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mardi 14 juillet 2015

Quatre filles et quatre garçons de Florence Hinckel

"Un silence pas rassurant du tout, qui semblait soumis à de multiples vents capricieux, changeants, soufflant d'un côté puis de l'autre. Tout était très fragile, complexe, joyeux, angoissant." 
p.400

Auteur: Florence Hinckel
Edition: Talents Hauts
Année de parution: 2014
Nombre de pages: 570
ISBN: 978-2-36266-109-9
Service Presse



Résumé:


Il a fallu trouver un ordre de passage. Allongés sur la plage, une de celles du milieu de la corniche, à se dorer au soleil, on a réfléchi. On avait étendu nos serviettes colorées en cercle, nos pieds au centre.

– Faut le jouer à la courte paille ! a lancé Corentin.

Résultat des courses : c'est moi qui ai tiré la plus petite. Voilà pourquoi je commence.

Dans l'ordre, suivront Benoît, Sarah, Dorian, Justine, Mehdi, Clotilde, puis Corentin.

– C'est drôle, quand même, a constaté Sarah, ça fait une fille, un garçon, une fille, un garçon...

Je trouvais que c'était bon signe. Signe que notre projet de journal à huit mains avait reçu la bénédiction du hasard.

Deux heures plus tard, le bus s'est arrêté devant nous. J'ai regardé le gros 15 inscrit sur l'écran lumineux qui surmontait le pare-brise de l'autobus.
Je me suis aperçue que c'était dans cette direction que nous allions tous les huit. Vers nos quinze ans.

Note: le roman existe également en 8 livres séparés, un pour chaque adolescent, et la série porte le nom de "ligne 15".

Mon avis:

Un grand merci à Gabriel Lucas, l'attaché de presse des éditions Talents Hauts, qui m'a envoyé ce roman qui était dans ma wish-list depuis longtemps.

Un groupe de 8 amis a décidé de raconter chacun un mois de leur année de troisième, une manière de garder une trace de leur amitié, avant qu'ils ne partent chacun vers des directions différentes.

Le premier témoignage m'a été difficile à lire, car je ne me sentais pas proche de la narratrice, Joséphine. Sa personnalité, sa façon de s'exprimer, ne me plaisaient pas, ne me paraissaient pas assez naturelles.
Mais ce sentiment n'est pas resté très longtemps: plus le roman avançait, plus les plumes se précisaient: une écriture à vif, quand subsiste uniquement le désir de dire des choses, de faire jaillir des émotions. 
Les personnages devenaient alors plus profonds, moins superficiels, plus prochse de la réalité.  
Malgré mes difficultés au début, cette plume est très belle: elle s'adapte à différents personnages, et fais passer beaucoup d'émotions et de sensations. 


Ces adolescents représentent chacun une partie de ce que l'on peut ressentir et vivre pendant cette période. Lorsqu'on regarde leur groupe dans l'ensemble, on se rend compte qu'ils se complètent grâce à leurs différences, et c'est ce qui fait la force de ce roman. C'est aussi le point commun entre tous les témoignages de ces amis: apprendre à compter les uns sur les autres, ne garder que le meilleur de chacun. En début d'année, leur groupe était un peu décousu, tandis qu'à la fin de l'année, ce qu'ils ont vécu ensemble et à travers leurs écrits les a véritablement soudés.

Du fait que j'ai (presque) le même âge qu'eux, ces 8 personnages étaient très proches de moi. Leurs problèmes, leurs interrogations, ce qu'ils vivent, leurs rêves, c'est exactement ce que je ressens. C'est pourquoi ce roman m'a énormément touché, et qu'il est devenu très important à mes yeux. Il m'a permis de m'identifier à ces 8 ados, de voir à leur manière certaines situations à laquelle je suis confrontée; et j'ai l'étrange impression qu'il m'a ouvert des portes. De lire les récits de ces adolescents m'as permis de réfléchir à certaines thématiques abordées, de me donner l'envie de me surpasser dans certains domaines, de tenter de nouvelles choses...

Ce roman contient une joie de vivre, toujours présente, mais les pages sont tout de même teintées de nostalgie et de tristesse: celle d'aller vers ses 15 ans, vers le lycée, de quitter l'enfance, d'évoluer par ses propres moyens.

Leurs mots ont résonné en moi, cette lecture était très forte, car les nombreux thèmes abordés (anorexie, homosexualité, harcèlement, devenir soi-même, les premiers amours, les problèmes avec les parents, l'indépendance), me concernent et concernent beaucoup d'autres adolescent(e)s!
Ce ressenti dépend de l'âge du lecteur, de sa personnalité, mais même si vous n'avez pas autant de points communs avec les personnages, si vous êtes plus jeunes, ou plus âgés, je suis certaine que ce roman vous rappellera des périodes de votre vie.
 
De plus, on change à chaque chapitre de support: que ce soit dans un carnet, sur un blog, par lettres, sur du papier à musique ou un enregistrement, les moyens de contribuer à ce témoignage sont nombreux, chaque personnage l'adapte à sa personnalité. 
Cette variété de supports rend plus uniques encore ces passages, et cela permet de différencier leurs auteurs.

Les passages que j'ai le plus aimés sont ceux de Mehdi et de Corentin. Ce sont deux garçons dont les histoires m'ont particulièrement touchée; ils sont très sensibles, et cela se ressentait dans leur écriture.

J'espère que ces mots pourront traduire tout ce que j'ai ressenti durant ma lecture. 
Merci beaucoup à l'auteur de m'avoir fait vivre cette expérience, ce moment auprès de ces 8 ados que je quitte à regret. 
Merci aussi à Gabriel Lucas et aux éditions Talents Hauts, sans qui j'aurais mis beaucoup plus de temps à lire ce roman. 

samedi 11 juillet 2015

Roméo et Juliette de Shakespeare

"JULIETTE - Oh, ne jure pas par la lune, l'astre inconstant
Qui varie tout le mois sur son orbite,
J'aurais trop peur
Que ton amour ne soit tout aussi changeant."

Auteur: William Shakespeare
Edition: Magnard
Année de parution: 2012
Nombre de pages: 122 (avec l'étude de l’œuvre: 160)
Prix: 2,95€
ISBN: 978-2-210-76066-0

Synopsis:

"Car jamais aventure ne fut plus douloureuse que celle de Juliette et de son Roméo." C'est par ces mots que Shakespeare conclut la tragique histoire des amants de Vérone devenus, au fil du temps, les figures mythiques de l'amour et de la jeunesse en lutte contre l'absurdité des conflits  familiaux aux rivalités ancestrales.


Mon avis:

J'imagine que tout le monde connaît, du moins dans les grandes lignes, l'histoire de Roméo et Juliette, ces deux amants dont l'amour est interdit par la haine entre leurs deux familles. Ils tombent (très) rapidement amoureux l'un de l'autre, décident de se marier en secret. Mais la famille de Juliette décide de la marier à Pâris. Les deux amants se révoltent contre ce mariage forcé, mais leur brève histoire d'amour s'achève tragiquement sur un malentendu.

Si j'ai tant aimé cette pièce, ce n'est pas tant pour l'histoire, qui peut paraître un peu niaise, mais plutôt pour la beauté des mots: l'écriture de Shakespeare m'a vraiment séduite.  
 Les dialogues, les tirades, sont magnifiques: rythmés, et lyriques. Mais le plus beau reste les échanges entre Roméo et Juliette: passionnés, pressés de dire tout l'amour qu'ils ressentent, pris dans une course contre la montre. Sans oublier le côté poétique, et l'ambiance magique et tragique... Bref, un mélange qui transporte dans une autre époque!

De plus, je n'ai pas eu de problèmes de compréhension de vocabulaire; ma lecture a été fluide, ce qui m'a permis de ne pas être perdue.

Je n'ai pas été perdue non plus parmi les personnages, car bien qu'ils soient nombreux: leur rôles sont clairement définis.
Mon personnage préféré est Mercutio, un ami de Roméo enjoué, et dont le sens de l'humour m'a beaucoup plu. J'avoue que ce n'est pas pour rien que j'ai apprécié Mercutio: j'ai vu l'adaptation cinématographique de Baz Luhrmann, Roméo + Juliette, dans laquelle ce personnage apparaît particulièrement extraverti (cf son costume de bal!). Ses intonations, sa voix, sont théâtrales et un brin hautaines; il demeure pourtant amicale et protecteur envers Roméo. Dans le film, ce personnage correspond à l'ambiance contemporaine, mais lorsqu'on l'imagine dans la pièce de théâtre classique, il est complètement décalé avec le reste... Et j'adore ça!

En revanche, les personnages de Roméo et Juliette ne m'ont pas autant plu. Il leur manquait autre chose que de l'amour: leurs dialogues amoureux sont éclatants, inventifs, mais leurs personnalités semblent creuses. L'auteur n'en montre qu'une seule facette, celui de la dévotion à leur bien-aimé, dévotion qui semble être arrivée trop soudainement pour être réellement totale.

Mais ne retenons que le meilleur! 
L'action, comme les batailles entre les deux clans, la beauté de la langue de Shakespeare...
Une très belle pièce classique et tragique à lire et relire!

jeudi 9 juillet 2015

La fée carabine de Daniel Pennac

"- C'est vrai, oncle Stojil, j'ai vu une fée, elle a transformé un mec en fleur.
- Ça vaut mieux que le contraire, répond Stojil sans quitter l'échiquier des yeux.
- Pourquoi ?
- Parce que le jour où les fées transformeront les fleurs en mecs, les campagnes ne seront plus fréquentables."
Auteur: Daniel Pennac
Edition: Folio
Année de sortie: 1989
Nombre de pages: 309
Prix: /
ISBN:2-07-038131-5

Résumé:
"Si les vieilles dames se mettent à buter les jeunots, si les doyens du troisième âge se shootent comme des collégiens, si les commissaires divisionnaires enseignent le vol à la tire à leurs petits-enfants, et si on prétend que tout ça c'est ma faute, moi, je pose la question : où va-t-on ? " 
Ainsi s'interroge Benjamin Malaussène, bouc émissaire professionnel, payé pour endosser nos erreurs à tous, aîné d'une famille nombreuse,  élevant les innombrables enfants de sa mère, cœur extensible abritant chez lui les vieillards les plus drogués de la capitale, amant fidèle, ami infaillible, maître affectueux d'un chien épileptique, Benjamin Malaussène, l'innocence même (" l'innocence m'aime ") et pourtant... pourtant, le coupable idéal pour tous les flics de la capitale.

Mon avis:
Ce second tome est assez différent du premier, dans la mesure où Benjamin Malaussène n'est pas tout le temps le narrateur. Ce sont des policiers qui détiennent le rôle principal dans la plupart des chapitres, bien que ce soit toujours en lien avec la famille Malaussène.
Cette suite reste, bien évidemment, dans la même ambiance "hallucinante" que le premier: entre Stojilkovicz, qui organise "La Résistance active à l'éternité" en armant des vieilles dames pour qu'elles puissent se défendre en cas de danger; la famille Malaussène qui accueille des papis drogués; le boulot de Benjamin, Bouc Emissaire dans une maison d'édition. 
Bien que tout cela semble n'avoir aucun sens, en réalité, il y a bien un lien entre toutes ces histoires. Comme dans le premier, les pièces du puzzle s'ajoutent petit à petit, et ce n'est que vers la fin que toute l'intrigue s'éclaire.


Dès le début, on retrouve quelques éléments déjà connus: Malaussène, ses frères et sœurs, et sa mère.
Puis les nouveaux personnages, Pastor, Coudrier, Van Thian, les policiers, que l'on suit dans leurs enquêtes, nous deviennent familiers. Je me suis rapidement attachée à eux, car ils ont eux aussi un petit grain de folie, une personnalité spéciale, que Pennac investit de manière à les faire ressortir comme s'ils étaient des personnages principaux. 
J'ai particulièrement aimé la vieille Vietnamienne, un personnage complexe, tant au niveau de son histoire que de sa psychologie, qui m'a beaucoup touchée.

J'ai aussi apprécié qu'il reste du premier tome un fil conducteur, celui des récits racontés aux enfants, le soir: le "flambeau" passe de Benjamin au vieux Risson, un des papis drogués, puis à... Ah non, je ne dirai rien de plus!

Le plaisir de lire est le même que dans le premier tome: de l'humour, encore et encore, des histoires étranges et folles. Tellement d'histoires, d'ailleurs, que l'auteur a vraiment beaucoup de talent pour réussir à les mener aussi bien.
Mais ce tome prend aussi une tonalité plus dramatique, cruelle. Pour ne pas vous spoiler, je ne peux pas en dire plus.


Bref, j'ai trouvé que ce tome est encore plus surprenant, plus complexe et plus profond que le premier.
Tout en restant excellent et léger, il glisse sur la pente du roman noir.

dimanche 5 juillet 2015

Au bonheur des ogres de Daniel Pennac

Les horaires de la vie devraient prévoir un moment, un moment précis de la journée, où l'on pourrait s'apitoyer sur son sort [...]un moment parfaitement libre, une plage déserte où l'on pourrait mesurer l'étendue du désastre. Ces mesures dans l'œil, la journée serait meilleure, l'illusion bannie, le paysage clairement balisé.

Auteur: Daniel Pennac
Edition: Folio
Année de sortie: 1988
Nombre de pages: 287
Prix: /
ISBN:2-07-038059-9


Résumé:

Côté famille, maman s'est tirée une fois de plus en m'abandonnant les mômes, et le Petit s'est mis à rêver d'ogres Noël.
Côté coeur, tante Julia a été séduite par ma nature de bouc (de bouc émissaire).
Côté boulot, la première bombe a explosé au rayon des jouets, cinq minutes après mon passage. La deuxième, quinze jours plus tard, au rayon des pulls, sous mes yeux. Comme j'étais là aussi pour l'explosion de la troisième, ils m'ont tous soupçonné.
Pourquoi moi ?
Je dois avoir un don...
Mon avis:

Ceci est une lecture commune avec Honorine du blog Le Blog-Livre d'Honorine. N'hésitez pas à aller voir son joli blog! Edit: sa chronique ici

J'ai déjà lu le second tome, et je compte bien lire l'intégralité de cette saga, tant l'univers loufoque qu'a crée Daniel Pennac est excellent et me plaît énormément. Ça me change des lectures young adult/jeunesse!
De plus, l'auteur ne m'était pas inconnu, pour avoir lu plus jeune "Cabot-caboche" et "L’œil du loup" , deux romans que j'avais beaucoup aimés. J'étais donc impatiente de le redécouvrir avec "Au bonheur des ogres".

Benjamin Malaussène, le narrateur, a pour métier la fonction de Bouc émissaire dans un grand magasin parisien. Il doit en plus s'occuper de ses frères et sœurs, car leur mère, aux conquêtes multiples et brèvse, n'est pas souvent là.
La magie s'opère dès les premières pages: la plume douce, légère, les descriptions ironiques et oniriques de Pennac, le langage poignant et parfois brutal...
Puis, des bombes éclatent dans le magasin et toujours, Benjamin est présent. 
Les accusations s'accumulent, et ce n'est pas tout ! S'ajoutent en effet  Tante Julia, une rencontre faite au magasin, Stojilkovicz, le gardien de nuit joueur d'échec,  Théo et  sa bande de petits vieux voleurs.

Ce roman regorge d'histoires, d'intrigues qui s'imbriquent les unes dans les autres, simultanément. Cela donne une impression de fourmillement permanent ( ce n'est d'ailleurs pas juste une impression), qui est agréable, car elle est bien maitrisée par l'auteur.
Je ne cache pas que j'ai été souvent un peu perdue; je ne comprenais pas tout, mais tout est expliqué à un moment ou un autre, il ne faut pas paniquer. 
En fait, c'est une autre façon de lire: il faut  apprécier l'ambiance folklorique, apprécier le tout, et ne pas se torturer avec ce qu'on ne comprend pas, sinon on ne peut pas entrer complétement dans l'histoire. 
Surtout une histoire comme celle-ci, pour le moins inhabituelle, où des évènements inimaginables s'enchaînent, où les personnages sont tous un peu frappés... Mais comme cela se marie à la perfection avec la plume de l'auteur, on s'y habitue!
 Les personnages de Thérèse et de Clara, les deux sœurs de Benjamin, m'ont beaucoup plu: la première est la plus étrange de la famille, car elle a des dons de voyance, auxquels Benjamin ne croit pas trop. Clara, elle, est très douce, très poétique, passionnée de photographie; c'est aussi la plus responsable. Deux personnages aux antipodes l'une de l'autre, et qui justement se complètent à merveille.


Un roman à découvrir absolument: entre enquêtes policières, secrets, histoire de famille, de vie, d'amour, vous ne pourrez pas vous ennuyer!
 J'apprécie aussi l'humour de l'auteur, et la construction des personnages....
Bref, ce livre est indispensable, lisez-le!