditions Sarbacane et à Charlène pour cet envoi!
"Quelqu'un qu'on aime" est un roman que j'ai vraiment apprécié, que ce soit pour la plume de l'auteure, que je connaissais déjà et que j'aime toujours autant, ou bien l'ambiance, les personnages... Bien que ce ne soit tout de même pas un coup de cœur, c'est une très bonne lecture, profonde et mélancolique

Ce road-trip se passe aux États-Unis: Matt emmène son grand-père Gary, atteint de la maladie d’Alzheimer, sur les lieux de la tournée du crooner Pat Boone, qu'il avait suivie en 1958.
Mais suite à un problème à l'aéroport, leur groupe s'agrandit: Antonia (un personnage qui porte mon prénom, incroyable! :D ), une trentenaire, et Luke, un ado en vadrouille. Sans compter l'inattendu bébé de Matt, Amber!
En parcourant les États-Unis, à la recherche des souvenirs enfouis dans la mémoire de Gary, de bonnes en mauvaises surprises, ces inconnus apprennent à se connaître, à vivre ensemble.
A la fin, c'est certain, ils ne seront plus jamais les mêmes. Et surtout, ils sont devenus plus qu'une bande d'amis, une vraie famille! 
Ici, peu importe l'action. Le plus important, ce sont les personnages, toutes générations confondues, qui se retrouvent ensemble, avec leurs doutes, leurs espoirs, leurs rêves.
 Au fil du roman, ils se dévoilent à nous lecteur, aux autres personnages, mais surtout à eux-mêmes. Alors que ce voyage était uniquement destiné à raviver les souvenirs de Gary, il va en créer des centaines d'autres, et bien plus encore. 

Ce roman cache une réelle profondeur. 
Séverine Vidal nous offre une histoire touchante sur la rencontre des générations, sur l'amour, la famille... Sur la vie, tout simplement.


Autre roman de Séverine Vidal:
-La drôle d'évasion

jeudi 1 octobre 2015

Big fan: Radiohead, la fin du monde et moi de Fabrice Colin

Auteur: Fabrice Colin
Edition: Inculte
Année de parution: 2009
Nombre de pages: 218
Prix: 18 €
ISBN: 978-2-916940-24-3


Synopsis:

Quand aura lieu la fin du monde ? La question est sans objet, mon pote : la fin du monde, on la vit en ce moment même.


Mon avis:


Mention spéciale pour ce roman!

 Je le sais, il n'est pas à la portée de tout le monde: je ne peux le conseiller qu'à ceux qui veulent en savoir plus sur Radiohead, et qui, surtout, aiment vraiment ce groupe. 
Car il faut s'accrocher, au moins au début, pour lire ce roman: on comprend difficilement à quoi correspondent ces petits chapitres, alternant biographie du groupe, lettre d'un détenu, et enfance d'un fan de Radiohead. 
Mais si l'on aime cette once de poésie, de mystère, qui se cache entre les pages, si l'on s'accroche suffisamment en y croyant, alors on continue de lire, jusqu'au moment où ce livre se révèle, et où l'on se met à comprendre, à tisser des liens entre les évènements. 

Car ce roman est comme la musique de Radiohead: il ne s'offre pas à nous, il faut le décrypter, apprendre à l'aimer. 

Et à présent, je ne peux qu'aimer indéfiniment ce groupe, dont l'auteur arrive à nous dresser un portrait éclectique, avec un peu d'humour même, tout en étant très descriptif, et un peu brouillon.
Ce roman a réussi à me faire redécouvrir ce groupe, sous une autre forme, en donnant une force incroyablement intime à la voix de Thom Yorke, à la guitare de Jonny Greenwood... 

C'est devenu pour moi un roman incontournable, très important, un véritable Graal de la musique, qui figurera parmi mes coups de cœur, bien qu'il soit si différent des autres
Ce roman est unique!